1 - 5 Le recensement
1 Or il arriva, en ces jours-là, que parut un décret de César Auguste, [ordonnant] de recenser toute la terre habitée. 2 (Le recensement lui-même se fit seulement pendant que Quirinius était gouverneur de la Syrie.) 3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. 4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la ville de David qui est appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la lignée de David, 5 pour se faire recenser avec Marie, celle qui lui était fiancée, qui était enceinte.
Après les différentes annonces faites par Dieu par l’intermédiaire d’un ange pour préparer l’envoi de son Fils, cela va arriver : Dieu va envoyer « son propre Fils en ressemblance de chair de péché » (Rom 8:3). Il va introduire son Fils, le Premier-né, dans le monde (Héb 1:6). Pendant ces jours de préparation, Dieu parle non seulement par l’intermédiaire de l’un des anges les plus puissants du ciel, Gabriel, mais agit aussi par l’intermédiaire de l’homme le plus puissant de la terre, « César Auguste ». Gabriel accomplit volontiers ce que Dieu lui a demandé. César Auguste n’a pas la moindre idée que Dieu se sert de lui.
César Auguste ordonne que tout l’empire terrestre sur lequel il règne soit recensé. Il le fait dans le but de percevoir des impôts. Le fait que cet empereur ait le pouvoir d’agir ainsi clarifie la situation en Israël et dans le monde. César Auguste règne sur Israël. Cela montre que la suprématie est entre les mains des nations, comme annoncé par Daniel (Dan 2:37 ; cf. Néh 9:36), et illustre l’absence du trône de Dieu sur la terre.
Cependant, comme déjà mentionné, nous observons de façon impressionnante qui gouverne réellement. Le souverain païen Auguste n’accorde aucune considération à Dieu. Il veut exercer un contrôle sur tout le monde. Il cherche son propre honneur et sa propre richesse, non l’honneur de Dieu. Nous voyons comment Dieu utilise le plan orgueilleux de ce dominateur païen pour accomplir son propre dessein.
Lorsqu’il s’agit des intérêts et de la gloire du Seigneur Jésus, Auguste, avec toute sa puissance et sa gloire impériale, n’est qu’un instrument entre les mains de Dieu pour accomplir ses desseins. Que Dieu ait sa main dans tout cela est démontré par le fait que, pour le moment, le recensement annoncé n’a pas lieu au moment où s’accomplit le conseil de Dieu concernant la naissance de son Fils. Dieu incline les cœurs des rois comme des ruisseaux d’eau, afin qu’ils fassent tout ce qui lui plaît (Pro 21:1). Il est merveilleux de réaliser que Dieu est souverain sur tout et que toutes choses travaillent selon le conseil de sa volonté pour réaliser ses plans glorieux, qui sont pour la bénédiction de son peuple.
Personne ne résiste à l’ordre de César. Tous partent en voyage vers la ville où ils sont nés. Tout le monde doit obéir. Tel est le pouvoir de César, qui siège à la lointaine Rome. Cela dépeint la complète humiliation et l’asservissement du peuple de Dieu. À cause de leurs péchés, ils sont esclaves des païens avec leur corps et leurs biens (Néh 9:36-37).
Vient maintenant la véritable intention de Dieu avec ce recensement ordonné par César. Cette ordonnance s’applique aussi aux habitants de la Judée. C’est pourquoi Joseph part en voyage. Il n’est qu’un serviteur de César et doit faire ce qu’ordonne César. Ce descendant du roi David doit obéir à ce commandement comme n’importe quel autre Israélite. Aucune exception n’est faite pour lui. Pourtant, son obéissance à cette ordonnance accomplit le merveilleux dessein de Dieu. En conséquence, le roi-sauveur naîtra dans la ville où, selon le témoignage de Dieu, cet événement doit avoir lieu.
Luc décrit en détail d’où vient Joseph, où il va et pourquoi. Pour que Joseph se rende là, Dieu met en mouvement toute la terre habitée sous la domination d’un chef païen. Dieu aurait pu simplement dire à Joseph de s’installer à Bethléem pour un temps. Mais les circonstances dans lesquelles les actions de Dieu se déroulent devraient nous émerveiller devant la souveraineté divine, qu’Il utilise pour le bénéfice de son peuple. Il élabore son plan sans que les hommes, et parfois même les siens, ne sachent comment Il procède. Plus tard, les siens voient comment Il a tout dirigé pour leur bien.
Marie aussi doit se rendre à Bethléem. Joseph ne l’a pas encore épousée, mais il est officiellement établi qu’ils appartiennent l’un à l’autre. D’après l’annonce de l’ange, Marie attend un enfant. Elle porte en elle le Seigneur Jésus.
6 - 7 La naissance du Seigneur Jésus
6 Et il arriva, pendant qu’ils étaient là, que les jours où elle devait accoucher furent accomplis : 7 elle mit au monde son fils premier-né, et l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.
Le Seigneur Jésus a vécu dans le ventre de Marie le développement que connaît tout être humain. Ce processus a duré neuf mois. Puis le jour est arrivé où le Sauveur peut naître. La naissance de Christ, sa venue au monde, est un événement d’une importance sans précédent pour la foi. Dieu est devenu Homme et participe ainsi à sa création. Le Créateur visite sa création d’une manière qui ne pouvait être conçue et réalisée que par Dieu. Le Fils de Dieu s’humilie et devient Homme (Php 2:7-8).
Le Seigneur est complètement différent, par exemple, d’un Theudas « qui prétendait être quelqu’un » (Act 5:36). Christ ne prend pas la forme d’un ange et ne visite pas les hommes sous cette forme, comme Il l’a déjà fait à maintes reprises. Il ne vient pas non plus sous la forme d’un homme adulte, comme Adam. Il ne vient pas avec un pouvoir angélique pour destituer les puissants du trône et y prendre la place légitime qui est la sienne. Non, il naît comme un bébé sans défense. Y a-t-il quelque chose de plus faible qu’un nouveau-né ? Ainsi, le Seigneur vient et participe en tant qu’enfant à toutes les faiblesses et à toutes les conditions de la vie humaine.
Et où naît-Il ? Pas dans un palais, mais dans une étable. En raison du recensement, l’hôtellerie ou l’auberge est pleine. Les riches y ont obtenu une place, alors Christ naît dans une étable. Personne ne souhaite faire de la place à Marie, enceinte de plusieurs mois, qui porte en elle le Sauveur. Personne ne se soucie d’elle ni de l’enfant qu’elle porte. Tout parle de pauvreté et d’ignorance. C’est aussi un témoignage qu’il n’y a pas de place dans le monde pour Dieu, ni pour ce qui est de Dieu. Cela fait ressortir encore plus parfaitement l’amour qui Le fait venir sur la terre.
Le mot « hôtellerie » utilisé ici signifie ‘maison d’hôtes’, un simple espace avec de la place au milieu pour le bétail. Ce mot apparaît à nouveau. Le Seigneur Jésus utilise le même terme ‘maison d’hôtes’ lorsqu’Il indique l’endroit où Il veut manger la pâque avec ses disciples. Il l’appelle ‘ma maison d’hôtes’ (Mc 14:14, là traduit par ‘logis’). Il n’y a pas de place dans l’hôtellerie de ce monde pour Lui ni pour les croyants. Mais il y a une hôtellerie où les croyants sont les bienvenus, une chambre haute, où Il invite les siens à être avec Lui. C’est sa propre hôtellerie.
8 - 12 Une bonne nouvelle pour les bergers
8 Dans la même contrée, il y avait des bergers qui demeuraient aux champs et gardaient leur troupeau pendant les veilles de la nuit. 9 Et voici, un ange du Seigneur se trouva avec eux ; la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux, et ils furent saisis d’une grande peur. 10 L’ange leur dit : N’ayez pas peur, car voici, je vous annonce une bonne nouvelle, un grand sujet de joie, qui sera pour tout le peuple : 11 Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci en est pour vous le signe : vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche.
En Matthieu 2, concernant la naissance du Seigneur Jésus, nous rencontrons les grands de ce monde (Hérode) et ceux qui sont importants sur le plan religieux (les scribes). Cependant, ils ignorent totalement le Christ qui vient de naître. Ils en entendent parler par des mages venus de l’Orient, bien au-delà du peuple d’Israël. Luc nous montre que les bergers sont les premiers à entendre la nouvelle de la naissance de Christ.
À l’époque, les bergers n’étaient pas tenus en haute estime. De plus, les veilleurs de nuit étaient souvent des personnes illettrées. C’est précisément à eux qu’un ange apparaît pour leur annoncer l’événement grandiose de la naissance du Christ. Les bergers exercent un métier que le Seigneur Jésus exerce aussi Il est le bon berger. Ils s’occupent du troupeau et veillent sur lui. De même, le Seigneur Jésus veille sur son troupeau, sur son peuple.
Pour la troisième fois dans ces premiers chapitres, un ange apparaît aux hommes avec le message concernant la venue du Seigneur Jésus. Comme Zacharie, les bergers sont effrayés. Les anges font toujours une forte impression. Ce ne sont pas de belles apparitions. Avec Zacharie, il est apparu ; avec Marie, il est entré ; ici, il se tient avec eux. C’est comme si l’ange était soudainement là.
Maintenant, il y a quelque chose de plus Il la gloire du Seigneur Lui-même resplendit autour d’eux. C’est la gloire de Dieu dans la nuée. La gloire de Dieu peut venir aux hommes parce qu’elle est présente dans l’enfant né. C’est pourquoi Jean, l’évangéliste, peut dire du Seigneur Jésus, que lui et les autres disciples ont vu lorsqu’Il était avec eux : « Nous avons contemplé sa gloire » (Jn 1:14). La gloire de Dieu est venue à son peuple. Dans la nuit obscure, la lumière glorieuse de la présence de l’Éternel resplendit. Il apparaît à son peuple dans une grâce glorieuse, et non pour le consumer.
L’ange les rassure. Ils n’ont pas à avoir peur, car il vient avec un message de grande joie. Cette joie n’est pas seulement pour eux, mais pour tout le peuple. Cela a dû être aussi une grande joie pour l’ange de proclamer ce message. La joie est une caractéristique de cet Évangile. Nous en avons entendu parler deux fois au début (Lc 1:14,47) et nous la rencontrerons plus souvent. Luc termine aussi avec elle (Lc 24:52). La venue d’un Dieu qui se présente ainsi aux hommes dans la grâce ne peut que susciter une grande joie. Non pas que tous les hommes y aient part, mais ils peuvent tous y avoir part. L’offre s’adresse à tous, à tout le peuple.
La cause de la joie est que « aujourd’hui », à ce moment, « un sauveur » est né, et non un juge ou un législateur. Il ne s’agit pas d’une annonce générale de la naissance du sauveur, mais l’ange dit que «pour vous » il est né. Ce grand événement leur est personnel. Ils peuvent savoir qu’ils sont les objets de la grâce de Dieu, et tout individu peut le savoir. En ce Sauveur est apparue la grâce de Dieu qui apporte le salut à tous les hommes (Tit 2:11), qu’ils soient jeunes ou vieux, riches ou pauvres, malades ou en bonne santé, forts ou faibles. Pour tous, Il a fait naître le Sauveur.
Ce Sauveur n’est autre que « le Christ », qui signifie ‘l’Oint’, et qui est en même temps « le Seigneur », c’est-à-dire l’Éternel, le Dieu de l’alliance. L’ange mentionne aussi le lieu de sa naissance. Cependant, il ne dit pas Bethléem, mais « la cité de David ». Cela signifie qu’Il est le Fils promis de David, le roi né. Dans tous ces noms mentionnés par l’ange se trouve une plénitude de gloire de Celui qui est né.
L’ange leur donne un signe par lequel ils sauront qu’il dit la vérité. Ceux qui s’attendaient à ce que le Messie soit un puissant héros guerrier, magnifiquement habillé et assis sur un trône, seront couverts de honte. Il reviendra sûrement de cette façon. Ils en seront horrifiés. Pour cela, il a aussi donné un signe. Ce signe est encore à venir, à savoir lorsqu’Il apparaîtra pour la seconde fois, alors en majesté (Mt 24:30). Le signe que l’ange donne ici révèle l’état d’esprit dans lequel il vient maintenant à son peuple et aux hommes en général. Le signe est qu’ils trouveront la personne puissante que l’ange vient de décrire sous la forme d’ un enfant dans les conditions les plus pauvres : emmailloté, couché dans une mangeoire pour les animaux.
13 - 14 Gloire ; paix ; bon plaisir
13 Soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait : 14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes !
Lorsque l’ange parle ainsi de son Créateur, du miracle qu’Il est devenu Homme et des circonstances dans lesquelles cela se produit, une multitude d’anges se joint à lui. Le ciel éclate, pour ainsi dire, car il ne peut rester silencieux devant une si grande gloire. Dieu est manifesté en chair et vu ici par les anges, qui contemplent leur Créateur pour la première fois (1Tim 3:16). Ils y portent un grand intérêt. Ils sont comme les chérubins sur l’arche qui, pour symboliser ce profond intérêt, regardent le propitiatoire (Exo 25:20).
Tous les anges louent Dieu. Ils sont concernés par cet événement dont dépendent le sort de l’univers et l’accomplissement des desseins de Dieu. Il a en effet choisi les choses faibles pour confondre les choses fortes. En envoyant une multitude d’anges à ce petit groupe méprisé de veilleurs de nuit, Dieu montre qu’Il passe outre tous les hauts responsables de Jérusalem.
La venue du Seigneur Jésus manifeste trois choses. Premièrement, elle apporte la gloire à Dieu dans les cieux. L’honneur de Dieu est mis en pleine lumière. Dans la venue du Christ, l’amour, la sagesse et la puissance de Dieu sont révélés. C’est la preuve d’une puissance qui s’élève au-dessus du péché et d’un amour qui se manifeste au milieu du péché. C’est la sagesse de Dieu qui accomplit son dessein éternel. C’est une exaltation du bien sur le mal qui ne peut se trouver qu’en Dieu et qui Le glorifie. Il surmonte le mal, le péché, par le bien, le Seigneur Jésus.
La deuxième conséquence de la présence de Celui qui révèle Dieu sur la terre est qu’Il y aura la paix sur la terre. C’est le but de sa venue, même si, parce qu’Il sera rejeté, il sera aussi une cause de division et de querelle. Ces êtres célestes qui louent Dieu ne se préoccupent pas de ce dernier point. Ils s’intéressent à sa présence et à ses conséquences telles qu’elles seront pleinement réalisées dans le royaume de paix. Celui qui accomplira cela est la personne qui est présente maintenant.
La troisième conséquence de sa présence sur la terre est le bon plaisir, l’affection de Dieu envers les hommes. Le fait que le Seigneur Jésus soit devenu Homme prouve le bon plaisir de Dieu à l’égard des hommes. Ce ne sont pas des anges qu’Il prend, mais la descendance d’Abraham (Héb 2:16). Les hommes sont les objets du grand amour et de la grâce de Dieu. La vie révélée en Christ est la lumière des hommes et pour les hommes (Jn 1:4). Il est merveilleux de voir ces êtres saints louer sans envie l’élévation d’une autre créature à cette place exaltée grâce à la Parole devenue chair. Tout tourne autour de la gloire de Dieu et cela leur suffit.
15 - 20 Les bergers voient l’enfant et témoignent
15 Et il arriva, lorsque les anges les eurent quittés pour aller au ciel, que les bergers dirent entre eux : Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, que le Seigneur nous a fait connaître. 16 Ils partirent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. 17 Quand ils l’eurent vu, ils divulguèrent la parole qui leur avait été dite concernant ce petit enfant. 18 Tous ceux qui l’entendirent s’étonnèrent de ce qui leur était dit par les bergers. 19 Mais Marie retenait toutes ces choses, les méditant dans son cœur. 20 Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit.
Lorsque les anges ont terminé leur tâche, ils retournent au ciel. C’est alors que les bergers se mettent en mouvement. Ils s’exhortent mutuellement à aller à Bethléem. Ils savent que Bethléem est la ville de David. La foi est présente et active chez ces simples Israélites à qui l’ange du Seigneur a été envoyé. Le Seigneur leur a fait connaître ces choses, ce qui les pousse à l’action. Ils veulent aller voir ce qui leur a été annoncé.
Ils réagissent de manière totalement différente des chefs religieux lorsqu’ils apprennent la naissance du roi. Les chefs se mettent au service de l’ennemi, il massacre des bébés de Bethléem (Mt 2:16-18). Les bergers, eux, se rendent pour adorer. Aussi vite qu’ils le peuvent, ils se rendent à Bethléem. Ils y trouvent Marie et Joseph, ainsi que l’enfant couché dans la crèche. Ils ne voient rien de spectaculaire, mais l’enfant qu’ils voient, c’est le salut de Dieu venu aux hommes. Cependant, c’est d’une manière qui ne peut être perçue que par la foi.
Quand ils ont vu l’enfant, ils repartent. Rien n’est dit au sujet de Marie et de Joseph. Tout est centré sur l’enfant. Maintenant qu’ils l’ont vu, ils vont en témoigner. Le témoignage divin qu’ils ont reçu de l’ange, ils l’ont maintenant expérimenté personnellement en Celui qu’ils ont vu. Désormais, ils ne peuvent pas garder pour eux ce qui leur a été révélé et ce qu’ils ont vu eux-mêmes. Ils doivent en parler à d’autres. Le contenu de leur message est « la parole qui leur avait été dite ».
Tous ceux qui écoutent les paroles des bergers sont surpris, mais cela n’incite pas les gens à se rendre aussi à la crèche pour voir l’enfant. Il est trop ordinaire, voire honteux, que le Messie vienne à eux de cette manière.
La foi de Marie chérit tout ce qu’elle vit (cf. verset 51). Elle médite cela dans son cœur. Pour elle, ce ne sont pas des impressions passagères. Il est trop évident que Dieu est à l’œuvre et que la naissance de son enfant est spéciale et aura des conséquences particulières. C’est ce qu’elle fait, et c’est ce que la foi fait.
Les bergers sont impressionnés par ce qu’ils ont vu. Lorsqu’ils retournent auprès de leur troupeau, ils ne font que glorifier et louer Dieu. Ils ont entendu et vu tant de beauté. Tout cela correspondait à ce que l’ange leur avait dit. C’est un merveilleux résultat de la foi en la parole, en ce qui leur a été annoncé. Ils n’y donnent pas leur propre sens, mais l’acceptent tel qu’il a été dit. C’est la source de la glorification de Dieu et de sa louange. Il en sera de même pour nous si nous acceptons avec foi ce que nous lisons dans la parole de Dieu. Nous ne pouvons alors que Le louer pour ce qu’Il nous a montré dans sa Parole.
21 La circoncision du Seigneur Jésus
21 Quand furent accomplis les huit jours pour le circoncire, il fut appelé du nom de Jésus, celui dont il avait été appelé par l’ange avant d’être conçu dans le ventre.
Le Seigneur Jésus est un Homme d’Israël, un Juif. Par conséquent, les lois s’appliquent à Lui. Celui qui est né d’une femme est né sous la loi (Gal 4:4). Il se soumet à des lois données par Lui-même données. Cela inclut sa circoncision (Lc 1:59 ; Gen 17:12 ; Lév 12:3). Parce qu’Il est circoncis, Il est obligé d’observer toute la loi (Gal 5:3). C’est ce qu’Il a fait. Lors de sa circoncision, Il reçoit aussi le nom de « Jésus », qui signifie ‘l’Éternel est salut’. C’est ainsi que l’ange l’a annoncé et c’est ainsi que cela s’est passé.
Sa circoncision a une signification bien plus riche que le simple fait de montrer sa soumission à la loi. Elle a aussi une signification spirituelle. Elle anticipe ce qui Lui arrivera sur la croix de Golgotha et ce qui s’est réellement passé. La circoncision sur la croix fait référence à la mort sous le jugement de Dieu (Col 2:11), par lequel Il a vraiment opéré le salut. Par conséquent, il peut y avoir un nouveau commencement pour toute personne qui accepte, dans la foi, que Christ a porté le jugement de Dieu pour ses péchés.
Le huitième jour évoque ce nouveau commencement. Il évoque la nouvelle création de tous ceux qui participent à la circoncision du Christ. Sa circoncision au sens spirituel – sa mort à la croix sous le jugement de Dieu – est le fondement pour qu’il y ait plusieurs personnes de bon plaisir. Dieu veut des fils du bon plaisir.
22 - 24 Le Seigneur Jésus mis à part pour le Seigneur
22 Puis, quand les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, furent accomplis, ils l’amenèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur 23 (selon ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera mis à part pour le Seigneur), 24 et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.
Après la circoncision, les jours de purification ont lieu. Lorsque Joseph et Marie se sont soumis au rituel de purification (Lév 12:1-6), ils l’emmènent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, c’est-à-dire à l’Éternel, dans le temple. L’Évangile selon Luc est l’Évangile du temple. Il commence par une scène dans le temple et il termine son Évangile sur cette même note.
Le Seigneur Jésus est le Fils premier-né de Marie. Par conséquent, tout doit être fait avec Lui conformément à ce qui est écrit en Exode 13 (Exo 13:2,12,15). Il n’est pas seulement le Fils premier-né de Marie, mais aussi, de manière absolue, le Premier-né de tous les êtres humains et de toute la création (Col 1:15 ; Héb 1:6), ce qui signifie qu’Il est le Premier. Du fait de sa circoncision sur la croix, Il est aussi le Premier-né d’entre les morts (Col 1:18) et donc le Premier-né parmi beaucoup de frères (Rom 8:29).
Cela a dû être une grande joie pour Dieu lorsque Marie Lui a présenté son Fils. Dieu voyait déjà tout cela en lui. Dieu a vu que son Fils amènerait de nombreux fils à la gloire (Héb 2:10). L’Évangile selon Luc est l’Évangile de l’adoption, des fils du bon plaisir.
La sanctification implique aussi des sacrifices. C’est ce que font Joseph et Marie. Le sacrifice qu’ils apportent montre les circonstances de pauvreté dans lesquelles Christ est né (Lév 12:8). Ses parents apportent le sacrifice des pauvres. En même temps, ces sacrifices font place au véritable sacrifice qu’accomplira le Seigneur Jésus. Son sacrifice est le fondement sur lequel l’adoration peut avoir lieu. Nous sommes dans le temple, lieu d’adoration. L’adoration ne peut avoir lieu que sur la base du sacrifice de Christ et ne peut être faite que par ceux qui, en tant que fils du bon plaisir de Dieu, sont connectés au Fils même du bon plaisir de Dieu.
25 - 28 Siméon prend l’enfant dans ses bras
25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon ; cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. 26 Il avait été averti divinement, par l’Esprit Saint, qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Et il vint au temple, conduit par l’Esprit ; au moment où les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l’usage de la Loi, 28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :
Après avoir accompli pour le Seigneur Jésus ce qui devait être fait selon la loi, les mots « et voici » attirent notre attention sur un homme à Jérusalem. C’est l’un des nombreux hommes de la ville, mais il est un homme avec des caractéristiques particulières. Son nom est « Siméon », qui signifie ‘qui écoute favorablement’. Il a appris à écouter la voix de Dieu, ce qui se reflète dans sa vie. Il est « juste » envers les autres et « pieux », il craint Dieu. Il vit pour l’honneur de Dieu. Par conséquent, il éprouve de l’amour pour le peuple de Dieu, qui se trouve dans une situation misérable. C’est aussi un homme qui nourrit des attentes pour l’avenir. Il attend avec impatience « la consolation d’Israël », dont il sait qu’elle viendra grâce aux Écritures. C’est avec une telle personne que le Saint Esprit aime se lier.
En Siméon, nous voyons le reste craignant Dieu reconnaître le Seigneur Jésus comme Celui qui vient, selon ce que l’Esprit opère en eux. Le reste comprend ceux qui sont conscients de la misère et du déclin d’Israël, mais qui, en même temps, attendent le Dieu d’Israël avec confiance en sa fidélité inaltérable pour la consolation de son peuple. Ils s’écrient constamment : « Jusqu’à quand ? » (Psa 6:4 ; 13:2 ; 35:17 ; 79:5 ; 89:47 ; 90:13 ; 94:3).
On observe encore davantage chez Siméon. Nous voyons en lui l’Esprit d’adoption. Celui qui possède l’Esprit d’adoption et qui est guidé par Lui est celui avec lequel Dieu peut être en communion et partager ses pensées. Dieu peut faire comprendre ses pensées à Siméon. Siméon attend la consolation d’Israël, et le premier à être consolé, c’est lui-même. Il croit en toutes les promesses de Dieu concernant la consolation d’Israël. Il croit aussi en la promesse de Dieu qui lui est personnellement destinée. Cela a dû être un grand encouragement pour lui d’apprendre qu’il verrait de ses propres yeux le Christ du Seigneur, l’Éternel.
Siméon entre dans le temple, non par l’intermédiaire d’une étoile, d’un songe ou d’un ange, mais par l’Esprit Saint qui est sur lui. Il est conduit par « l’Esprit d’adoption » (Rom 8:15). Un homme comme Siméon, ainsi guidé par l’Esprit, entre dans le temple au bon moment. Il pénètre dans le temple et voit Joseph et Marie, accompagnant l’enfant Jésus.
Il n’a pas besoin de se demander si l’enfant que ce couple porte est le Christ du Seigneur. L’Esprit le lui révèle. Les bergers ont vu l’ange et se sont prosternés devant l’enfant. Les mages ont vu l’étoile et se sont prosternés devant l’Enfant. Siméon prend l’enfant dans ses bras. Il Le reçoit dans ses bras et L’accueille dans son cœur. Dans ses bras se trouvent le salut du monde et la paix pour la terre. En réalité, celui qui accueille l’enfant dans son cœur possède déjà le salut et la paix dans son cœur, même s’il n’y a pas encore de paix sur la terre. Lorsque tu as ainsi Christ dans les bras, tu ne peux que louer Dieu.
29 - 32 Le cantique de Siméon
29 Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix, selon ta parole ; 30 car mes yeux ont vu ton salut, 31 que tu as préparé devant tous les peuples : 32 lumière pour la révélation des nations, et gloire de ton peuple Israël.
Lorsque Siméon tient l’enfant dans ses bras, il loue son Seigneur, son maître, dont il est l’esclave. Le Seigneur a accompli la parole qu’Il lui avait donnée. Il peut maintenant aller en paix. La loi de Moïse n’a jamais permis à un homme pécheur de partir en paix. Siméon, cependant, peut partir en paix grâce à ce que son maître a dit. Ce n’est pas de l’imagination, mais une foi sobre. C’est « selon ta parole ». Il ne s’agit pas d’un simple désir passionné ou d’un espoir optimiste, mais d’une certitude absolue. Il n’y a rien de plus certain que les témoignages de Dieu et de sa Parole. Maintenant, il a vu de ses propres yeux l’accomplissement de ce que Dieu lui avait dit. En effet, Siméon avait reçu de Dieu l’assurance qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. C’est à lui que cela avait été promis, et maintenant il le voit !
La paix dans laquelle il peut partir selon la parole du Seigneur n’est pas une affaire qui ne concerne que lui. Le salut, fondement de la paix, est aussi pour d’autres personnes qui ne verront pas l’enfant, mais qui croiront en Lui. En effet, Paul écrit : « La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tit 2:11). Nous n’avons jamais entendu parler de ce salut comme une chose qui concerne tous les peuples et pas seulement Israël dans un cantique précédent. C’est pourquoi Siméon va plus loin que les autres.
Il évoque comment les nations vivaient dans les ténèbres à l’époque où Dieu reconnaissait Israël comme son peuple. Pour les nations, c’étaient « les temps de l’ignorance » (Act 17:30). À cette époque, Dieu ne punissait pas leurs péchés et les laissait marcher dans leurs propres voies (Act 14:16) sans intervenir. Mais, dit l’apôtre, Dieu « ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act 17:30). L’excuse de l’ignorance ne s’applique plus. La lumière resplendit, la vraie lumière. Christ est cette lumière et Il est une lumière pour la révélation des nations. C’est maintenant le temps de l’aveuglement pour Israël, tandis que les nations, longtemps restées dans les ténèbres, reçoivent cette révélation. Elles sortent de leur position humiliante.
De plus, lorsque Dieu achèvera son œuvre parmi les nations, cela deviendra vrai : « Et gloire de ton peuple Israël. » L’important verset 32 nous montre quelle sera la conséquence si Israël rejette le Messie. Il révèle également ce qui se produira à l’avenir avant qu’ils n’atteignent le lieu que Dieu a prévu pour eux. Ce n’est pas l’ordre observé chez les prophètes, où le Seigneur est perçu comme la gloire d’Israël qui bénit aussi les nations, mais où ces dernières sont subordonnées au peuple élu. Dans ce verset 32, l’ordre est inversé et très significatif : Une « lumière pour la révélation des nations, et gloire de ton peuple Israël ».
Luc parle de la dispensation actuelle. L’état des choses annoncé par les prophètes suit cette période extraordinaire – c’est-à-dire le temps dans lequel nous vivons – au cours de laquelle les nations sont révélées. Il élèvera alors Israël à la plus haute gloire terrestre, au-dessus de toutes les autres nations. Ainsi, la sagesse de Dieu garantit que sa bonté s’étendra toujours aux nations et qu’Il accomplira également ses promesses anciennes et spéciales envers Israël. Au cours de la dispensation actuelle, ces deux choses sont nécessairement distinctes.
33 - 35 Une épée transpercera l’âme de Marie
33 Et son père et sa mère s’étonnaient de ce qui était dit de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et pour un signe que l’on contredira 35 (une épée transpercera même ta propre âme), en sorte que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées.
Joseph et Marie sont appelés « son père et sa mère ». Ils Lui sont confiés comme parents. Pour eux, Il est un bébé particulier qui a une mission spéciale à accomplir. Ils ne parviennent pas à comprendre à quel point Il est exceptionnel ni en quoi consiste sa mission. Ils écoutent avec étonnement ce que Siméon, guidé par l’Esprit de Dieu, dit de Lui.
Nous lisons ensuite que Siméon « les » bénit, c’est-à-dire Joseph et Marie, et non l’enfant. Il adresse ensuite un autre message à Marie. Son Fils deviendra la grande pierre d’achoppement pour tous en Israël (Ésa 8:14). Beaucoup tomberont à cause de Lui, mais il aussi se relèveront après être tombés. Cette dernière situation se produira dans le futur avec un reste (Rom 11:11-15).
Dans les versets 31-32, nous avons entendu la déclaration de l’accomplissement certain des desseins de Dieu dans le Messie. Nous y percevons la joie du cœur même de Dieu. Les versets 34-35 décrivent l’effet de la présentation de Jésus comme le Messie à Israël sur la terre. Dieu met le cœur de l’homme à l’épreuve. Ainsi, Il sera un signe que l’on contredira.
Nous constatons à trois reprises que le Seigneur Jésus est un signe, chaque fois dans un contexte différent, mais toujours lié à un événement d’une grande importance. Le premier signe est lié à sa venue dans l’humiliation, le signe de l’enfant dans la crèche (verset 12). Le deuxième signe est lié à son rejet, à sa mort et à sa résurrection (Lc 2:34-35 ; 11:29-30). Le troisième signe est lié à son apparition en gloire (Mt 24:30).
Concernant le deuxième signe, celui qui sera contredit, une épée transpercera l’âme de Marie. Lorsqu’elle verra comment son enfant est rejeté et comment les liens naturels du Messie avec le peuple sont rompus et ignorés, cela provoquera un grand chagrin dans son âme. Il sera rejeté et tué parce qu’Il révélera les pensées de nombreux cœurs, car Il est lumière. Il apparaîtra alors clairement que les hommes détestent la lumière et préfèrent les ténèbres. En Lui, les desseins de Dieu et le cœur de l’homme sont révélés.
36 - 38 Anne, une prophétesse
36 Il y avait aussi Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Très âgée – après avoir vécu avec son mari sept ans depuis sa virginité, 37 veuve parvenue à l’âge de 84 ans –, elle ne quittait pas le temple, servant [Dieu] en jeûnes et en prières, nuit et jour. 38 Arrivée elle aussi à ce moment-là, elle louait le Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance.
Après l’homme particulier qu’est Siméon, Luc nous présente une femme tout aussi remarquable. Elle mérite également une attention particulière en lien avec la naissance du Sauveur. Elle est « une prophétesse », c’est-à-dire quelqu’un qui comprend les pensées de Dieu et sait les appliquer au cœur et à la conscience. Elle possède l’esprit de prophétie, et c’est Christ (Apo 19:10). Sa vie était et demeure centrée sur Christ.
Les noms mentionnés ont tous de belles significations. Son propre nom, « Anne », signifie ‘grâce’. Elle est fille de « Phanuel », qui signifie ‘face de Dieu’, et elle vient de la tribu d’« Aser », qui signifie ‘heureux’. Le fait qu’elle soit d’Aser indique qu’elle n’appartient ni à la tribu de Juda ni à celle de Benjamin, qui sont revenues au pays après l’exil à Babylone, mais qu’elle appartient aux dix tribus toujours dispersées. Elle représente la grâce de Dieu qui s’étend à tout le peuple, aux douze tribus.
Elle n’a été mariée que sept ans, puis est devenue veuve et l’est toujours restée. [Luc porte une attention particulière aux veuves. Il mentionne cinq veuves dans son Évangile (Lc 2:36 ; 4:26 ; 7:12 ; 18:3 ; 21:2)]. Elle a vieilli, mais son esprit demeure. Ressentant profondément la misère d’Israël, elle crie « nuit et jour » vers le trône de Dieu avec un cœur de veuve pour un peuple dont Dieu n’est plus l’époux. Comme elle, le peuple est véritablement veuf, le ne s’en rend pas compte et ne veut pas le reconnaître. Il pense pouvoir revendiquer Dieu pour Lui-même (cf. Apo 18:7).
Toute l’existence d’Anne est centrée sur Dieu pour le bien de son peuple. À cette fin, elle jeûne et prie sans cesse. Tout comme Siméon se trouve dans le temple au bon moment, Anne aussi s’y rend au bon moment. Elle n’a pas besoin d’être informée de l’enfant que Siméon tient dans ses bras. Par l’Esprit de Dieu, elle comprend qu’elle voit Christ.
C’est là que ceux qui craignent Dieu se rencontrent et se parlent (Mal 3:16). Ceux qui appartiennent au reste se connaissent mutuellement. Anne leur parle. Elle annonce que le Seigneur a visité son temple. Ils attendaient tous le salut à Jérusalem. Maintenant, le Rédempteur est là, inconnu du peuple, mais cause de grande joie pour le pauvre reste fidèle. Quelle réponse à leur foi !
39 - 40 Retour à Nazareth
39 Lorsqu’ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth leur ville. 40 L’enfant grandissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui.
Après cette présentation spéciale du Seigneur Jésus à l’Éternel, Joseph et Marie retournent avec l’enfant à Nazareth, une ville méprisée située dans le nord sombre d’Israël. C’est là qu’Il grandit. C’est de ce lieu, au nom peu valorisé, qu’Il se nomme lorsqu’Il est en gloire et qu’Il fait arrêter Saül dans sa rage contre Lui (Act 22:8). S’il avait eu la gloire à Jérusalem, Il n’aurait pas pu être notre Sauveur. Sa place est parmi les pauvres du troupeau dans tout Israël.
La naissance d’un enfant bouleverse la vie d’une famille. Avec un tel enfant, cela a certainement été le cas pour Joseph et Marie. Pourtant, pour eux, la vie reprend son cours ordinaire pendant l’enfance et le passage à l’âge adulte du Seigneur Jésus. Joseph travaille comme charpentier. Ils ont aussi des enfants ensemble (Mc 6:3).
Pour résumer les douze premières années de la vie du Seigneur en tant qu’Homme, nous apprenons qu’Il passe par le développement ordinaire propre à l’homme. Il est véritablement Homme et grandit en esprit, en âme et en corps. Toute sa vie témoigne de la grâce de Dieu qui est sur Lui. En Lui, la grâce de Dieu est apparue et s’est approchée si près des hommes qu’ils en font l’expérience au quotidien, sans qu’Il se distingue particulièrement en tant qu’Homme. Cependant, Il se sera fait remarquer par sa perfection dans tous les domaines.
41 - 45 L’enfant Jésus à Jérusalem
41 Ses parents allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de la Pâque. 42 Quand il eut douze ans, comme ils étaient montés à Jérusalem, selon la coutume de la fête, 43 et s’en retournaient, une fois les jours accomplis, l’enfant Jésus demeura dans Jérusalem ; mais ses parents ne le savaient pas. 44 Croyant qu’il était dans la troupe des voyageurs, ils firent une journée de chemin et le cherchèrent parmi leur parenté et leurs connaissances ; 45 ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem à sa recherche.
La loi prescrit aux Israélites des fêtes annuelles, lors desquelles les hommes doivent monter à Jérusalem. L’une d’elles est la Pâque (Exo 12:24-27 ; Deu 16:1-8). Les parents du Seigneur Jésus sont des Israélites pieux et assistent donc chaque année à cette fête. Lorsque leur Fils atteint l’âge de douze ans, Il accompagne aussi ses parents à la fête.
Ses parents ont l’habitude d’aller à la fête. Avoir des habitudes n’est pas mauvais en soi ; ce qui l’est, c’est de faire quelque chose uniquement par habitude, sans autre raison. Il est essentiel de comprendre pourquoi nous agissons par routine, sinon cela devient un acte dépourvu de sens et nous ne percevons pas que le Seigneur s’est éloigné de nous. Si nous assistons consciencieusement aux réunions et que nous y prenons place par habitude, nous pouvons le faire avec un cœur vide. Nous ne nous rendons alors pas compte que le Seigneur n’est pas là.
Lorsque les jours de fête sont accomplis, le Seigneur Jésus demeure à Jérusalem, à l’insu de ses parents. Pour Lui, monter à Jérusalem n’est pas seulement suivre ce que la loi prescrit. Pour Lui, cela a un contenu plus profond. Jérusalem et le temple sont des lieux qui Lui tiennent à cœur. Ce sont des lieux choisis par Lui-même pour y mettre son nom. C’est là qu’Il veut demeurer. Ses parents ne savent pas où se trouve réellement son cœur. Ce qui serait une désobéissance pour n’importe quel autre enfant est une perfection pour Lui.
Ses parents supposent qu’Il se trouve quelque part parmi le groupe de voyageurs, qui devait être assez nombreux. Après avoir cherché pendant une journée, ils ne L’ont pas trouvé, car ils ont cherché au mauvais endroit. Il peut aussi nous arriver de chercher le Seigneur Jésus aux mauvais endroits. Cela arrive lorsque nous pensons qu’il est avec nous parce que nous avons une famille qui craint Dieu ou qu’il est avec des connaissances qui en savent beaucoup sur la Bible. Ce qui compte, cependant, c’est que nous Le connaissions personnellement et que nous sachions qu’Il fait tout pour la gloire de Dieu.
S’ils ne Le trouvent pas, ils retournent à Jérusalem. Ils ont perdu leur Fils, Il leur manque et ils veulent Le retrouver. C’est un beau désir.
46 - 50 Aux affaires de son Père
46 Et il arriva, après trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. 48 Quand [ses parents] le virent, ils furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici, ton père et moi nous te cherchions, très inquiets. 49 Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? 50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il leur disait.
Il faut encore trois jours à Joseph et Marie pour Le trouver. Il apparaît également qu’ils n’ont pas pensé à Jérusalem et au temple comme premier lieu où Il pourrait être trouvé. Ils ne sont pas comme Siméon et Anne, qui ont été amenés là par l’Esprit. Le Seigneur Jésus demeure là où Dieu est présent et où la parole de Dieu est méditée, là où les gens se consacrent jour et nuit à l’étude des pensées de Dieu.
Ils savent si peu ce qui le motive réellement qu’ils ne vont probablement au temple qu’en dernier recours pour voir s’ils peuvent Le trouver là. L’étonnement a dû se lire sur leur visage lorsqu’ils Le voient assis au milieu des docteurs d’Israël. Mais notez son attitude envers les docteurs, si appropriée pour un garçon de douze ans, qui est, après tout, le Dieu éternel. Il les écoute et leur pose des questions. Bien des années plus tard, ils Lui poseront leurs questions, mais alors pour Le tenter et trouver une occasion de Le condamner.
À travers ce simple garçon, quelque chose se révèle à tous ceux qui l’écoutent, qu’ils ne peuvent expliquer, mais qui les surprend énormément. Ils voient un garçon ordinaire qui révèle en même temps des qualités surnaturelles. C’est Lui qui donne à Étienne la sagesse et l’esprit de parler d’une manière à laquelle ses adversaires ne peuvent résister (Act 6:10). Quelques instants plus tard, les adversaires d’Étienne constatent que son visage ressemble à celui d’un ange (Act 6:15). Ce n’est pas le cas du Seigneur Jésus. Il n’y a rien de spécial en Lui, « Il n’a ni forme, ni éclat » (Ésa 53:2), mais ce qu’Il dit fait une grande impression.
Ses parents sont étonnés qu’Il soit là. Marie pousse un soupir de soulagement en pensant qu’ils l’ont enfin trouvé et Lui reproche de les avoir fait chercher ainsi. Elle appelle Joseph « ton père », ce qui indique qu’elle a oublié qui est son Père. C’est en même temps la raison pour laquelle elle n’a pas pu Le trouver tout de suite.
La réponse qu’Il donne sont les premiers mots que nous entendons de sa bouche dans le Nouveau Testament. Ce sont des paroles qui montrent clairement en quoi consiste sa vie. Ses premiers mots impliquent qu’Il est facile à trouver pour ceux qui Le connaissent. Celui qui sait ce qui est le plus important pour Lui n’a pas besoin de chercher longtemps. Le problème de Marie et de Joseph est qu’ils ont leur propre conception de l’identité de leur enfant. Ils ne considèrent pas qu’Il est venu sur la terre avec une mission et que, pour l’accomplir, Il a des rapports constants avec son Père.
Le Seigneur Jésus est parfaitement conscient de ce qu’Il doit faire. Il ne réprimande pas directement sa mère, mais, en toute humilité, Il lui pose des questions sur la raison de sa présence sur la terre. Si elle l’avait compris, elle aurait su qu’Il se trouve dans le temple. Elle-même est aussi venue à Jérusalem parce qu’elle savait que Dieu le lui demandait. Elle est aussi repartie parce que les obligations avaient été accomplies. Il est toujours aux affaires de son Père et c’est pour cela qu’Il y est demeuré.
Ce qu’Il dit, les questions qu’Il pose, ne les pénètrent pas. C’est parce qu’ils ne sont pas assez concentrés sur les choses qui Le concernent.
Les questions que le Seigneur pose à ses parents sont des questions que les enfants peuvent toujours poser à leurs parents. C’est une remise en question du pourquoi des choses que font les parents (cf. Exo 12:26 ; Jos 4:6). Que répondons-nous lorsque nos enfants nous demandent pourquoi nous allons à l’église, ou pourquoi nous n’y allons pas ? Que répondons-nous lorsqu’ils nous demandent pourquoi nous lisons, ou non, la Bible ? Autant de questions qui nous amènent parfois, en tant que parents, à faire une pause, à réfléchir à ce à quoi ressemble notre vie avec le Seigneur.
51 - 52 Le Seigneur Jésus avance en sagesse et en stature
51 Il descendit avec eux et vint à Nazareth ; et il leur était soumis. Sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. 52 Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.
Lorsque la tâche du Seigneur à Jérusalem est accomplie, Il rentre chez lui avec ses parents. Il les accompagne dans leur descente vers Nazareth. Il ne s’agit pas seulement de signaler que Nazareth est située à une altitude inférieure à celle de Jérusalem, mais cela marque le chemin que le Seigneur a emprunté pour s’humilier.
Par rapport à Joseph et Marie, Il prend la place qui Lui convient. Il suit les instructions de ses parents et les met en œuvre directement et parfaitement, sans contredire. À maintes reprises, ils ont dû s’émerveiller de leur Fils aîné, car Il faisait tout ce qu’on Lui demandait immédiatement et sans murmurer. Ils ont aussi pu constater son développement. Il est si véritablement Homme qu’Il passe par la même croissance physique et spirituelle que tout être humain.
Dieu Le regarde d’un œil favorable. Il se développe en parfaite harmonie avec Dieu et se conforme à tout ce que Dieu a déclaré qu’un homme devait être. En tout, Il est centré sur Dieu. La loi de Dieu est au-dedans de ses entrailles ; c’est sa joie de faire ce qui est son bon plaisir (Psa 40:9). C’est pourquoi Il avance parfait en tout, comme le pur fruit de la loi. Cela se poursuit pendant dix-huit ans.
Il est aussi un hôte bienvenu auprès des hommes. Sa présence est une bénédiction pour tous les peuples. Ils font l’expérience de sa présence comme d’une bénédiction. Voici une personne qui a toujours du temps et de l’attention pour eux et qui est toujours prêt à les aider.