Luc

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Luc 6

Voici l'homme

1 - 5 Arracher des épis un jour de sabbat 6 - 11 La guérison d’une main paralysée 12 - 16 Les douze disciples choisis 17 - 19 Le Seigneur guérit beaucoup de gens 20 - 23 Bienheureux 24 - 26 Malheur 27 - 30 Aimez vos ennemis 31 - 36 Soyez miséricordieux 37 - 42 Ne jugez pas 43 - 45 Chaque arbre porte son propre fruit 46 - 49 Deux fondations

1 - 5 Arracher des épis un jour de sabbat

1 Or il arriva, au sabbat second-premier, qu’il passait par des [champs de] blés ; et ses disciples arrachaient des épis, puis les mangeaient, les froissant entre leurs mains. 2 Quelques-uns des pharisiens leur dirent : Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? 3 Jésus leur répondit : N’avez-vous pas même lu ce que fit David quand il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; 4 comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de présentation, en mangea et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui, bien qu’il ne soit pas permis d’en manger, sinon aux sacrificateurs seuls ? 5 Puis il leur dit : Le Fils de l’homme est seigneur aussi du sabbat.

Cette histoire et la suivante mettent en lumière l’enseignement du Seigneur sur l’ancien et le nouveau, comme illustré dans la dernière partie du chapitre précédent (Lc 5:36-39). Les deux récits concernent des événements survenant durant le jour du sabbat. Le sabbat est avant tout lié à la loi, à l’ancien. Ici, le Seigneur va montrer comment fonctionne le nouveau.

Le sabbat a été donné par Dieu comme signe de l’alliance. Il n’a jamais voulu que ce jour fasse obstacle à sa grâce. Cela est déjà évident puisque Dieu a donné le sabbat avant même la chute. Il voulait que ce jour soit une bénédiction. Cependant, les pharisiens et les scribes en ont fait un jour devenu un joug. Le Seigneur maintient le sabbat, Il ne l’abolit pas, mais utilise ce jour comme un jour de bénédiction et de grâce, comme il aurait toujours dû l’être selon l’intention de Dieu.

La première histoire se déroule « au sabbat second-premier ». Il s’agit très probablement du premier sabbat après le deuxième jour des pains sans levain. Le sabbat second-premier (cf. Lév 23:9-14) indique que la gerbe des prémices de la moisson a déjà été tournoyée et que les disciples sont donc libres de manger des épis. Il est le premier jour de sabbat après avoir tournoyé la gerbe des prémices devant l’Éternel. Aucun véritable Israélite n’aurait jugé permis de consommer du blé frais avant que l’Éternel n’ait reçu sa part de l’offrande de cette gerbe des prémices.

Ce jour-là, le Seigneur marche avec ses disciples dans les champs de blé, c’est-à-dire au milieu des bénédictions de Dieu, dont les disciples mangent – il n’est pas dit que le Seigneur l’a fait. Que les disciples arrachent et mangent des épis est parfaitement admissible parce que, comme nous l’avons déjà noté, la gerbe des prémices de la moisson avait déjà été tournoyée devant l’Éternel, et parce que la loi l’autorisait (Deu 23:25). Les pharisiens pensent autrement. Ils ont établi leurs propres lois et y ont inclus ce qui est autorisé et surtout ce qui est interdit le jour du sabbat. Ils commentent donc la conduite des disciples.

Le Seigneur prend la défense de ses disciples. Dans sa réponse, il montre deux choses : la position qu’Il occupe et sa personne. Sa position correspond à celle de David fuyant Saül. C’est à cette histoire que le Seigneur fait allusion ici (1Sam 21:1-9). David était le roi oint par Dieu, mais il a été rejeté. Il n’était pas dans l’intention de Dieu que son oint souffre au détriment du respect des règles formelles de la loi. Dieu, qui a donné ces statuts, est au-dessus des instructions qu’Il a instaurées.

Ainsi, tout le système israélite a été déséquilibré par le rejet du roi, le vrai David. Les pharisiens se souciaient de questions secondaires tout en rejetant Christ. Luc souligne la similitude avec l’histoire du roi David. La position du Seigneur est exactement celle de David après son onction et avant qu’il ne monte sur le trône. David était dans une détresse si profonde qu’on lui offrit le pain sacré à manger.

Lorsque le roi oint et ses disciples manquent de l’essentiel, Dieu refuse, pour ainsi dire, d’insister sur le rituel. Comment peut-Il accepter les pains de présentation du peuple comme nourriture pour ses sacrificateurs, alors que son roi, avec ceux qui Le suivent, sont menacés de mort ? C’est dans cette même position que se trouve le grand Fils de David avec ses disciples. Cela ressort clairement de la faim de l’oint et de ses fidèles disciples.

Le Seigneur rappelle cette histoire sous forme de questions. Il pose des questions qui nécessitent leur jugement spirituel d’une situation. En y répondant, soit à haute voix, soit en silence dans leur cœur, ils montrent s’ils vivent avec Dieu ou s’ils ne prennent en compte que les hommes, eux-mêmes.

C’est le Seigneur en personne qui donne la réponse. Dans cette réponse, Il précise qui Il est. Il est le Fils de l’homme à qui toutes choses ont été soumises par Dieu. Il ne revendique pas encore ce droit, mais cela ne signifie pas qu’Il ne l’a pas. En tant que tel, Il est le Seigneur de toutes choses, y compris du sabbat. À cela s’ajoute le fait qu’en tant que l’Éternel Lui-même, c’est-à-dire ce qu’Il est, Il a institué le sabbat. Il est clair qu’Il met ici l’accent sur sa personne. Le sabbat ne peut pas Le limiter dans sa bonté. Au contraire, le sabbat est à sa disposition pour démontrer sa bonté. Nous le voyons dans le récit suivant.

6 - 11 La guérison d’une main paralysée

6 Il arriva encore, un autre sabbat, qu’il entra dans la synagogue, et il enseignait. Or il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. 7 Les scribes et les pharisiens observaient s’il guérirait, le jour du sabbat, pour trouver de quoi l’accuser. 8 Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main paralysée : Lève-toi et tiens-toi debout devant tous. Il se leva et se tint debout. 9 Jésus leur dit : Je vous demande s’il est permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de la [laisser] perdre. 10 Après les avoir tous regardés à la ronde, il dit à [l’homme] : Étends ta main. Il fit ainsi ; et sa main fut rendue [saine] comme l’autre. 11 Mais eux en furent hors d’eux-mêmes, et ils s’entretenaient ensemble de ce qu’ils pourraient faire à Jésus.

Une fois de plus, le sabbat est évoqué. Cette fois, il ne s’agit pas de la position ou de la personne de Christ, mais de son pouvoir. Il a le pouvoir de guérir par la grâce. Il exerce ce pouvoir, que cela plaise ou non à ses adversaires. Il entre dans une synagogue « un autre sabbat » que celui des versets précédents. Là, Il enseigne. Là où Il vient, il n’est pas question de savoir s’Il est autorisé à le faire. Il est là et enseigne. Il y a aussi un homme dont la main droite est paralysée. Cet homme ne peut pas profiter des fruits du pays. Il ne peut pas arracher les épis ni les froisser entre ses mains (verset 1).

Les scribes et les pharisiens sont également présents. Ils voient le Seigneur et l’homme dont la main est paralysée. Ils connaissent la bonté et la puissance du Seigneur et anticipent déjà qu’Il apporte la guérison. C’est ce qu’ils attendent, car ils auront une accusation contre Lui. Ils n’écoutent pas son enseignement, mais ils veulent savoir s’il va effectivement guérir, car dans ce cas, ils auront une prise sur Lui.

Le Seigneur accepte leur défi tacite. Il permet à l’homme de se placer bien en vue de tous. L’homme obéit et se tient debout devant tous. Ce faisant, il prend place à côté du Seigneur et en face des chefs religieux. Il voit aussi que tous les regards sont braqués sur lui. Cela ne l’empêche pas d’attendre tout du Seigneur. Il garde les yeux fixés sur Lui et sur sa bonté.

Avant de guérir l’homme, le Seigneur pose aux chefs religieux une question sur le fait de faire du bien ou du mal le jour du sabbat. Il leur fait remarquer qu’il s’agit de sauver ou de perdre une vie. Il s’agit de la vie d’un homme. Cette vie n’est vraiment une vie que lorsqu’il peut jouir pleinement des bénédictions que Dieu a données dans le pays.

Le Seigneur regarde tous ceux qui L’entourent. Il les regarde dans les yeux, un par un, avec son regard qui voit tout. Il veut les inclure tous dans son acte de grâce et de guérison. Il doit être évident pour chacun que cet acte a une signification pour tous. Chacun doit se demander si son acte est bon ou mauvais. Puis, Il demande à l’homme d’étendre la main. Celui-ci ne se demande pas s’il peut le faire, ni quelle main il doit étendre. Il obéit et sa main devient saine. Ainsi, il devient un fils de la chambre nuptiale et partage la bénédiction et la joie des fils de la chambre nuptiale.

La conscience des chefs religieux est tellement endurcie que la démonstration de la grâce les rend furieux. Cela les amène à délibérer sur la façon d’éliminer Christ.

12 - 16 Les douze disciples choisis

12 Or il arriva, en ces jours-là, qu’il alla sur la montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu. 13 Quand il fit jour, il appela à lui ses disciples. Il en choisit douze, qu’il nomma aussi apôtres : 14 Simon, qu’il nomma aussi Pierre, et André son frère, Jacques et Jean, Philippe et Barthélémy, 15 Matthieu et Thomas, Jacques le [fils] d’Alphée, et Simon appelé Zélote, 16 Jude [frère] de Jacques, et Judas Iscariote, qui aussi devint traître.

Face à la haine croissante des chefs, le Seigneur recherche la solitude pour communier avec son Dieu. Il a également fait cela lorsque tous L’ont cherché pour être guéris (Lc 5:15-16). En toutes circonstances, la prière est le refuge de cet Homme dépendant. Au lieu d’être retenu par la haine des chefs religieux, le Seigneur étend les instruments de la grâce. Il implique d’autres personnes dans cette œuvre, car Il veut atteindre tous les peuples avec l’évangile par leur intermédiaire.

Après une nuit de prière, Il appelle ses disciples auprès de Lui. Aucun des prophètes envoyés par Dieu à son peuple n’a appelé d’autres personnes auprès de lui pour les envoyer ensuite. Il peut le faire en vertu de sa majesté, mais Il le fait en tant qu’Homme dépendant. Il connaît la volonté de son Père. C’est pourquoi Il ne se trompe pas en choisissant Judas Iscariote.

Il s’entoure ici de cœurs fidèles à Dieu, les appelés de sa grâce. Il les nomme « apôtres », ce qui signifie ‘envoyés’. Il va les envoyer. Il le fait quelques chapitres plus loin et aussi après son ascension au ciel. En tant qu’apôtres de l’Agneau, ils poursuivront ce qu’Il a commencé.

Dans chaque liste des douze disciples que nous avons dans les Évangiles, Simon est mentionné en premier. Le Seigneur lui donne le nom de Pierre, ce qui souligne son autorité. Les personnes supérieures aux autres ont le pouvoir de donner ou de changer un nom (Gen 2:19 ; Dan 1:6-7). Le deuxième est son frère André. C’est beau de pouvoir servir le Seigneur avec un frère. Il y a une relation familiale, une relation de foi et une relation de service. Nous voyons aussi ces trois relations avec les deux disciples suivants, les frères Jacques et Jean.

Philippe est mentionné comme le cinquième dans chaque énumération et dirige donc le deuxième groupe de quatre disciples. Ce deuxième groupe est composé des mêmes quatre disciples dans chaque énumération des douze, bien que l’ordre change entre eux. Barthélémy est probablement le même que Nathanaël, qui a été amené au Seigneur par Philippe (Jn 1:45-51 ; 21:2). Par conséquent, il y aura eu un lien étroit entre eux. Matthieu est l’auteur de l’Évangile, aussi connu sous le nom de Lévi, l’ancien publicain. Thomas est aussi appelé Didyme, ce qui signifie jumeau (Jn 21:2). Cela semble indiquer qu’il a un frère jumeau. Nous ne savons rien de son frère ; de Thomas, nous savons qu’il a suivi le Seigneur.

Jacques, fils d’Alphée, est le premier du troisième groupe de quatre disciples. Dans ce groupe se trouve aussi Simon, le Zélote. Les Zélotes étaient les disciples de Judas le Galiléen, qui déclarait qu’il ne fallait payer des impôts qu’à Dieu et non aux Romains. Il est remarquable que le Seigneur fasse de Matthieu, qui percevait des impôts pour les Romains, et de Simon, qui les combattait, ses disciples. Ceux qui sont ennemis par nature deviennent amis dans leur amour pour le Seigneur. Le Seigneur choisit aussi Judas. Au vu de celui-ci, Il aura sûrement parlé à son Père dans la prière. Lorsque Judas est appelé, il n’est pas encore le traître, mais il le deviendra.

17 - 19 Le Seigneur guérit beaucoup de gens

17 Puis, après être descendu avec eux, il s’arrêta dans un endroit plat, avec une grande foule de ses disciples, et une grande multitude du peuple de toute la Judée, de Jérusalem et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon, 18 qui étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs furent guéris ; 19 toute la foule cherchait à le toucher, parce que de la puissance sortait de lui et les guérissait tous.

Le Seigneur descend « avec eux », c’est-à-dire avec les disciples qu’il vient de choisir comme apôtres. Il n’est pas dit qu’ils descendent avec Lui, mais qu’Il descend avec eux. Quelle preuve de grâce ! Le Seigneur est toujours prêt à se joindre à nous, à nous accompagner pour accomplir la tâche qu’Il nous confie. Il se joint à eux parce qu’Il va les envoyer faire ce qu’Il fait : proclamer des paroles de grâce. Ils doivent donc apprendre de Lui quel est le message qu’Il apporte. Ils ne doivent pas se contenter d’assimiler ce message comme une connaissance ; ses paroles doivent avant tout exercer leur effet sur eux. Ses paroles sont des paroles qui transforment des vies.

Il choisit un endroit plat où la grande foule qui L’accompagne peut Le voir et L’entendre. Cette foule vient de Judée et de Jérusalem, où le ministère des apôtres doit commencer après son ascension au ciel (Act 1:8). On trouve aussi des personnes venant de l’extérieur d’Israël, de la région côtière de Tyr et de Sidon. La grâce n’est pas réservée à Israël, mais destinée à tous les peuples, jusqu’aux extrémités de la terre.

La grande multitude est venue « pour l’entendre », ce qui est essentiel. Ses paroles sont une bénédiction à entendre. Leur valeur est grande et la multitude le reconnaît. La grande multitude est aussi venue pour être guérie de ses maladies. Elle ne se préoccupe pas seulement de ses paroles. Le Seigneur est clément et pourvoit à leurs besoins.

Même ceux qui sont tourmentés par des esprits impurs sont guéris. Ils s’étaient exposés à ces esprits impurs et avaient été trompés par ces puissances démoniaques qui manipulaient leurs désirs impurs. Puis ils ont vécu l’expérience de s’être livrés à des esprits tourmentés dont ils n’arrivaient plus à se débarrasser. Le Seigneur est miséricordieux et Il répond à l’appel à Lui pour la délivrance. Il semble que toute la foule soit constituée de malades.

Tous veulent Le toucher pour être guéris. La puissance du Seigneur est visiblement présente et ils veulent en bénéficier. Sans condition, Il guérit tous ceux qui Le touchent. Son pouvoir est récemment mis en évidence pour montrer l’effet curatif de son enseignement aux pharisiens et aux docteurs de la loi rassemblés (Lc 5:17). Il y a maintenant une puissance qui les rend tous sains, et cela en présence de ses disciples qu’Il enverra et qu’Il enseignera à travers les versets suivants avec des paroles saines et salutaires (1Tim 6:3).

20 - 23 Bienheureux

20 Alors lui, levant les yeux vers ses disciples, dit : Bienheureux, vous pauvres, car à vous est le royaume de Dieu ; 21 bienheureux, vous qui maintenant avez faim, car vous serez rassasiés ; bienheureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. 22 Vous êtes bienheureux quand les hommes vous haïront et vous excluront [de leur société], quand ils vous insulteront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l’homme. 23 Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie, car voici, votre récompense est grande dans le ciel ; en effet, leurs pères faisaient de même aux prophètes.

Ces ‘béatitudes’ sont très similaires à celles de Matthieu 5-7. Pourtant, elles concernent probablement une autre occasion et un autre public. Le Seigneur a prononcé des paroles de même contenu à différentes occasions, mais avec des mots adaptés à chacune. Il en est de même pour tous les prédicateurs qui abordent les mêmes sujets à différentes occasions, mais de manière légèrement différente à chaque fois.

Dans ce discours, le Seigneur souligne le caractère que son enseignement formera chez ceux qui l’acceptent. Il s’adresse d’abord à ses disciples, tandis que la foule écoute (Lc 7:1). Il lève les yeux vers ses disciples, c’est-à-dire qu’Il occupe une place inférieure en tant que maître. L’enseignement qu’Il donne est parfaitement mis en pratique en Lui et par Lui. Il ne transmet pas seulement un enseignement, mais un style de vie, un comportement qui révèle qui est Dieu, venu à l’homme en s’humiliant en Christ.

La différence avec le sermon sur la montagne dans l’Évangile selon Matthieu ressort clairement en termes de forme utilisée par le Seigneur. Ici, il s’adresse directement à ses disciples. Il leur parle et dit, en référence au royaume de Dieu, qu’il est « à vous ». Dans l’Évangile selon Matthieu, Il ne s’adresse pas à une classe particulière, mais parle d’une classe particulière, en disant que le royaume des cieux est « à eux » (Mt 5:3).

Dans l’Évangile selon Matthieu, Il parle des caractéristiques de ceux qui sont sujets dans le royaume des cieux, un royaume qui a été retardé par le rejet du roi, mais qui sera établi à son retour. En attendant, le royaume a été établi dans le mystère, comme Il le fait comprendre dans les paraboles de Matthieu 13. Dans le sermon sur la montagne, il présente à ceux qui sont dans ce royaume, pour ainsi dire, la constitution de ce royaume à laquelle ils doivent adhérer. Dans l’Évangile selon Luc, Il indique une caractéristique particulière de ceux qui Lui appartiennent, à savoir leur relation avec Lui. Dans la description qu’Il donne ici de ses disciples, il semble assumer son rejet comme un fait accompli. Ils partagent son rejet.

En ce qui concerne les premiers qu’Il désigne comme bienheureux, la différence avec ce qui est mentionné dans l’Évangile selon Matthieu est évidente. Luc mentionne que le Seigneur s’adresse personnellement et directement à ses disciples : « Bienheureux, vous pauvres. » Matthieu ne le fait pas. Il rapporte de la bouche du Seigneur : « Bienheureux les humbles en esprit », ce qui est général et concerne l’esprit.

Ses disciples sont pauvres à tous égards. Ils n’ont ni grande imagination ni grande richesse. Ils ressemblent à Celui qui a vécu dans la pauvreté pour nous (2Cor 8:9). Ils sont peut-être pauvres aujourd’hui, mais ils recevront bientôt le royaume de Dieu tout entier comme véritable richesse. Cette perspective est la raison pour laquelle le disciple pauvre peut se sentir bienheureux.

Le véritable disciple ressent la faim, mais le Seigneur le déclare « bienheureux » à cet égard. Dans l’Évangile selon Matthieu, Il associe également la « soif de la justice » à la faim. Encore une fois, il s’agit d’une généralité dans l’Évangile selon Luc. Les disciples ont faim de tout ce qui est de Dieu, un fait qu’ils ne constatent pas dans le monde qui les entoure. Le monde n’a pas faim de Dieu, mais l’exclut. Le monde poursuit son propre intérêt au détriment de tout et de tous. Dieu n’est pas du tout pris en compte.

Le disciple a faim du moment où Dieu régnera sur la terre par Christ. Alors il sera satisfait. Tous ses désirs pour ce qui appartient à Dieu seront comblés. Toute la situation sur la terre ne peut pas rendre le disciple bienheureux. Il souffre à cause d’elle ; elle le chagrine. Cependant, cette situation ne durera pas. Lorsque Dieu régnera sur la terre par Christ, il rira.

Étant donné que Dieu ne règne pas actuellement sur la terre par Christ, mais qu’Il a plutôt été rejeté, cela impliquera également les disciples de Christ. Les hommes les haïront, les rejetteront et les insulteront. Leur nom sera traité avec mépris. Et tout cela parce qu’ils appartiennent au Fils de l’homme rejeté. Le Seigneur les appelle bienheureux. C’est un sort heureux de partager l’opprobre qui est sa part.

Ils n’ont pas à s’affliger de ce que les hommes leur feront subir à cause de Lui. Au contraire, ils peuvent s’en réjouir. C’est ce qu’ils ont fait (Act 5:41) et bien d’autres après eux. En raison de ce que les hommes leur font pour Lui, ils deviennent joyeux sur la terre, tandis que la pensée de la récompense céleste peut accroître encore leur joie. Dans la souffrance qui leur est infligée, ils deviennent participants des prophètes qui ont souffert de la part des pères de ces persécuteurs. Les personnes qui persécutent agissent conformément à ce que leurs ancêtres ont déjà fait.

24 - 26 Malheur

24 Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ; 25 malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ; malheur à vous qui riez maintenant, car vous mènerez deuil et vous pleurerez. 26 Malheur [à vous] quand tous les hommes diront du bien de vous, car leurs pères faisaient de même aux faux prophètes.

Ici, le Seigneur parle d’une catégorie d’hommes qui Lui est opposée. Il s’agit d’hommes sur lesquels Il prononce le « malheur ». Dans le sermon sur la montagne, nous n’entendons pas cela. Ce sont les hommes du monde, qui s’adonnent à ses joies et à ses plaisirs. Sur eux, Il prononce le « malheur » comme Il prononce le « bienheureux » sur les autres. La différence réside dans le fait de Le suivre ou non. Bien qu’il s’agisse d’une autre catégorie de personnes, il s’adresse toujours à « vous ». Il veut que cela soit gravé dans le cœur des disciples.

Au verset 24, Il évoque les riches en contraste avec les pauvres. Les pauvres sont pauvres au sens large du terme. De même, les riches sont riches dans un sens large. Il s’agit non seulement des riches matériellement, mais aussi de ceux qui sont riches en capacités spirituelles et qui peuvent ainsi mépriser autrui. Ils n’ont pas besoin de consolation par la suite, car ils vivent déjà avec ce qu’ils considèrent comme la pensée réconfortante d’avoir tout réussi dans la vie, et cela sans Dieu.

Il en est de même pour ceux qui sont rassasiés. Ils possèdent tout ce que leur cœur désire. Ils constatent aussi qu’ils ont été là pour les autres, ce qui leur apporte une satisfaction intérieure. Ils ne sont pas en mesure de résoudre toute la misère du monde, mais ils ont tout de même fait ce qu’ils pouvaient. Cependant, ils ne pensent pas à Dieu. Par conséquent, ils négligent le fait que toute la misère du monde est le résultat du péché de l’homme qui les habite aussi.

Un jour, leur complaisance arrivera à son terme. De même, tous ceux qui considèrent la vie comme une grande fête seront dégrisés. Pensons au carnaval. Les gens y consacrent une année, l’attendent avec impatience et, quand c’est enfin le moment, ils se jettent dans les excès. Pour eux, toute la vie pourrait être une fête. Ils négligent les droits de Dieu sur l’homme. Ils oublient que, par le péché de l’homme, le monde a rejeté le Fils de Dieu.

Ceux qui ne vivent pas en communion avec Christ peuvent rire brièvement, mais seront affligés et pleureront éternellement. Leur seul réconfort réside dans la vie qu’ils mènent sur la terre actuellement. En revanche, les croyants trouveront une consolation éternelle lorsqu’ils seront auprès du Seigneur Jésus (Lc 16:25).

Le Seigneur prévient qu’un véritable disciple n’est pas estimé de tous. Être estimé par tous les hommes est un grand contraste avec ceux dont les noms sont rejetés comme mauvais à cause du Fils de l’homme (verset 22). Si une personne est constamment louée par autrui, c’est quelqu’un qui cherche à plaire à tous et à faire du bien autour de lui, croyant ainsi avoir tout le monde comme ami. Pour lui, il est impossible de pointer du doigt le mal de quelqu’un et encore moins de prêcher le jugement de Dieu sur le péché. De telles personnes ressemblent aux faux prophètes qui proclament ce que le peuple aime entendre (Mic 2:11). Ces prophètes ont du succès auprès des gens, mais pas auprès de Dieu.

27 - 30 Aimez vos ennemis

27 Mais je vous dis, à vous qui écoutez : Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent ; 28 bénissez ceux qui vous maudissent ; priez pour ceux qui vous injurient. 29 À celui qui te frappe sur la joue, présente aussi l’autre ; et celui qui te prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre aussi ta tunique. 30 Donne à tout homme qui te demande et, à celui qui te prend ce qui t’appartient, ne le réclame pas.

Voici les instructions sur la manière dont les disciples peuvent manifester l’esprit de grâce du Seigneur. Il ne les envoie pas encore, mais les prépare. Tout commence par l’amour, le seul sentiment juste dans lequel la grâce peut se manifester. L’amour vient du cœur de Dieu et se révèle en Christ. Dans ces versets, Dieu et Christ sont mis en avant. Ce n’est que lorsqu’il existe un lien intérieur avec le Seigneur Jésus que le disciple peut vivre à la hauteur de ces choses, car alors l’amour de Dieu a été versé dans son cœur (Rom 5:5). L’amour devient le plus visible lorsqu’il s’exprime face aux ennemis. L’amour qui peut s’écouler et embrasser même un ennemi n’est pas humain, mais divin.

Le Seigneur s’adresse à ses disciples en disant : « vous qui écoutez ». Tout commence par l’écoute. L’amour pour le Seigneur se manifeste en L’écoutant. Grâce à l’amour que nous voyons en Lui, nous pouvons faire du bien à ceux qui nous haïssent. Ensuite, le Seigneur évoque différents canaux par lesquels l’amour peut s’écouler, selon la nature de l’inimitié rencontrée. Chaque forme d’inimitié donne lieu à une manifestation particulière de l’amour. Ces choses ne peuvent pas être mises en pratique par ceux qui le désirent, mais ne connaissent pas Celui qui les a parfaitement réalisées et ne font pas de Lui leur vie.

Bénir, c’est souhaiter le bien aux autres. Agir ainsi envers ceux qui nous veulent du mal est une véritable imitation de Christ. Sur la croix, le Seigneur demande à son Père de pardonner ceux qui L’ont crucifié (Lc 23:34). C’est rechercher la bénédiction pour ceux qui nous maudissent. Quand les hommes nous injurient, nous prions pour eux. Le Seigneur ne dit pas que nous devons prier pour nous-mêmes, mais pour eux. Que devons-nous prier pour eux ?

Le disciple qui marche dans l’amour ne cherche pas à se venger lorsqu’il est maltraité, mais il est prêt à en subir davantage. Il n’insiste pas sur ses droits, mais se laisse dépouiller de tout et est prêt à donner encore plus. Il ne s’agit pas d’une gestion téméraire ou irresponsable de nos vies et de nos biens, mais d’une réaction à la haine et à la diffamation causées par notre lien avec le Seigneur Jésus. C’est ainsi qu’Il a réagi à ce qui Lui a été fait.

Un disciple qui marche dans l’amour donne quand et où on le lui demande. Il donne parce que Dieu est un donateur et parce que le Seigneur Jésus s’est donné Lui-même et qu’il a appris à connaître cela pour lui-même. Si quelque chose lui est enlevé, s’il est dépossédé parce qu’il appartient à Christ, il ne s’appuiera pas sur ses droits, même s’il les avait. Ainsi, il est arrivé que des chrétiens soient privés de la possibilité d’étudier ou de créer une entreprise là où d’autres le pouvaient. Christ n’a jamais exercé son droit à la royauté. On le Lui a retiré et Il l’a accepté.

31 - 36 Soyez miséricordieux

31 Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même. 32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. 33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheurs en font autant. 34 Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheurs prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. 35 Mais aimez vos ennemis, et faites du bien, prêtez sans rien espérer en retour ; votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, lui, envers les ingrats et les méchants. 36 Soyez miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux ;

Le disciple cherche à faire du bien aux autres. Il ne pense pas en termes négatifs. Il ne se dit pas : ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je ne le ferai pas aux autres. Il pense en termes positifs : ce que je voudrais que les autres me fassent, je veux le faire aux autres. C’est aussi le cas de Dieu et de Christ. Le Seigneur Jésus a commencé par faire le bien et a ensuite pu compter sur l’homme pour Lui faire du bien.

Le Seigneur met l’accent sur ce qui précède en soulignant qu’il ne s’agit pas du comportement des disciples entre eux. S’il y a de l’amour – et il devrait y en avoir – il n’est pas difficile d’aimer. Cela ne suscite pas de sentiments particuliers de gratitude chez les autres. C’est quelque chose que l’on trouve aussi chez les pécheurs. À cet égard, il ne s’agit pas ici d’éprouver des sentiments d’amour, mais de situations où l’amour se révèle là où l’autre ne s’y attend pas.

De plus, faire le bien ne consiste pas à le faire comme une sorte de rétribution envers ceux qui nous ont fait du bien. Il n’y a alors aucune raison pour que l’autre personne soit reconnaissante. Les gens dans le monde agissent de la même manière. Si nous prêtons de l’argent à quelqu’un qui en a besoin, dans l’espoir d’en tirer un bénéfice ou une contrepartie, quelle qu’elle soit, nous ne prêtons pas par amour, par altruisme. Nous ne valons alors pas mieux que les pécheurs qui ne prêtent que lorsqu’ils sont sûrs de récupérer au moins la somme empruntée.

Il s’agit d’aimer, de faire le bien et de prêter à ses ennemis. Si nous agissons comme le Seigneur l’a voulu et l’a fait Lui-même, nous recevrons une grande récompense. De plus, nous serons alors de véritables fils du Très-Haut. Dieu a donné de l’amour, fait du bien, prêté. En faisant cela, nous Lui ressemblons. « Très-Haut » est le nom glorieux de Dieu dans le royaume de paix, lorsqu’Il a déposé tous les pouvoirs aux pieds du Fils de l’homme. Dieu est déjà le Très-Haut. Son exaltation au-dessus de toutes choses s’exprime de manière particulière par son exaltation au-dessus du mal.

Quel encouragement pour les disciples entourés par le mal et qui pensent parfois être vaincus par lui. Le Très-Haut s’élève au-dessus de lui. Cette exaltation, il manifeste dans sa miséricorde, qui est sa pleine bonté envers les ingrats et les méchants, au lieu de les exterminer. Lorsque nous agissons ainsi, nous sommes de vrais fils qui ressemblent à leur Père. C’est l’adoption au sens où le Seigneur l’entend, une adoption qui fait la joie du Père. Ce comportement s’accompagne même d’une récompense.

Le Seigneur résume ce qui précède en un mot : la miséricorde. Tous les êtres humains ont besoin de miséricorde. Le Père est miséricordieux envers les disciples. Conscients de cette miséricorde, les disciples du Seigneur peuvent aller vers ceux qui les entourent pour mettre en pratique l’enseignement précédent. Les fils ne se sentent pas au-dessus des autres et ne jugent pas. Cette disposition et cette attitude sont présentées dans la section suivante.

37 - 42 Ne jugez pas

37 ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; acquittez, et vous serez acquittés ; 38 donnez, et il vous sera donné : on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée, secouée et débordante ; car de la même mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré en retour. 39 Il leur dit aussi une parabole : Est-ce qu’un aveugle peut guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? 40 Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, mais tout disciple bien formé sera comme son maître. 41 Et pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne t’aperçois-tu pas de la poutre qui est dans ton propre œil ? 42 Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, permets, j’ôterai la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.

Si l’enseignement précédent est pris à cœur, un autre danger apparaît : celui de se sentir meilleur ou supérieur aux autres. Dieu n’a pas agi ainsi dans ce monde. Si le disciple oublie cela, un esprit de critique s’empare de lui et se manifeste en critiquant tout ce qui n’est pas conforme à l’enseignement précédent.

Le Seigneur met en garde ses disciples contre l’esprit d’orgueil qui les pousse à croire qu’ils peuvent et doivent tout juger. Juger, c’est se forger une opinion tranchée sur l’action de quelqu’un, la considérant mauvaise. Condamner, c’est exclure quelqu’un qui, selon le jugement du disciple, n’agit pas correctement. Le disciple doit tenir compte du fait qu’en jugeant et en condamnant, il sera lui-même jugé et condamné.

Le Seigneur le dit sous forme négative : si vous ne le faites pas, cela ne vous arrivera pas non plus. Par conséquent, abandonnons nos propres opinions sur les autres, accordons-leur la liberté et confions-les au Seigneur. Nous vivrons cela comme une véritable libération. Penser devoir constamment tout juger et condamner est un esclavage. Si nous apprenons à lâcher prise, nous vivrons dans la vraie liberté, c’est-à-dire que nous pourrons servir le Seigneur comme Il le souhaite. Au lieu de critiquer les autres, nous devrions leur donner. Si nous agissons ainsi, nous recevrons aussi une rétribution, et d’une manière impressionnante et abondante.

Pour illustrer cela, le Seigneur prend l’exemple du marché. Une personne qui achetait du grain l’achetait dans une mesure. Le marchand y mettait le grain. Il pouvait le faire sans trop serrer, mais il pouvait aussi essayer d’en mettre le maximum en pressant et en secouant le grain. Il pouvait même en ajouter un peu plus pour que la mesure déborde. C’est ainsi que Dieu nous traitera dans l’abondance. Nous recevrons de Dieu au-delà de ce que nous avons réellement mérité. Le principe général est qu’il nous sera fait ce que nous avons fait nous-mêmes. Cela vaut aussi bien pour critiquer que pour donner.

Dans une parabole, le Seigneur Jésus parle de rendre visibles les attributs de Dieu. Nous ne pouvons pas voir Dieu, mais ses fils sont visibles. Il peut s’agir de vrais fils, ceux qui ont été rendus voyants par Christ et qui, par conséquent, connaissent Dieu et peuvent montrer ses attributs. Mais il peut aussi s’agir de ceux qui prétendent être en contact avec Dieu. Ils prétendent Le connaître et se présentent comme des guides pour les autres. Le Seigneur nous parle de notre confession, de ce que nous prétendons être et montrer aux autres. Pensons-nous voir et être capables de guider les autres ? Dans tous les cas, un aveugle ne peut pas guider un aveugle. Un aveugle est une personne qui n’a aucune vision du Christ.

Si nous ne Le voyons pas et ne Lui ressemblons pas, nous ne pourrons jamais montrer le bon chemin à qui que ce soit. Nous périssons alors, avec ceux qui nous suivent. Il peut s’agir de nos enfants, il peut s’agir d’autres chrétiens. Un disciple ne doit pas prétendre être plus que son maître. Un vrai disciple veut ressembler à son maître, tout comme un vrai fils veut ressembler à son père, et pas seulement sur quelques aspects, mais en tout. « Bien formé » est celui qui a été parfaitement enseigné et pleinement formé par l’enseignement du maître et qui, par conséquent, lui ressemble. Il sera comme son maître dans tout ce en quoi il a été formé par ce maître. Christ était et est la perfection, et nous grandissons jusqu’à Lui en toutes choses, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ (Éph 4:13 ; Col 1:28).

Il se peut que notre problème ne soit pas tant notre cécité. Nous voyons, nous connaissons le Seigneur, mais notre problème réside dans le fait de ne pas le voir suffisamment. Nous ne sommes peut-être pas aveugles, mais notre vision est fortement limitée, sans même nous en rendre compte. Nous pensons même voir si clairement que nous distinguons la paille dans l’œil de notre frère. Il est tragique que nous ne réalisions pas que nous avons nous-mêmes une poutre dans le nôtre. Le Seigneur utilise cette exagération pour indiquer à quel point nous pouvons être aveugles à nos propres défauts, alors que d’autres les remarquent clairement. Et nous pensons pouvoir juger avec précision la légère déficience dans la vie de notre frère.

Nous devons apprendre à connaître deux choses : qui est le Seigneur et qui nous sommes nous-mêmes. Celui qui ne voit pas la poutre dans son propre œil n’a pas tourné son regard vers le maître et ne se connaît pas lui-même. Cela va encore plus loin. Il n’y a pas seulement la présence de la poutre dans son œil et la perception de la paille dans l’œil de l’autre. Il y a aussi la prétention d’ôter la paille de l’œil du frère sans avoir la moindre idée de la poutre dans son propre œil.

Les disciples peuvent être totalement aveugles à leurs propres erreurs évidentes, qui irritent fortement leur entourage. Il est vraiment étonnant de constater que ces personnes pointent facilement du doigt un petit défaut chez un autre disciple qui les dérange et proposent en plus de le corriger. Le Seigneur qualifie ces disciples d’hypocrites. Ils devraient d’abord s’examiner eux-mêmes. Ce n’est qu’en se voyant à la lumière de Dieu et en étant jugés qu’ils pourront aider les autres.

43 - 45 Chaque arbre porte son propre fruit

43 Car il n’y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruit, ni d’arbre mauvais qui produise de bon fruit : 44 chaque arbre se connaît à son propre fruit ; car on ne récolte pas des figues sur des épines, on ne cueille pas non plus du raisin sur un buisson. 45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais, produit ce qui est mauvais : car de l’abondance du cœur, la bouche parle.

Agir comme l’homme qui voit la poutre dans l’œil d’un autre est un mauvais fruit. Cet homme n’est pas un bon arbre. Parce qu’il est un mauvais arbre, il ne produit pas de bon fruit. Le jugement de soi des versets précédents s’applique aux arbres. Se juger soi-même permet non seulement de produire de bons fruits, mais surtout de devenir un bon arbre. Un arbre est connu non seulement par son bon ou mauvais fruit, mais aussi par son propre fruit. Chaque arbre produit le fruit qui correspond à sa nature. Le chrétien porte le fruit de la nature de Christ. Il s’agit du cœur et d’une véritable obéissance dans la pratique.

La véritable bonté ne peut être produite que par un bon cœur. Après l’arbre et le fruit, le Seigneur passe au cœur. Si en lui, Christ est chéri comme le bon trésor, ce qui est bon sort de ce cœur. Une telle personne est une bonne personne. À l’inverse, celui qui n’a pas Christ comme bon trésor dans son cœur est une mauvaise personne. Dans son cœur se trouve un mauvais trésor. Il ne pense qu’à lui-même. Ce qui sort de lui est mauvais.

Le trésor qu’une personne possède dans son cœur se révèle à travers ses paroles. Celui qui critique constamment et tient toujours des propos négatifs à l’égard des autres est une mauvaise personne. Le disciple qui a appris du maître cherche à faire du bien aux autres. Cela se manifestera dans sa façon de parler. Il dira de bonnes choses sur le Seigneur Jésus et sur les siens, et voudra être là pour les autres, tout comme le Seigneur Jésus était là pour les autres. Ainsi, les croyants de Rome étaient des hommes dont Paul pouvait dire qu’ils étaient « pleins de bonté » (Rom 15:14), alors qu’il avait dit auparavant que l’homme, par nature, ne fait pas le bien (Rom 3:12).

46 - 49 Deux fondations

46 Pourquoi m’appelez-vous : Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? 47 Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et les met en pratique : 48 il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a creusé et fouillé profondément, puis a posé les fondations sur le roc ; or une inondation étant survenue, le fleuve s’est jeté avec violence contre cette maison et n’a pas pu l’ébranler, parce qu’elle était fondée sur le roc. 49 Mais celui qui a entendu, et n’a pas mis en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondations : le fleuve s’est jeté contre elle avec violence et aussitôt elle est tombée ; et la ruine de cette maison a été grande.

Il s’agit de savoir si nous reconnaissons réellement le Seigneur comme Seigneur. Nous pouvons nous adresser à Lui en disant « Seigneur, Seigneur » et ainsi L’appeler de façon exagérée, mais si nous ne faisons pas ce qu’Il dit, c’est un mensonge. À cet égard, l’important n’est pas ce que nous confessons, mais ce que nous faisons, ce que nous montrons dans notre vie.

Le Seigneur montre à quoi ressemble le véritable disciple qui écoute ses paroles et agit en conséquence. Il illustre cela par un exemple parlant. Le disciple qui entend les paroles du maître le prouve en travaillant dur pour construire une bonne fondation pour sa maison de vie. Une telle personne est profondément consciente des dangers qui menacent sa vie. Pour avoir une fondation fiable pour sa maison de vie, elle creuse et fouille profondément. Elle n’est pas superficielle, mais élimine tout ce qui, dans sa vie, ne lui fournit pas un point d’appui. Elle désire des fondations solides. Seul le rocher y pourvoit. Le rocher est une image de Christ (Mt 16:18 ; 1Cor 10:4). C’est Lui qui est le fondement (1Cor 3:11).

Si un disciple a bâti sa maison sur Lui, des inondations et des torrents d’eau peuvent survenir, mais sa maison ne s’ébranle pas. Elle est bien bâtie parce qu’elle repose sur le roc. Un profond creusement a été fait dans l’âme, ce qui a permis à tous les péchés de remonter à la surface, d’être confessés et jugés à la lumière de Dieu. Celui qui a creusé profondément a appris à dire : « Misérable homme que je suis ! » (Rom 7:24). Puis il arrive au rocher : « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur » (Rom 7:25). Alors, il n’y a plus aucune condamnation pour lui (Rom 8:1). Les paroles de Christ sont le rocher. En tenant compte de ses paroles, nous survivons à toutes les attaques de l’adversaire. Si quelqu’un prouve ainsi sa foi par son obéissance, il ne sera jamais ébranlé ni honteux.

Cependant, il y a des personnes qui écoutent les paroles de Christ mais n’agissent pas en conséquence. Ils ne s’engagent pas à creuser et à fouiller profondément. Ils construisent leur maison « sur la terre », croyant que les choses terrestres constituent une base suffisante pour leur vie. Lorsque les eaux arrivent, il s’avère que ces choses ne sont pas un fondement. Cette maison de vie s’effondre et sa ruine est grande.

Nous pouvons aussi appliquer la ‘maison’ à la maison de la chrétienté (cf. 2Tim 2:20) et à la maison d’Israël (cf. Héb 8:8). Les mots « mais celui qui a entendu, et n’a pas mis en pratique » indiquent exactement ce qui a caractérisé les chrétiens et les Juifs. Quand le Seigneur reviendra dans sa gloire, le coup le plus lourd du jugement ne frappera pas les nations païennes qui n’ont jamais entendu la parole de Dieu, mais les Juifs professants et les nations chrétiennes professantes à qui la parole de Dieu est parvenue en abondance. Ils ont entendu l’évangile, mais n’y ont pas prêté attention.

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© 2023 Licence: CC BY-ND. Texte de la Bible: Traduction révisée. Traduction légèrement moins littérale que la version J.N. Darby, dans la langue française actuelle. Bibles et Publications Chrétiennes, Valence https://editeurbpc.com/bible/traduction-revisee.

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