1 - 4 L’envoi des 70
1 Après cela, le Seigneur en désigna aussi 70 autres, et les envoya deux par deux devant lui dans toute ville et dans tout lieu où il devait lui-même aller. 2 Il leur disait : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers ; suppliez donc le Seigneur de la moisson, afin qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson. 3 Allez ; voici, moi je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. 4 Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales ; et ne saluez personne en chemin.
Bien qu’il soit clair que le Seigneur se rendra à Jérusalem pour y être rejeté et tué, Il poursuit son service. Il y engage même beaucoup plus de collaborateurs que les douze qu’Il a déjà envoyés. Il étend encore le service, augmentant ainsi ses efforts pour atteindre le plus grand nombre de personnes possible avec la grâce de Dieu. Il voit en esprit le résultat de son travail, la grande moisson qui en découle. À mesure que le rejet s’accroît, les efforts pour prêcher l’évangile augmentent également.
Le Seigneur les envoie deux par deux, ce qui donne de la force au témoignage qu’ils rendent. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas y aller seuls, mais ensemble, nous sommes plus forts face à un ennemi puissant et rusé. Il les envoie devant Lui dans tout lieu où Il viendra Lui-même Il leur donne les directions à suivre. Dans tous ces lieux, ils doivent annoncer sa venue et prêcher la repentance. La moisson est abondante, car l’amour, qui n’est pas refroidi par le péché mais plutôt attisé, veille sur le besoin malgré toutes les oppositions extérieures. Malheureusement, peu sont touchés par ce besoin et passent à l’action.
Même si le Seigneur envoie encore 70 autres personnes, ce n’est que peu par rapport à la grande moisson. C’est pourquoi Il invite ceux qu’Il envoie à prier le Seigneur de la moisson, avant de les envoyer, afin d’envoyer davantage d’ouvriers. Ce sont précisément ceux qui sont au service du Seigneur qui sont conscients de l’immense travail à accomplir et de leur incapacité à tout accomplir. Tous les croyants ont une tâche à accomplir dans l’œuvre du Seigneur et ils ne peuvent se passer les uns des autres. C’est aussi ainsi qu’il l’a voulu (1Cor 3:5-8).
Il leur dit également quel genre de personnes ils vont rencontrer. Il ne présente plus son peuple, vers lequel Il les envoie, comme des brebis égarées, mais comme des loups. Ils sont eux-mêmes les agneaux et, à ce titre, une proie des loups. Sortir pour le Seigneur n’est pas une marche victorieuse, mais une entreprise périlleuse qui requiert tout leur dévouement et toute leur attention. Il les envoie comme des agneaux sans défense au milieu de loups cruels et voraces. Il leur interdit à nouveau de prendre la moindre chance de survivre. Il les envoie complètement sans défense, les rendant dépendants de ce qu’Il accomplit dans le cœur des hommes.
Ils doivent être complètement absorbés par leur travail et ne saluer personne en chemin, car le temps presse et le jugement est proche. Ainsi envoyés dans un esprit de grâce, exposés à l’inimitié des hommes, ils peuvent aller en pleine conscience de sa gloire. Ils n’ont pas besoin de plus, car plus ne serait qu’un poids inutile. Le danger est imminent, le devoir urgent.
Ils n’ont pas besoin de préparer leur départ et leur service, mais peuvent compter sur la puissance du nom de Celui qui pourvoira à leurs besoins en Israël. Celui qui les envoie est le roi, même si les hommes Le rejettent. Le temps n’est pas non plus aux salutations élaborées et fastidieuses. Le Seigneur ne veut pas qu’ils soient grincheux et hostiles, mais qu’ils ne perdent pas de temps en cérémonies de salutations inutiles. Les gentillesses sont bonnes pour les circonstances terrestres et le temps présent, mais les serviteurs doivent être conscients de l’éternité, comme le Seigneur en est pleinement conscient.
5 - 12 Reçu ou non reçu
5 Mais, dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ! 6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix reposera sur elle, sinon elle retournera sur vous. 7 Et demeurez dans la même maison, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera ; car l’ouvrier est digne de son salaire. Ne passez pas de maison en maison. 8 Et dans toute ville où vous entrerez et où l’on vous recevra, mangez ce qu’on vous offrira, 9 guérissez les infirmes qui y seront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous. 10 Mais dans toute ville où vous entrerez et où l’on ne vous recevra pas, sortez dans ses rues et dites : 11 La poussière même de votre ville, qui s’est attachée à nos pieds, nous la secouons contre vous ; sachez pourtant ceci : le royaume de Dieu s’est approché. 12 Je vous dis que le sort de Sodome sera plus supportable en ce jour-là que celui de cette ville.
En l’absence de toute disposition pour eux-mêmes, ils dépendront des personnes chez qui ils se rendent. En même temps, cela placera ces personnes devant le choix d’accueillir ou non les messagers du Messie en tant que tels. Si les messagers avaient eu assez d’argent pour louer une chambre d’hôtel, les gens auraient eu beaucoup plus de facilité à rejeter leur message. Ils n’auraient pas à prouver qu’ils sont ouverts à la prédication en accueillant les messagers du Seigneur chez eux.
Le message que le Seigneur leur confie est un message de « paix ». « Paix » est le premier mot qu’ils doivent prononcer en entrant dans une maison. C’est aussi le premier mot que le Seigneur adresse à ses disciples lorsqu’Il apparaît au milieu d’eux après sa résurrection (Lc 24:36). Ils représentent le Prince de paix et poursuivent ce qui contribue à la paix (Rom 14:19 ; Héb 12:14).
La paix dans une maison est une bénédiction. Posséder la paix est le grand désir de toute personne dans le besoin. « Un fils de paix » est celui qui accueille les messagers de la paix dans sa maison. Il reçoit alors non seulement les messagers de la paix, mais aussi la paix elle-même. Cette paix reposera sur lui. Son rayonnement sera la paix et non la guerre, car la paix est dans son cœur. Un fils de paix a la paix pour père. Il a été conçu par la paix et tous ceux qui l’entourent le remarqueront. Son père est Dieu, qui est « le Dieu de paix » (Rom 15:33 ; 16:20).
Si quelqu’un rejette cette paix et chasse les messagers du Seigneur, il ne recevra pas la paix qu’il désire. Il continuera à vivre en ennemi de la paix et se retournera contre les agneaux comme un loup.
S’ils sont dans la maison d’un fils de paix, ils ne doivent pas se compliquer la vie en allant d’une maison à l’autre pour se nourrir, comme s’ils importunaient leurs hôtes. En tant que véritables ouvriers du Seigneur, ils y ont droit en son nom. Ils doivent aussi se garder d’être trop exigeants. Ils peuvent se confier de tout cœur au Messie et accepter ce qui leur est offert. Le Messie reconnaît la dignité de l’ouvrier en affirmant qu’il mérite son salaire. Ceux qui appartiennent au Messie remarqueront sa reconnaissance et reconnaîtront également ses serviteurs.
Ses serviteurs ne doivent pas aller de maison en maison. Cela porterait atteinte à sa gloire, car ils pourraient être accusés de céder à l’égoïsme. Ils donneraient une impression d’agitation, incompatible avec leur message de paix et de repos. Ils doivent toujours être conscients qu’ils représentent un Seigneur qui revendique le service de son peuple. Ils Le représentent et doivent veiller à ne pas donner une mauvaise impression de Lui en donnant l’impression de rechercher leur propre intérêt et non celui de ceux à qui ils ont été envoyés pour annoncer le Messie.
Ils peuvent souligner leur message de paix en guérissant les malades dans la maison où ils sont venus. Avec la guérison, ils doivent aussi prêcher que le royaume de Dieu s’est approché d’eux. Les pas du Seigneur résonnent, pour ainsi dire, derrière eux. Le royaume de Dieu est proche parce qu’Il est proche. En l’accueillant, ils font partie du royaume de Dieu et partagent toutes les bénédictions que ce royaume apporte.
Le Seigneur dit aussi aux 70 qu’il y a des villes où ils ne sont pas les bienvenus, où aucun fils de paix n’ouvre sa maison. Alors, ils doivent sortir, aller dans les rues et témoigner contre cette ville. Ils doivent témoigner avec force qu’ils ne veulent rien avoir à faire avec elle. S’ils ne sont pas autorisés à y manger, ils n’en porteront même pas la poussière sur leurs pieds. En même temps, la ville doit savoir que, malgré leur refus, le royaume de Dieu s’est approché, et cela ne fait qu’aggraver leur refus, car elle rejette ce qui s’est approché si près d’eux.
Le Seigneur attache un jugement sévère au rejet de ses disciples, car celui qui les rejette, rejette celui qui les a envoyés. Rejeter leurs paroles signifie rejeter les siennes. Ils ont témoigné que le royaume de Dieu s’est approché.
Rien de comparable n’a jamais été présenté aux hommes. D’autres, comme les prophètes, en ont témoigné, mais comme ces prophètes eux-mêmes l’ont reconnu, c’était de loin. Maintenant qu’il s’est approché, il est très dangereux de mépriser ceux qui l’annoncent. Cela revient à mépriser le Seigneur Jésus et Dieu Lui-même. À l’inverse, écouter les disciples est la bonne façon d’honorer le Seigneur Jésus.
Un tel témoignage n’a jamais été adressé à Sodome. Bien que cette ville soit pleinement responsable de tous les crimes qu’elle a commis, Sodome est moins responsable que la ville qui rejette les messagers annonçant la venue immédiate du Messie. Cela se reflétera dans la sévérité du jugement avec lequel Dieu frappera à la fois Sodome et la ville qui rejette le Seigneur.
13 - 16 Malheur aux villes galiléennes
13 Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda ! Car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en s’asseyant sous le sac et la cendre ; 14 mais le sort de Tyr et de Sidon, au jugement, sera plus supportable que le vôtre. 15 Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusque dans l’hadès. 16 Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; mais celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.
Le Seigneur prononce « malheur à toi » sur Chorazin et Bethsaïda, car ces villes ont été témoins de tant de sa puissance et ne se sont pourtant pas repenties. Il a prouvé à maintes reprises qu’Il est le Messie, mais elles continuent à refuser de L’accepter. Ce faisant, elles s’enfoncent plus profondément dans leurs péchés que Tyr et Sidon qui, selon le jugement du Seigneur, se seraient depuis longtemps repenties s’Il avait exercé ces pouvoirs là-bas.
On pourrait se demander pourquoi Il ne l’a pas fait, car ces villes se seraient alors repenties. La réponse est que Dieu a un témoignage approprié pour chaque occasion, à chaque époque. Il a présenté à Tyr et Sidon un témoignage qui leur convenait exactement et qu’elles pouvaient comprendre, mais qu’elles ont délibérément rejeté.
Il est important de s’en tenir à la souveraineté de Dieu, qui connaît bien mieux que nous ce qui est en l’homme. Il sait ce qu’Il peut exiger d’une personne, en tenant compte des circonstances dans lesquelles elle se trouve. Selon cette connaissance, Il mesure la responsabilité de l’homme et le met à l’épreuve par le message qu’Il lui adresse. Ce message est exactement ce dont cette personne a besoin.
C’est ainsi qu’Il a toujours agi et c’est pourquoi son jugement est parfaitement juste. Jamais un homme ne pourra L’accuser de ne pas l’avoir traité différemment. Chacun comprendra que Dieu l’a abordé d’une manière parfaitement appropriée, mais qu’il L’a rejeté.
Ainsi, les châtiments les plus rigoureux sont destinés à ceux qui sont les plus favorisés par Lui, ceux qu’Il a rapprochés de Lui, ou à qui Il s’est manifesté en Christ. C’est pourquoi, lors du jugement, le sort des villes païennes sera plus supportable que celui des villes d’Israël. Les villes d’Israël ont été visitées par Dieu Lui-même en Christ et elles ont rejeté Dieu révélé en chair.
Et que pense Capernaüm, la ville où le Seigneur Jésus a vécu pendant un certain temps ? La présence du Fils de Dieu parmi eux signifie-t-elle l’élévation de la ville au ciel ? Cela aurait pu être le cas s’ils l’avaient accepté. Mais le séjour du Fils de Dieu au milieu d’eux n’a aucun effet sur leur cœur et leur conscience. Cela ne fait qu’augmenter leur culpabilité et aggraver leur rejet de Lui. La ville sera abaissée jusque dans l’hadès.
Le Seigneur se rapproche au plus près du message que les 70 apporteront aux villes. C’est donc aussi essentiellement de son message qu’il s’agit. Ils n’apportent pas leurs propres paroles, mais les siennes. Entendre et accepter leurs paroles, c’est donc en réalité entendre et accepter les paroles du Seigneur. En ce qui concerne le rejet des messagers, c’est l’inverse qui se produit. Quiconque agit ainsi rejette Christ et, par conséquent, aussi le Père qui l’a envoyé.
Chaque fois que nous entendons la parole de Dieu, nous devons être conscients que nous n’écoutons pas un être humain, mais Dieu, où le test n’est pas nos sentiments, mais la parole de Dieu. Il ne s’agit pas d’apprécier le messager ou le message, mais plutôt d’être ouvert à ce que Dieu a à dire à travers le messager.
17 - 20 Le retour des 70
17 Les 70 revinrent avec joie en disant : Seigneur, même les démons nous sont assujettis en ton nom. 18 Il leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. 19 Voici, je vous donne l’autorité de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. 20 Toutefois, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux.
Immédiatement après l’envoi des 70, Luc mentionne leur retour. Ils ont accompli leur mission. Enthousiasmés, ils viennent auprès du Seigneur pour Lui dire combien il était merveilleux d’exercer leur pouvoir sur les démons. Ils ne disent pas un mot de leur prédication ni du résultat de celle-ci. Le pouvoir exercé a fait une grande impression sur eux. C’est ce qu’ils ont fait, de toute façon. Après tout, chaque victoire sur Satan en est une.
Le Seigneur tempère leur enthousiasme. Ils n’ont pas besoin de s’extasier autant sur leur pouvoir sur les démons. Ils n’ont pas ce pouvoir d’eux-mêmes. Il leur dit qu’Il a vu Satan tomber du ciel comme un éclair (Apo 12:9). Il est important pour Lui que Satan perde sa place dans le ciel. Il dit qu’Il a déjà vu bien au-delà de ce qu’ils ont fait. Ils sont impressionnés par l’instant présent, alors que Lui a vu l’avenir et la défaite finale de Satan. Toute victoire partielle sur Satan est un avant-goût de ce qui l’attend.
Quant à leur pouvoir, c’est le Seigneur qui le leur a donné. S’ils peuvent résister victorieusement à toute la puissance de l’ennemi, c’est parce qu’Il les protège. Que les esprits leur soient assujettis n’est pas une chose dont il faut faire grand cas.
Ce qui devrait vraiment les réjouir, et nous réjouir, c’est que leurs noms, et les nôtres, sont inscrits dans les cieux. Sur terre, nos noms sont inscrits là où nous vivons. Ici, le Seigneur Jésus dit que nos noms sont inscrits dans les cieux, ce qui signifie que c’est là que se trouve notre demeure. Nous avons une citoyenneté céleste (Php 3:20). Nous pouvons nous en réjouir, plus que d’exercer un pouvoir sur la terre. Nos noms sont retirés des registres terrestres lorsque nous mourons. Ils ne sont jamais effacés du registre céleste. Le ciel est notre demeure éternelle.
Cette joie ne peut être notre part que si nous avons l’assurance de la foi. Si nous doutons de notre salut, cette joie n’existe pas, mais il y a une incertitude angoissante. Ce n’est pas l’œuvre du Saint Esprit, mais celle de l’incrédulité.
21 - 24 Le Seigneur Jésus loue le Père
21 À cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. 22 Toutes choses m’ont été livrées par mon Père ; et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père ; ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils voudra le révéler. 23 Puis se tournant vers les disciples, il leur dit en privé : Bienheureux sont les yeux qui regardent ce que vous regardez ! 24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous regardez, et ils ne l’ont pas vu, et entendre ce que vous entendez, et ils ne l’ont pas entendu.
Lorsque le Seigneur Jésus pense au ciel et à tous ceux dont les noms y sont inscrits, Il se réjouit en esprit. Il voit le résultat complet de son œuvre. D’abord, il a vu et communiqué à ses disciples la fin de toute activité de Satan dans le ciel. Satan sera précipité hors du ciel sur la terre (Apo 12:9) et brisé sous les pieds des croyants (Rom 16:20). Ensuite, Il voit tous les noms de ceux qui peupleront le ciel. Ce sont des choses pour lesquelles Il loue le Père.
Il loue le Père d’avoir révélé ces choses aux petits enfants, à ceux qui n’ont pas de grandes prétentions. Les esprits brillants, les personnes hautement éduquées dans les facultés de théologie qui se vantent de leurs connaissances religieuses, n’ont aucune idée de ces choses. C’est le bon plaisir du Père de procéder ainsi.
Le Seigneur Jésus sait que, malgré le rejet qui est sa part et qui l’attend encore plus profondément, le Père Lui a livré toutes choses. Pour Lui, seule l’appréciation du Père compte, pas celle des hommes. S’ils Le rejettent, c’est pour que le plaisir du Père soit accompli. Nous ne comprenons pas ces choses. Nous ne pouvons pas comprendre que le Fils, en tant qu’Homme sur la terre, accomplisse le plaisir du Père parce que les hommes Le rejettent. Nous n’aurions pas pensé à utiliser le summum du péché de l’homme pour réaliser un plan en sa faveur. Tel est le secret du Fils, un secret connu seulement du Père.
La présence du Fils présente Dieu en grâce auprès de l’homme et révèle sa bonté en l’homme. La présence du Fils révèle également la dépravation et la haine extrêmes envers cette grâce, cette bonté et cet amour révélés en l’homme. La présence du Fils et son rejet par les hommes manifestent merveilleusement le triomphe de la grâce sur le mal.
Le Fils éternel est devenu Homme pour faire la propitiation avec Dieu en tant qu’Homme pour les hommes. Dans son œuvre sur la croix, il a porté devant Dieu toute la corruption et la haine des hommes, et Dieu l’a jugé pour cela. Toute la haine de Dieu pour le péché a été portée sur Lui. Au même moment, le plaisir de Dieu s’est manifesté d’une manière indicible pour nous à l’égard de son Fils qui a accompli cette grande œuvre pour sa glorification. Ce miracle du Fils n’est connu que du Père. Tout ce qu’un croyant doit faire ici, c’est croire et adorer.
Bien que nous ne puissions pas connaître le Fils dans le miracle de son Être, en Lui nous pouvons connaître le Père, car le Fils a révélé le Père. La révélation du Père dans et par le Fils est la joie et la paix de la foi. C’est vrai même pour les petits enfants. Les jeunes enfants, et pas seulement les jeunes ou les pères, connaissent le Père (1Jn 2:13).
Après sa louange au Père, le Seigneur prononce une parole réservée aux disciples. Il la prononce « bienheureux » sur tous ceux qui voient ce qu’ils voient. Qu’eux et d’autres Le voient personnellement, qu’ils puissent percevoir sa présence physique, est un grand privilège. En Lui, Dieu accomplit toutes ses promesses.
Beaucoup de personnes, avant eux, ont désiré ce grand privilège, y compris les prophètes et les rois. Cependant, il ne leur a pas été accordé. Ceux qui voient le Seigneur, en revanche, ont reçu ce grand privilège. Cette grâce extraordinaire est indescriptible. Ils peuvent contempler Dieu manifesté en chair ! Une rencontre plus impressionnante ne pouvait pas avoir lieu. La reine de Sheba a eu le souffle coupé en voyant la gloire de Salomon (1Roi 10:4-5). Et voici, il y a ici plus que Salomon (Lc 11:31) ! Les prophètes ont annoncé sa venue pour accomplir tout ce qu’ils ont prophétisé.
Et il nous est permis de voir bien plus que ceux qui voient et entendent Christ à ce moment-là. Cela est dû au Saint Esprit qui habite en nous et forme l’église en tant que peuple céleste déjà étroitement lié au Seigneur Jésus. Dieu veut déjà introduire les hommes dans l’atmosphère du ciel en les amenant dans une hôtellerie sur la terre où le Saint Esprit est l’hôte. C’est ce que nous voyons dans la parabole suivante, celle du bon Samaritain.
25 - 29 Le Seigneur est mis à l’épreuve
25 Et voici qu’un docteur de la Loi se leva pour le mettre à l’épreuve et lui dit : Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? 26 Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la Loi ? Comment lis-tu ? 27 Il répondit : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée”, et “ton prochain comme toi-même”. 28 Jésus lui dit : Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras. 29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?
Après avoir exposé les glorieuses réalités célestes et éternelles concernant le Père et le Fils, un docteur de la loi se lève et prend la parole. Il sent que le Seigneur Jésus parle de choses qui ne peuvent pas entrer dans le cadre de la loi, et il juge donc qu’elles lui sont contraires. Si le Seigneur Il de Dieu, Il doit respecter la loi. Ainsi, le docteur de la loi Lui tend un piège. Le Saint Esprit note que l’intention du docteur de la loi est de mettre le Seigneur à l’épreuve. La question du docteur de la loi porte sur ce qu’il doit faire pour hériter de la vie éternelle. Pour lui, il se faire indépendamment de la loi. Selon lui, le Seigneur deviendrait invraisemblable dans sa prétention d’être le Christ s’Il montrait une autre voie. Et s’Il ne se référait qu’à la loi, Il ne serait pas le miséricordieux qu’Il prétend être.
Le docteur de la loi ne demande pas ‘Que dois-je faire pour être sauvé ?’, mais soulève par sa question un sujet auquel sa connaissance de la loi lui permet de répondre. Sa question n’est pas vraiment sincère ; pour lui, ce n’est qu’une théorie. Il ne se préoccupe pas réellement du salut de son âme et ne comprend ni sa propre condition ni celle de Dieu.
La loi ne part pas du principe qu’un pécheur est irrémédiablement perdu et ne lui propose pas le salut. Elle ne peut que le tenir responsable, ce qu’il ne peut jamais assumer, car il est pécheur. Le pauvre geôlier désespéré de Philippes a bien demandé comment il pouvait être sauvé (Act 16:30). C’est la question qui convient le mieux à un pécheur.
Dans sa réponse, le Seigneur inverse les rôles. Il pose les questions et le docteur de la loi doit répondre. Il lui demande non seulement ce qui est écrit dans la loi, mais aussi comment il la lit. Le Seigneur pose la bonne question au docteur de la loi, car après tout, il se place sur la base de la loi.
Pour lui, hériter de la vie éternelle était quelque chose que l’on pouvait obtenir par ses propres efforts. Il cherchait son salut dans l’accomplissement de la loi. Le Seigneur, dans sa sagesse, répond au sot selon sa folie (Pro 26:5). Un sot croit pouvoir observer la loi et ainsi hériter de la vie éternelle. Par sa question, le Seigneur veut le convaincre de la futilité de toute tentative d’hériter de la vie éternelle sur cette base.
Le docteur de la loi répond à la question sur ce qui est écrit dans la loi. Sans en être conscient, il répond aussi à la question de la manière dont il la lit. Il sait exactement ce qui est écrit, mais il la lit sans y engager son cœur. C’est ainsi que nous aussi pouvons aborder l’Écriture. Nous savons ce qu’elle dit et connaissons les bonnes réponses aux questions bibliques. Cependant, ce n’est que de la théorie si toute l’Écriture ne gouverne pas notre cœur et notre vie. Le docteur de la loi maîtrise la loi par son esprit, mais la loi ne domine pas son cœur ni sa vie.
Le Seigneur dit au docteur de la loi qu’il a bien répondu. Il juge que sa réponse est correcte. En effet, c’est ce qui est écrit. C’est ainsi qu’Il l’a laissée écrite. Si le docteur de la loi s’y conforme, il vivra, c’est-à-dire qu’il recevra la vie éternelle en héritage.
Le docteur de la loi a répondu à la question du Seigneur, mais il se sent vaincu. Il ne veut pas l’admettre. Il pose immédiatement une autre question qui rejoint sa propre réponse Il demande qui est son prochain. À cette question aussi, il attend une réponse conforme à la loi. Selon lui, il ne peut s’agir que de quelqu’un du peuple de Dieu. Si le Seigneur ne donne pas cette réponse, il ne peut pas être le Christ. L’homme ne réalise pas qu’il défie la sagesse de Dieu et qu’il se tend un piège.
30 - 35 Le bon Samaritain
30 Jésus reprit et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho ; et il tomba aux [mains de] brigands qui, après l’avoir dépouillé et accablé de coups, s’en allèrent, le laissant à demi mort. 31 Or, fortuitement, un sacrificateur descendait par ce chemin-là et, le voyant, passa de l’autre côté. 32 De même aussi un lévite, arrivé en cet endroit, vint et, le voyant, passa de l’autre côté. 33 Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui et, le voyant, fut ému de compassion : 34 il s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre bête, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui. 35 Le lendemain, en s’en allant, il tira deux deniers, les donna à l’hôtelier et dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai.
Le Seigneur répond par une parabole. Il s’agit d’un type de parabole différent de celles de l’Évangile selon Matthieu. Là, il évoque des paraboles concernant le royaume, tandis que Luc relate des paraboles de grâce prononcées par le Seigneur.
Le Seigneur décrit un homme qui descend de Jérusalem à Jéricho. Cela signifie qu’il s’agit d’un homme qui quitte le lieu où Dieu demeure pour aller vers le lieu de la malédiction. Il n’est pas seulement une descente littérale, mais surtout une descente spirituelle. L’homme n’atteint pas Jéricho, car il tombe aux mains de brigands. Ceux-ci ne l’épargnent pas. Ils le dépouillent de tous ses biens, le maltraitent et le laissent à demi mort. Son avenir est sombre ; il est face à la mort.
Puis l’espoir semble apparaître. Un sacrificateur passe, quelqu’un qui connaît Dieu et sait comment Il est. Il est certain que celui-ci l’aidera, lui, son compatriote. Cependant, il n’y a aucune bonté dans le cœur de ce sacrificateur, aucune intention d’amour. Il n’est pas envoyé en voyage par Dieu, mais suit son propre chemin. Il passe par là « fortuitement ». Il pense que c’est une triste coïncidence pour le pauvre homme, mais ce n’est pas son affaire. Voir l’homme dans sa misère n’éveille en lui aucune pitié. Ainsi, le sacrificateur, expression la plus haute de la loi de Dieu, « le voyant, passa de l’autre côté ».
Le sacrificateur ne savait pas qui était son prochain, tout comme le docteur de la loi. L’égoïsme rend aveugle. La loi donne la connaissance du péché, mais n’incite pas à aider les autres dans le besoin. La loi se contente de montrer à l’homme son devoir et le déclare coupable de ne pas l’accomplir. En revanche, la loi n’interdit pas la miséricorde.
Lorsque le sacrificateur a disparu, un lévite passe par là. Selon la loi, lui est le plus proche du sacrificateur en raison de sa position. Il regarde aussi l’homme, mais, comme le sacrificateur, il ne reconnaît pas en lui son prochain.
C’est alors qu’arrive un Samaritain. Même si l’homme n’était pas à demi mort, il ne voudrait pas être aidé par un Samaritain. Mais il n’a même pas la force d’appeler quelqu’un à son secours. Le Samaritain qu’il méprise ne lui demande pas qui est son prochain. L’amour qui habite dans son cœur fait de lui le prochain de l’homme dans le besoin. C’est ce que Dieu a fait en Christ. Alors, toutes les distinctions légales et charnelles disparaissent.
Le Samaritain n’arrive pas ‘fortuitement’. Il va « son chemin », il a un but. En route vers ce but, il arrive à la victime du vol. Il la voit et, au lieu de se détourner, il est « ému de compassion ». Sa compassion le pousse à aller voir l’homme lui-même. Il n’envoie pas quelqu’un d’autre. Il ne dit rien, ne fait aucun reproche à l’homme, mais panse ses blessures après les avoir traitées avec de l’huile et du vin.
Le Samaritain semble préparé à une telle rencontre, car il a avec lui tout ce qu’il faut à cet homme. Il ne l’abandonne pas à son sort, mais l’emmène avec lui. Pour cela, il met à sa disposition sa propre monture. Il met l’homme sur la bête et marche à côté de lui. Il échange sa place avec celle de l’homme. C’est ce que fait le Seigneur Jésus pour nous. Il était riche et Il est devenu pauvre pour nous enrichir, nous qui étions pauvres (2Cor 8:9).
Dans l’huile, le vin et la bête, nous pouvons aussi discerner une signification spirituelle. L’huile est une image du Saint Esprit et le vin une image de la joie. C’est sa propre monture qui nous porte, dans laquelle nous pouvons voir sa justice qui nous permet de vivre pour Dieu.
Ainsi, il l’amène à l’hôtellerie. Le Samaritain doit poursuivre son voyage, mais son souci pour lui ne s’arrête pas là. Il confie ses soins à l’hôtelier à qui il donne deux deniers. Et son inquiétude pour lui persiste. Il promet de revenir pour voir comment va l’homme. S’il s’avère que plus que les deux deniers ont été nécessaires, le Samaritain remboursera également.
C’est là tout le résultat de la grâce. La grâce ne se contente pas de racheter les péchés, mais elle nous conduit aussi à une hôtellerie, un foyer, sous les soins du Saint Esprit, dont nous pouvons voir une image dans l’hôtelier. Dans l’hôtelier, nous pouvons également voir l’image d’un croyant qui prend soin des autres avec le don que le Seigneur lui a accordé à cette fin par le Saint Esprit.
À son retour, le Seigneur récompensera tous ceux qui ont pris soin des autres pour tous leurs efforts.
36 - 37 L’application de la parabole
36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des brigands ? 37 Il dit : C’est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Jésus lui dit : Va, et toi fais de même.
Le Seigneur a présenté une illustration saisissante de l’amour du prochain. Maintenant, le docteur de la loi peut répondre à la question : Qui est mon prochain ? Remarquez comment le Seigneur inverse la question. Le docteur de la loi a demandé : Qui est mon prochain ? Le Seigneur demande : Qui se montre le prochain des autres ? Mon prochain est celui qui vient m’aider dans mon besoin. Le prochain n’est pas seulement celui à qui je dois montrer de l’amour, mais celui qui prend soin de moi. Cela signifie que je me reconnais dans l’homme tombé aux mains des brigands et que je dépends de quelqu’un qui veut être mon prochain. Le Seigneur Jésus est devenu le prochain pour moi.
Dans sa réponse, le docteur de la loi ne mentionne pas le mot ‘Samaritain’. Au lieu de cela, sans s’en rendre compte, il donne cette belle description : « celui qui a usé de miséricorde envers lui ». Puis vient la réponse du Seigneur, qui a dû résonner pour lui comme un coup de tonnerre : « Va, et toi, fais de même. » Le Seigneur lui dit d’agir comme le Samaritain. Il l’envoie faire de même.
Le docteur de la loi reste silencieux. La loi ne peut pas contredire cela. Une telle attitude ne se trouve pas dans la loi. La loi n’en dit rien. Elle ne condamne pas une telle attitude, mais elle ne l’encourage pas non plus. La grâce, par conséquent, dépasse de loin la loi. Le Seigneur Jésus a parfaitement accompli tout ce que prévoit la loi, mais Il a fait infiniment plus que ce qu’elle exige. De même qu’Il est le prochain, cela nous est également demandé.
38 - 42 Marthe et Marie
38 Il arriva, comme ils étaient en chemin, qu’il entra dans un village ; et une femme nommée Marthe le reçut dans sa maison. 39 Elle avait une sœur appelée Marie qui aussi, s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole ; 40 mais Marthe était distraite par beaucoup de service. Elle vint près de Jésus et lui dit : Seigneur, ne te soucies-tu pas que ma sœur m’ait laissée toute seule à servir ? Dis-lui donc de m’aider. 41 Mais Jésus lui répondit : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu te tourmentes de beaucoup de choses ; 42 mais il n’est besoin que d’une seule, et Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée.
Dans la section de Luc 10:38-11:13, le Seigneur présente à ses disciples les grands moyens de bénédiction : la Parole, la prière et l’Esprit Saint. Ces trois moyens constituent l’ensemble de la vie pratique chrétienne, qui implique d’écouter Dieu, d’aller vers Lui en tant que Père et de se confier à la direction et à la puissance de l’Esprit Saint. C’est ce qui marque l’atmosphère de l’hôtellerie dans la parabole précédente et grâce à quoi un peuple céleste se forme sur la terre en respirant l’atmosphère du ciel.
Il convient de noter que Luc parle d’être en « chemin », tout comme le Seigneur l’a dit du Samaritain (verset 33). Le Seigneur Jésus ne voyage pas avec ses disciples fortuitement comme le sacrificateur et le lévite. Son but est Jérusalem. En chemin, il arrive dans un village où une femme, Marthe, Le reçoit avec hospitalité dans sa maison. C’est comme l’hôtellerie de la parabole du bon Samaritain. Il est là, et c’est là qu’Il adresse sa parole à ceux qui s’assoient à ses pieds pour L’écouter.
Marthe a une sœur, Marie. Luc rapporte qu’elle « aussi » était assise aux pieds du Seigneur et écoutait sa parole. Le mot « aussi » est significatif, car il indique qu’elle ne s’est pas contentée de s’asseoir et d’écouter, mais qu’elle a également aidé Marthe à servir.
Marie apprécie les soins que lui prodigue le Samaritain. À trois reprises, nous la trouvons aux pieds du Seigneur. Elle est là pour écouter sa parole. La deuxième fois, c’est lorsqu’elle apporte son chagrin aux pieds du Seigneur parce que son frère est mort (Jn 11:32). La troisième fois, c’est pour oindre ses pieds, expression de l’adoration qu’elle Lui porte en vue de sa mort et de son ensevelissement (Jn 12:3). Elle a appris à Le connaître en L’écoutant alors qu’elle était assise à ses pieds.
Pendant que Marie est assise aux pieds du Seigneur, Marthe est occupée. Ce n’est pas non plus une mince affaire de devoir soudainement s’occuper de treize hommes. Elle est irritée que sa sœur reste assise si tranquillement et la laisse servir seule. Elle reproche aussi au Seigneur de ne pas avoir encouragé Marie à l’aider. Il voit certainement la quantité de travail qu’il y a à faire, n’est-ce pas ?
Il n’y a rien de mal à servir, mais cela doit découler du fait d’être assis aux pieds du Seigneur. Servir le Seigneur a simultanément éloigné Marthe du Seigneur. Il y a tant de choses qui ne sont pas mauvaises en soi, mais qui nous éloignent si facilement de Lui. Il peut s’agir de choses nécessaires, mais aussi de choses intéressantes, de choses qui nous fascinent. Si une œuvre, quel qu’en soit le travail, n’est pas faite par amour pour Lui seul, nous en perdons notre joie et devenons critiques envers les autres. Pour Marie, tout ce qu’elle peut faire pour le Seigneur n’est rien comparé à ce qu’Il a à lui communiquer.
Marthe est tellement absorbée par son travail qu’il n’y a plus de place pour autre chose. Marthe a trop de travail. Le travail en soi n’est pas mauvais, mais cela le devient si cela détourne notre attention du Seigneur. Il faut beaucoup de choses, mais tout ce qui est nécessaire ne réussit que s’il vient d’une seule chose : s’asseoir aux pieds du Seigneur. C’est la seule chose que Marie a choisie. Lorsque nous sommes tourmentés par beaucoup de choses, comme c’est le cas de Marthe, cela signifie que nous perdons de vue la seule chose nécessaire.
Il y a d’autres histoires qui nous montrent l’importance d’« une chose ». Par exemple, David a demandé « une chose » (Psa 27:4), le Seigneur Jésus, en rapport avec sa personne, a demandé « une chose » (Mt 21:24 ; Mc 11:29), l’aveugle, une fois devenu voyant, a su « une chose » (Jn 9:25), le jeune homme riche a manqué « une chose » (Lc 18:22 ; Mc 10:21) et il y avait « une chose » que Paul a faite (Php 3:13).
Un engagement excessif pour le Seigneur a pour conséquence que nous Le perdons de vue et que nous n’avons pas de communion avec Lui dans ce qui Le préoccupe. À cela s’ajoute le fait qu’Il se trouve dans une période de crise. Il est en chemin vers Jérusalem, sa destination finale en ce qui concerne sa marche dans la chair sur la terre. Il est donc important d’écouter sa Parole et de réduire les autres activités au minimum.
Le Seigneur loue Marie d’avoir choisi la bonne part. La bonne part est la bonne ‘portion’ que l’on reçoit aussi lors d’un repas. Par exemple, Joseph a donné à Benjamin la meilleure part de nourriture, cinq fois plus grande que celle reçue par ses frères (Gen 43:34). Marthe a voulu servir au Seigneur une bonne ‘portion’, tandis que Marie a choisi la portion que le Seigneur lui a offerte. Marthe est restée l’hôtesse et le Seigneur l’invité ; pour Marie, c’est le Seigneur qui est l’hôte.
Avec les disciples d’Emmaüs, nous voyons aussi qu’après avoir été accueilli comme invité, le Seigneur prend la place de l’hôte lorsqu’Il rompt le pain (Lc 24:29-30). Il cherche aussi cette place dans notre cœur, et non celle d’invité. Il sait, par sa propre expérience, ce qu’est la bonne part, la bonne portion. C’est la part que le Père Lui donne : faire sa volonté, car c’était sa nourriture (Jn 4:34).