1 La parole de l’Éternel est rare.
1 Le jeune garçon Samuel servait l’Éternel devant Éli ; or la parole de l’Éternel était rare en ces jours-là : les visions n’étaient pas fréquentes.
Le sacerdoce est sous le jugement de Dieu. Cela permet au prophète de Dieu de se manifester. Grâce au sacerdoce, Dieu permet que les relations avec son peuple restent possibles. Il donnera toujours un lien entre son peuple et lui-même, quelle que soit l’ampleur de l’échec de son peuple. Avant que le jugement ne soit exécuté sur Éli et sa maison, Dieu indique clairement à son peuple le moyen qu’il a prévu pour faire connaître sa volonté. Il a choisi un prophète.
À cette époque, la parole de Dieu n’a pas beaucoup d’intérêt parmi le peuple de Dieu. Il en est de même aujourd’hui. Les gens ne lisent presque plus la Bible, à moins d’avoir une traduction facile à lire. Souvent, on veut satisfaire des sentiments purement religieux plutôt que de chercher à connaître les pensées de Dieu dans sa Parole.
Les visions ne sont pas fréquentes. Cela signifie que Dieu ne se manifeste pas directement à son peuple pour lui faire connaître sa volonté. Le peuple est plongé dans les ténèbres. Pourtant, même dans les périodes les plus sombres, Dieu a toujours des témoins de son nom. Celui qui est vraiment pour Dieu ne reste pas longtemps sans recevoir un message de Dieu. C’est le cas du jeune Samuel.
Il sert l’Éternel, toujours sous la supervision d’Éli. Il sert l’Éternel malgré la mauvaise conduite des fils d’Éli, qui vivent dans le péché. Tant la supervision du faible Éli que la compagnie des fils méchants sont déterminées par l’Éternel comme le climat dans lequel la formation de Samuel doit se dérouler. Dans cet environnement ténébreux, la lumière de la fidélité de Samuel à l’Éternel brillera d’autant plus fort.
2 - 10 L’Éternel appelle Samuel
2 Il arriva en ce temps-là, qu’Éli était couché à sa place (or ses yeux commençaient à être troubles, il ne pouvait pas voir), 3 la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l’Éternel où était l’arche de Dieu. 4 Alors l’Éternel appela Samuel. Il répondit : Me voici. 5 Puis il courut vers Éli et dit encore : Me voici, car tu m’as appelé. Mais [Éli] dit : Je n’ai pas appelé ; retourne te coucher. Il s’en alla et se coucha. 6 L’Éternel appela de nouveau : Samuel ! Samuel se leva, alla vers Éli et [lui] dit : Me voici, car tu m’as appelé. Il répondit : Je n’ai pas appelé, mon fils ; retourne te coucher. 7 Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée. 8 L’Éternel appela de nouveau : Samuel ! pour la troisième fois ; [Samuel] se leva, alla vers Éli et [lui] dit : Me voici, car tu m’as appelé. Éli s’aperçut alors que c’était l’Éternel qui avait appelé le jeune garçon. 9 Éli dit à Samuel : Va te coucher ; et s’il t’appelle, alors tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. Samuel s’en alla et se coucha à sa place. 10 L’Éternel vint et se tint là, et appela comme les autres fois : Samuel ! Samuel ! Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute.
Au moment prévu, l’Éternel se révèle à Samuel pendant la nuit. Éli et Samuel sont allés se coucher, mais il existe une légère distinction dans la façon dont cela est exprimé pour chacun d’eux. Il est écrit qu’Éli « était couché à sa place », tandis qu’il est écrit de Samuel qu’il « était couché ». Avec ce que nous savons d’Éli, on peut imaginer qu’il aimait son lit et y passait beaucoup de temps. En lui, le souverain sacrificateur couché, nous voyons une image de l’état spirituel du peuple à cette époque, renforcée par la mention qu’il ne pouvait pas voir. Éli est non seulement physiquement, mais aussi spirituellement aveugle.
Concernant Samuel, il se couche, ce qui indique une activité après une journée de travail. Il est fatigué. Lorsqu’il se couche, la lampe de Dieu est presque éteinte. La lampe de Dieu, c’est le chandelier dans le tabernacle. C’est la nuit, et la lampe brûle encore faiblement. Mais au moment où la nuit est la plus sombre, il y a l’espoir de l’aube. Un nouveau jour est sur le point de se lever, avec une lumière nouvelle et éclatante grâce à ce jeune Samuel, presque adulte, qui dort près de l’arche.
Quand les gens dorment, le Saint d’Israël, Lui, ne dort ni ne sommeille. L’Éternel s’adresse à Samuel, et non à Éli. Lorsque l’Éternel appelle Samuel, celui-ci entend une voix, comme si Éli l’appelait. Cela devait ressembler à une voix humaine. Bien que Samuel ne sache pas encore que c’est la voix de l’Éternel, il obéit immédiatement. L’obéissance est le point de départ de toute croissance spirituelle et de tout développement du service.
Éli n’a aucune idée que l’Éternel ait pu appeler Samuel. Il est aveugle et sourd à cette possibilité. Tout ce qu’il peut dire, c’est que le garçon doit se recoucher et essayer de dormir. Nous pouvons y voir l’image de l’apaisement de la conscience face à la condition dans laquelle nous vivons. Nous préférons ne pas être dérangés, et si quelque chose perturbe notre repos, nous ne demandons pas davantage. Nous aimerions retrouver le repos le plus rapidement possible.
Le danger est toujours grand d’être dans un état spirituel de somnolence, dans lequel nous nous complaisons parce que nous nous y sentons bien (1Th 5:6). En réalité, nous avons besoin d’être réveillés. Le Seigneur doit nous dire : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph 5:14). Si nous sommes nous-mêmes endormis, nous encouragerons les autres qui sont encore éveillés à la somnolence. Prenons garde à ne pas dire à quelqu’un : ‘Tu n’as qu’à te coucher et te rendormir’, lorsque Dieu lui parle !
Lorsque Samuel est appelé une deuxième fois, Éli lui répond à nouveau qu’il ne l’a pas appelé et que Samuel doit se recoucher. C’est ce que Samuel aura fait. Pourtant, ce n’est pas ce qui est dit, mais nous lisons plutôt une explication sur la raison pour laquelle Samuel s’est recouché : il ne connaît pas encore l’Éternel. Cela ne signifie pas qu’il ne croit pas en l’Éternel. Samuel croit certainement en l’Éternel, mais tous les contacts qu’il a eus avec Lui jusqu’ici se sont faits par l’intermédiaire d’Éli. Éli n’a pas appris à Samuel à écouter la voix de l’Éternel. Il ne le peut pas non plus, car il ne connaît pas lui-même la voix de l’Éternel. Le moment est venu pour l’Éternel de se faire connaître à Samuel.
En application, nous pouvons dire que Samuel n’a, jusqu’ici, entendu parler de l’Éternel que par d’autres personnes, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui. Beaucoup entendent parler du Seigneur Jésus par leurs parents. Cela peut être normal pendant un certain temps, mais il faut une rencontre personnelle avec Lui à un moment donné. Les enfants ne peuvent pas constamment s’appuyer sur la foi de leurs parents ou des anciens, sinon ils ne croîtront pas. Pour devenir spirituellement matures, les yeux spirituels doivent commencer à voir la gloire du Seigneur Jésus.
L’Éternel appelle patiemment pour la troisième fois. Il sait qu’il s’agit d’ignorance et non de mauvaise volonté. Nous devons aussi avoir cette patience les uns envers les autres, surtout envers ceux que nous considérons lents à comprendre. Lorsque Samuel va voir Éli pour la troisième fois, Éli comprend enfin que c’est l’Éternel qui a appelé Samuel. Cela a dû aussi l’interpeller. Il a dû réaliser que Dieu ne l’avait pas appelé lui, mais le jeune garçon. Nous voyons ici que dans chaque nouvelle génération, il y a des jeunes qui ont reçu quelque chose du Seigneur qu’Il n’a pas donné ou n’a pas pu donner aux anciens. Dans le cas d’Éli, Dieu ne peut pas l’appeler, car Éli est spirituellement incapable de reconnaître sa voix.
Éli n’est pas jaloux que l’Éternel se révèle à Samuel plutôt qu’à lui. Lorsqu’il comprend que l’Éternel appelle Samuel, il lui donne un bon conseil. Samuel doit, dès que l’Éternel l’appelle à nouveau, se tenir devant l’Éternel pour bien L’écouter et agir comme serviteur. C’est ce que fait Samuel. Après avoir appelé son nom deux fois, l’Éternel appelle Samuel pour la quatrième fois. Le fait de répéter son nom deux fois est particulier. Nous voyons à plusieurs reprises dans l’Écriture que l’Éternel ou le Seigneur Jésus appelle en répétant deux fois le nom de la personne à qui Il s’adresse, par exemple « Abraham, Abraham » (Gen 22:11) et « Saul, Saul » (Act 9:4).
En réponse à l’appel de l’Éternel, Samuel ne dit pas « parle, Éternel » comme Éli le lui a conseillé. Ce n’est pas par désobéissance à Éli, mais sans doute par crainte, parce qu’il ne se sent pas digne de s’adresser directement à l’Éternel. Cela contraste avec la familiarité que l’on se permet parfois aujourd’hui en mentionnant le nom du Seigneur Jésus. Dans de nombreux sermons et soi-disant services d’adoration, la révérence l ce nom est souvent absente. On mentionne son nom – Jésus, sans L’appeler Seigneur – de façon irrespectueuse.
Il est aussi important de respecter tous ceux que Dieu a placés au-dessus de nous, comme les parents, les anciens et les autorités. Cela est prescrit par Dieu dans sa Parole (Éph 6:1-3 ; Lév 19:32 ; Rom 13:7). Cela aussi, on ne le voit plus beaucoup de nos jours. Quand le respect pour Dieu disparaît, il disparaît aussi de la société.
11 - 14 Le jugement sur Éli et sa maison
11 L’Éternel dit à Samuel : Voici, je vais faire en Israël une chose telle, que quiconque l’entendra, les deux oreilles lui tinteront. 12 En ce jour-là j’accomplirai sur Éli tout ce que j’ai dit concernant sa maison : je commencerai et j’achèverai ; 13 car je lui ai déclaré que je vais juger sa maison pour toujours, à cause de l’iniquité qu’il connaît, parce que ses fils se sont corrompus et qu’il ne les a pas retenus. 14 C’est pourquoi j’ai juré à la maison d’Éli : Jamais propitiation ne sera faite pour l’iniquité de la maison d’Éli, ni par sacrifice, ni par offrande !
Dieu révèle ses pensées à ceux qui ont un esprit obéissant et qui n’ont pas une haute opinion d’eux-mêmes. Il les révèle aux « petits enfants » (Mt 11:25). La révélation que reçoit Samuel survient à un moment où Israël se trouve à un moment particulièrement noir de son histoire. Dieu doit exercer son jugement sur le sacerdoce. En même temps, l’arrivée de Samuel marque le début d’une nouvelle ère pour Israël. Le jugement frappe non seulement les fils d’Éli, mais aussi Éli et sa maison. Le jugement est irrévocable. Ils ont péché sciemment, en toute connaissance de cause. Il n’y a pas de sacrifice pour cela.
Le message de l’Éternel concernant Éli et sa maison aura un impact profond et durable. Éli est blâmé pour n’avoir rien fait contre le mal, bien qu’il l’ait constaté. Voir et connaître le mal sans agir, alors qu’on en a la responsabilité, est aussi grave que de le commettre soi-même. Cela s’applique aussi aux croyants qui continuent à faire partie d’une église où le péché n’est pas jugé. On peut protester, mais si rien ne change, on devient complice du maintien du mal en restant. Si le mal n’est pas jugé, il faut partir.
15 - 18 Ce que l’Éternel a dit
15 Samuel resta couché jusqu’au matin ; puis il ouvrit les portes de la maison de l’Éternel. Et Samuel craignait de rapporter sa vision à Éli. 16 Mais Éli appela Samuel et [lui] dit : Samuel, mon fils ! Il répondit : Me voici. 17 [Éli] demanda : Quelle est la parole qu’il t’a dite ? Je te prie, ne me le cache pas. Ainsi Dieu te fasse, et ainsi il y ajoute, si tu me caches quoi que ce soit de toute la parole qu’il t’a dite. 18 Samuel lui rapporta donc toutes les paroles, sans rien lui cacher. [Éli] dit : C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux.
En général, Dieu n’appelle pas un prophète à prêcher un message joyeux. Le premier message que Samuel doit transmettre est un message de jugement. Il n’aura pas dormi de nouveau, conscient de la gravité de la vision. Son message ne l’a pas rendu fier. Il n’est pas heureux de devoir apporter le jugement à Éli. C’est la première fois qu’il se rend compte à quel point un message prophétique peut être lourd à porter, alors qu’il doit transmettre une nouvelle désagréable à quelqu’un qu’il aime, estime et respecte.
L’Éternel ne demande pas à Samuel de raconter sa vision à Éli, mais Samuel se sent obligé de le faire. Éli encourage Samuel à rapporter ce qu’il a entendu de la part de l’Éternel. Bien que Dieu ne se soit pas adressé à lui, le souverain sacrificateur, il veut entendre ce que Dieu a dit. Éli comprend qu’il s’agit de lui. Dès lors, Samuel devient prophète. C’est le moment où il transmet les paroles de Dieu à Éli.
Le ministère prophétique est souvent difficile, surtout lorsqu’ il s’agit d’exhorter au moment approprié. Jérémie est jeune lorsqu’il est chargé de prophétiser, et il est encouragé par l’Éternel : « Et l’Éternel me dit : Ne dis pas : Je suis un enfant, car pour tout ce pour quoi je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je te commanderai, tu le diras. Ne les crains pas ; car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel. Et l’Éternel étendit sa main, et toucha ma bouche ; et l’Éternel me dit : Voici, j’ai mis mes paroles dans ta bouche » (Jér 1:7-9). Le plus faible est comme le plus fort quand il a les paroles de Dieu sur les lèvres.
Éli accepte le jugement de Dieu. Il ne résiste pas, mais reconnaît la grandeur et la justice de l’Éternel. En même temps, il reconnaît le ministère prophétique de Samuel. Mais il ne se repent pas et ne condamne pas ses fils. Il s’incline sous le jugement de Dieu, ce qui est tout ce qu’il peut faire.
19 - 21 L’Éternel est avec Samuel
19 Samuel grandissait ; l’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. 20 Et tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, sut que Samuel était établi prophète de l’Éternel. 21 L’Éternel continua d’apparaître à Silo ; car l’Éternel se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de l’Éternel.
Samuel grandit. Il grandit non seulement physiquement, mais surtout spirituellement. Parce qu’il marche avec l’Éternel, l’Éternel est avec lui. L’Éternel se réjouit de pouvoir entrer en contact avec Samuel. Il révèle à tout Israël, de l’extrême nord, où se trouve Dan, à l’extrême sud, où se trouve Beër-Shéba, que Samuel est son prophète, en accomplissant Lui-même toutes les paroles prononcées par Samuel.
C’est comme si nous entendions le Saint Esprit dire avec joie que l’Éternel continue d’apparaître à Silo. L’Éternel se réjouit qu’il y ait quelqu’un à qui Il peut se révéler, quelqu’un qui Le connaît et qui vit pour Lui. Nous avons ici l’inverse du verset 7. Samuel connaît maintenant l’Éternel, et l’Éternel se révèle à lui. Il le fait par sa Parole. C’est toujours ainsi que Dieu se révèle aux siens, à nous.
Toutes les révélations faites à Samuel prouvent au peuple qu’il existe une nouvelle relation entre lui et l’Éternel. Il se révèle à son peuple par l’intermédiaire du prophète, et non plus par un souverain sacrificateur. Samuel a une oreille attentive. Ce sont à ces personnes que Dieu peut faire connaître sa volonté et ce sont ces personnes qu’Il peut utiliser au service de son peuple.
Dans un certain sens, Samuel est à la fois sacrificateur et roi. Dieu concentre souvent plusieurs caractéristiques en une seule personne dans les périodes de déclin. Dieu appelle des prophètes lorsque le peuple est en déclin. Samuel est le premier d’entre eux (Act 3:24). Il est aussi le dernier juge qui termine la période pendant laquelle Dieu est intervenu en faveur de son peuple par l’intermédiaire de juges (Act 13:20b).