Introduction
Ce chapitre comporte deux parties, toutes deux consacrées à la désignation de Saül comme roi. Nous voyons comment, tout au long de cette préparation, Dieu s’intéresse de très près à Saül.
Dans la première partie (versets 1-16), Saül est préparé en secret par Samuel, c’est-à-dire par Dieu, à la royauté, alors qu’aucun Israélite n’est encore informé de sa désignation. Saül n’est pas rejeté par Dieu dès le début. Dans la préparation à sa royauté, Dieu lui donne l’occasion de Le connaître afin qu’il sache comment régner. Cette préparation est également importante pour chaque croyant, car le Seigneur a un service, une mission, pour chacun.
Dans la deuxième partie (versets 17-27), Saül est désigné ouvertement. Ce n’est pas Samuel qui le désigne, afin qu’il ne paraisse pas en être l’instigateur, mais c’est Dieu qui le fait. Dieu agit de façon à ce que le peuple ne puisse attribuer le choix de Saül à personne d’autre que lui-même.
1 Saül oint roi
1 Samuel prit une fiole d’huile et la versa sur la tête de Saül. Il l’embrassa, et [lui] dit : L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour prince sur son héritage ?
Saül est oint avec une fiole d’huile, tandis que David sera oint avec une corne d’huile (1Sam 16:13). Une fiole est un objet fragile, symbolisant ici la royauté de Saül, œuvre de l’homme, qui sera finalement brisée. L’huile symbolise le Saint Esprit. Dieu indique ainsi qu’Il veut se servir de Saül, mais que celui-ci doit ensuite être conduit par le Saint Esprit. Plus tard, Saül sera lui aussi conduit par l’Esprit, mais seulement extérieurement (verset 10). La corne d’huile avec laquelle David est oint n’est pas fragile ; elle symbolise la force (1Sam 2:10). La corne provient d’un animal pur sacrifié à Dieu, et c’est là que réside la force. Exercer la royauté ne peut se faire que sur la base du sacrifice.
Samuel n’est pas du tout jaloux, mais respectueux (cf. 1Cor 13:4b). Il se soumet au nouveau roi par un baiser d’amour. Il ne le fait pas en public, mais lors de cet entretien personnel, comme une expression de son cœur. Il est le premier à reconnaître Saül comme son nouveau roi, sans provoquer d’agitation. Nous voyons ici un amour qui « ne cherche pas son propre intérêt » (1Cor 13:5b ; cf. 1Cor 10:24). Dans un monde plein d’égoïsme, se réjouir de la réussite d’autrui, par exemple de la promotion d’un collègue, est rare.
Samuel agit au nom de l’Éternel et oint Saül comme prince sur l’« héritage de l’Éternel », c’est-à-dire sur son pays. Cela implique une grande responsabilité. Il doit protéger cet héritage, en prendre soin, le gérer pour l’Éternel et Lui rendre des comptes.
2 Le signe près du tombeau de Rachel
2 Aujourd’hui, après m’avoir quitté, tu trouveras deux hommes près du tombeau de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Tseltsakh. Ils te diront : Les ânesses que tu étais allé chercher sont trouvées ; voici, ton père a oublié l’affaire des ânesses et il est inquiet pour vous, disant : Que ferai-je au sujet de mon fils ?
Les trois événements que Samuel annonce ensuite sont trois signes (verset 9). Il s’agit de bien plus que de simples coïncidences. Ce sont des événements porteurs de sens, dont Saül doit tirer un enseignement. Chaque événement est lié à un lieu particulier. Nous pouvons appeler ces lieux des ‘lieux de mémoire’. De tels lieux jouent un rôle décisif dans la vie du croyant, car c’est là qu’il apprend des choses importantes. Chaque serviteur est ainsi formé.
Le premier lieu de mémoire est le « tombeau de Rachel » à Tseltsakh. C’est là que Saül rencontrera deux hommes. Le tombeau de Rachel nous relie à Rachel en tant qu’ancêtre de Saül et à sa mort. Rachel meurt en donnant naissance à Benjamin (Gen 35:16-19), dont Saül descend. Benjamin est né dans la détresse de sa mère, mais il fait la joie de son père. Samuel précise aussi que le tombeau de Rachel se trouve à la frontière de Benjamin, à Tseltsakh. L’héritage de Benjamin trouve son origine au tombeau de Rachel. « Tseltsakh » signifie ‘protection contre le soleil’.
Tout véritable service ne peut bien commencer et se poursuivre que si nous nous considérons comme morts au péché (Rom 6:11). Cela protège contre le feu du désir de vouloir briller soi-même. Cela laisse la place à la vraie vie, celle qui vient de Dieu, pour qu’elle soit manifestée.
Tout ce qui est bon pour Dieu procède de la mort, car elle permet au nouveau de se manifester et à l’ancien d’être oublié. Ce qui est dit à propos des ânesses est lié à cela. Il n’est plus nécessaire de penser au passé, car les efforts passés se sont révélés infructueux. Nous apprenons cela au tombeau, le lieu de la mort.
L’homme qui a peiné en vain dans sa recherche des ânesses doit aussi apprendre que tout a déjà été accompli sans lui. C’est ce que lui disent « deux hommes ». Cela indique un témoignage fiable, crédible, car « par la bouche de deux ou de trois témoins toute affaire sera établie » (2Cor 13:1).
3 - 4 Le signe au chêne de Thabor
3 De là tu passeras plus loin et tu arriveras au chêne de Thabor ; là tu rencontreras trois hommes qui montent vers Dieu à Béthel, l’un portant trois chevreaux, l’autre portant trois pains ronds, et l’autre portant une outre de vin. 4 Ils te demanderont comment tu te portes et ils te donneront deux pains, que tu prendras de leurs mains.
Le premier signe est destiné à Saül personnellement. Le deuxième signe montre à Saül qu’il y a en Israël des personnes qui veulent servir l’Éternel avec fidélité. Trois hommes fidèles sont en route vers Dieu pour Lui rendre visite dans sa maison. « Béthel » signifie ‘maison de Dieu’. Ces hommes représentent un reste fidèle chez qui la foi est présente, preuve que Dieu agit toujours en Israël. Si Saül y prête attention, il les remarquera et sera encouragé.
Les trois hommes ne vont pas simplement à Béthel, mais à la rencontre de Dieu. Il est dit d’eux qu’ils « montent vers Dieu ». Est-ce aussi pour cette raison que nous allons à la maison de Dieu, aux réunions de l’église, où nous savons que le Seigneur Jésus est présent au milieu de nous (Mt 18:20) ?
La rencontre de Saül avec ces trois hommes a lieu « au chêne de Thabor ». Le chêne est un symbole de force et d’endurance. Un chêne peut devenir très grand, très vieux et il est très ombragé. « Thabor » signifie ‘hauteur’. Après la mort et le tombeau de Rachel à Tseltsakh, le chêne du Thabor évoque la force de la vie spirituelle expérimentée sur la hauteur de la communion avec Dieu et avec les autres.
Après avoir pris conscience de notre propre faiblesse, nous devons apprendre où se trouve la force de Dieu. Vivre en communion les uns avec les autres nous donne de la force. Cela se passe « dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant » (1Tim 3:15). Après la leçon personnelle du signe précédent, nous avons besoin de voir que nous ne sommes pas seuls. Nous pouvons trouver Dieu dans sa maison. En pratique, c’est dans l’église, telle qu’elle se réunit localement (1Cor 1:2).
Les trois hommes apportent quelque chose avec eux : trois chevreaux, un pour chacun. Un chevreau est l’animal principalement utilisé comme sacrifice pour le péché. Cela nous enseigne que nous nous approchons de Dieu, conscients de ce que nous sommes par nature, mais avec l’assurance que Dieu peut nous accepter en vertu de l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus, véritable sacrifice pour nos péchés. Ils viennent chacun avec un pain rond, qu’ils peuvent partager avec d’autres, ce qu’ils font au verset suivant. L’outre de vin peut être apportée en libation.
Cela évoque le fait d’apporter de la nourriture spirituelle avec nous lorsque nous allons à la réunion de l’église pour la partager avec d’autres. Ensemble, nous pouvons offrir à Dieu notre reconnaissance et notre joie, symbolisées par le vin. Tout cela repose sur le sacrifice pour le péché.
Samuel précise aussi que ces hommes, ne connaissant pas Saül, l’interrogeront sur son bien-être et lui donneront deux pains. Saül pourra utiliser ce pain pour la suite de son voyage. Ils se rendront à Béthel pour remettre l’offrande au sacrificateur, comme s’ils invitaient Saül à les accompagner. Il est important d’apprendre ce qu’est le service sacerdotal. Il n’y a pas de chevreau pour Saül. Il n’en demande pas non plus.
Quelques versets plus loin, Saül est en contact avec des prophètes d’une manière telle qu’on lui demande s’il fait partie des prophètes. Plus tard, il devient roi. Nous voyons que Dieu met Saül en contact avec le sacerdoce, la prophétie et la royauté. Mais comment cela influencera-t-il sa vie ? Il n’agira qu’en tant que roi. Son histoire montrera dans quelle mesure il est roi selon la pensée de Dieu, sans rien connaître du service sacerdotal ni du véritable ministère prophétique.
5 - 6 Le signe au coteau de Dieu
5 Après cela, tu viendras au coteau de Dieu, où sont des postes des Philistins ; en entrant là, dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes qui descendent du haut lieu, précédés d’un luth, d’un tambourin, d’une flûte et d’une harpe, et qui eux-mêmes prophétisent. 6 L’Esprit de l’Éternel te saisira, tu prophétiseras avec eux et tu seras changé en un autre homme.
Après avoir rencontré les deux hommes à Tseltsakh et les trois hommes au Thabor, Samuel prédit que Saül rencontrera une troupe de prophètes. Cela se passera « au coteau de Dieu », où se trouvent « des postes des Philistins ». S’il s’y trouve, c’est qu’il est presque arrivé chez lui, car c’est près de sa maison (verset 26). Après avoir été en présence de Dieu à Béthel, Saül se retrouve maintenant en présence de l’ennemi. Là aussi, il reçoit un enseignement important.
Au coteau de Dieu se trouve une ville qui n’est pas occupée par les Philistins, mais où ils ont des postes. Là où la gloire de Dieu doit être vue, la puissance de l’ennemi se manifeste. Le signe donné ici à Saül a une telle signification que, pour chasser l’ennemi, il recevra l’Esprit de Dieu. Après l’enseignement sur le jugement de soi au tombeau et l’encouragement en rapport avec la maison de Dieu, Saül reçoit un enseignement sur la puissance et la direction du Saint Esprit dans ce signe. Celui-ci est accompagné de musique, exprimant la joie que l’on peut éprouver en présence de Dieu, face à l’ennemi.
Que Saül soit saisi par l’Esprit ne signifie pas qu’il est en train de naître de nouveau. Les incrédules aussi, par la souveraineté de Dieu, peuvent être saisis occasionnellement par l’Esprit. Nous voyons cela avec le souverain sacrificateur incrédule Caïphe (Jn 11:51) et avec l’incrédule Balaam (Nom 24:2). Les incrédules qui participent à la vie d’église peuvent devenir « participants de l’Esprit Saint » (Héb 6:4b) durant leur séjour dans une compagnie chrétienne où l’Esprit opère.
Il n’est pas question d’une habitation de l’Esprit dans la personne dans de tels cas. Le changement de Saül « en un autre homme » ne concerne que l’apparence extérieure. Même le changement de son être intérieur n’est qu’un changement de sentiment. Il n’est pas question de conversion. Il se révélera comme un ennemi obstiné du roi oint de Dieu (David) et il mourra dans les ténèbres complètes.
7 Dieu est avec Saül
7 Lorsque ces signes te seront arrivés, tu feras ce qui se présentera à toi ; car Dieu est avec toi.
Tout au long de la préparation de Saül à la royauté, Dieu lui fait clairement comprendre qu’Il est de son côté. Saül n’a pas été rejeté dès le commencement, pas plus qu’Israël. Ce n’est que lorsque le peuple, malgré toutes les mises en garde de Dieu, manifeste son refus obstiné de Le servir que Dieu le rejette et le laisse partir en exil.
Après que Dieu a montré à Saül, par tous ces signes, qu’il est sous sa direction particulière, Il lui donne l’assurance supplémentaire qu’il ne doit pas craindre d’accomplir ce qui se présentera à lui. La première chose qui se présente à lui est le combat du chapitre suivant.
Tous ces signes sont destinés à le faire réfléchir sur sa vie et sur la mission que Dieu a pour lui. Il a dû avoir l’impression que Samuel était un homme de Dieu qui rapportait les paroles que Dieu avait mises dans sa bouche. Si tout se passe exactement comme Samuel l’a prédit, cela doit lui faire comprendre que Dieu veut se servir de lui. Le fait de s’interroger sur le sens des événements et des paraboles révèle le véritable disciple (Mc 4:10-12).
Ce qui arrive à Saül nous montre que Dieu peut nous utiliser avec un esprit sanctifié et sobre. D’abord, il nous montre que notre vie Lui est complètement ouverte. Les événements sont annoncés, mais Il nous laisse le soin d’y réagir. C’est comme Pierre, une fois libéré de prison Il réfléchit alors en lui-même à ce qu’il va faire (Act 12:11-12). L’une des capacités les plus divines que nous ayons est de former un jugement après avoir pesé le pour et le contre. C’est très différent de l’observation des signes.
8 Saül doit aller à Guilgal et attendre
8 Puis tu descendras avant moi à Guilgal ; et voici, je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes et sacrifier des sacrifices de prospérités ; tu attendras sept jours, jusqu’à ce que je vienne vers toi, et je te ferai savoir ce que tu devras faire.
Après la prédiction des signes, Samuel ordonne à Saül de se rendre à Guilgal et de l’y attendre. Guilgal est le lieu où a eu lieu la circoncision (Jos 5:2-9). La circoncision est une image du jugement porté sur la chair du croyant, que Christ a subi sur la croix (Col 2:11). Par cet ordre, Samuel veille à rester en contact avec Saül. Cet ordre doit permettre à Saül de prendre conscience qu’il doit toujours agir conformément à la parole de Dieu, que Samuel incarne. Il s’agit d’un exercice de patience. La manière dont Saül s’en acquitte est décrite en 1 Samuel 13.
9 - 12 Les signes s’accomplissent
9 Lorsque [Saül] tourna le dos pour quitter Samuel, Dieu changea son cœur en un autre ; et tous ces signes eurent lieu ce jour-là. 10 Quand ils arrivèrent là, au coteau, voici une troupe de prophètes qui [venait] à la rencontre de Saül. L’Esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d’eux. 11 Quand tous ceux qui l’avaient connu auparavant virent qu’il prophétisait avec les prophètes, les gens se dirent l’un à l’autre : Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ? 12 Quelqu’un de là répondit : Et qui est leur père ? C’est pourquoi cela passa en proverbe : Saül est-il aussi parmi les prophètes ?
Lorsque Saül quitte Samuel, Dieu change son cœur. Cela ne signifie pas qu’Il lui donne une nouvelle vie, mais qu’Il lui accorde la capacité intérieure ou la sagesse de gouverner son peuple et de prendre de bonnes décisions. Cela rejoint le verset 6, où Samuel dit à Saül que l’Esprit de l’Éternel le saisira, le transformant en un autre homme. Le fils du fermier prendra alors conscience de sa dignité royale. Cela sera visible et évident dans ses actions.
Cela montre que Dieu donne à Saül toutes les ressources nécessaires pour exercer sa fonction de roi. Mais ce ne sont que des apparences extérieures, sans aucune mention de la vie nouvelle. La vie nouvelle s’acquiert sur la base du repentir des péchés et de la conversion à Dieu, en confessant ses péchés. Cela n’a jamais eu lieu chez Saül.
Tous les signes se produisent comme ils ont été annoncés à Saül. Au troisième signe, le Saint Esprit agit selon les particularités qui y sont associées. Il est évident que les manifestations spirituelles sont inconnues de Saül. Les autres perçoivent qu’il se comporte extérieurement de façon ‘spirituelle’ et se moquent de son attitude. Le comportement de Saül les étonne, car ils ne l’ont jamais vu ainsi. Saül agit, en apparence, comme un prophète parmi eux. Sa vie, telle qu’ils l’ont observée chez lui jusqu’à ce jour, n’a rien à voir avec celle des prophètes.
De toute évidence, Saül ne manifeste ni la crainte de Dieu ni la foi en Lui, mais l’Esprit de Dieu révèle ce que Saül aurait dû être. Pour être roi selon le cœur de Dieu, il faut être guidé par l’Esprit de Dieu. Il ne s’agit pas simplement d’une nouvelle attitude, mais d’une nouvelle vie par la régénération.
« Quelqu’un de là » (verset 12) désigne quelqu’un de Guibha ou un membre de la foule entourant les prophètes. La question « qui est leur père ? » – et non pas ‘qui est leur président ?’ – pourrait signifier que l’on s’interroge sur leur lignée, sur la façon dont ils doivent être considérés. Cette question peut aussi vouloir dire : ‘leur père est-il aussi un prophète ?’, c’est-à-dire : ‘ont-ils l’esprit prophétique par leur naissance ?’ Si par « père » on entend le chef des prophètes (cf. 1Chr 25:6 ; 2Roi 2:12), la question signifie : ‘Quel genre de chef ont-ils pour laisser une personne comme Saül être en leur compagnie ?’
Le proverbe en dit long sur Saül. Il est utilisé pour décrire un phénomène inattendu et inexplicable. Il exprime l’étonnement face à une personne qui apparaît dans une sphère de vie à laquelle elle était jusqu’alors complètement étrangère, dans laquelle elle ne s’était jamais montrée.
13 - 16 L’oncle de Saül
13 Lorsque [Saül] eut cessé de prophétiser, il vint au haut lieu. 14 L’oncle de Saül lui dit, à lui et à son serviteur : Où êtes-vous allés ? Il répondit : Chercher les ânesses ; mais voyant qu’elles n’étaient nulle part, nous sommes allés vers Samuel. 15 L’oncle de Saül dit : Déclare-moi, je te prie, ce que vous a dit Samuel. 16 Saül dit à son oncle : Il nous a déclaré expressément que les ânesses étaient trouvées. Mais quant à l’affaire du royaume, dont Samuel avait parlé, il ne la lui déclara pas.
Le temps où Saül prophétise prend fin. Il quitte la compagnie des prophètes. Il a été attiré parmi eux pendant un certain temps, mais sans effet visible. Sa vie reprend son cours habituel. Il se rend chez son oncle, qui lui demande où ils étaient. Saül répond. Le fait qu’il ait été avec Samuel pousse son oncle à lui poser davantage de questions. A-t-il pressenti quelque chose qui pourrait arriver à Saül ?
Saül donne une réponse sincère, mais incomplète. Il cache quelque chose. Il ne mentionne pas la royauté. La raison de ce silence n’est pas précisée. Nous pouvons interpréter cela positivement et l’attribuer à l’humilité de Saül. Nous pouvons aussi l’interpréter négativement, comme une soif de pouvoir et de gloire qu’il ne souhaite pas encore dévoiler, estimant que le moment n’est pas encore venu.
17 - 24 Saül présenté comme roi
17 Samuel convoqua le peuple devant l’Éternel à Mitspa. 18 Il dit aux fils d’Israël : Ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Moi, j’ai fait monter Israël hors d’Égypte et je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous les royaumes qui vous opprimaient ; 19 et vous, aujourd’hui, vous avez rejeté votre Dieu, lui qui vous a sauvés de tous vos maux et de toutes vos détresses, et vous lui avez dit : [Non], mais établis un roi sur nous. Maintenant, tenez-vous devant l’Éternel, selon vos tribus et selon vos clans. 20 Samuel fit approcher toutes les tribus d’Israël, et la tribu de Benjamin fut prise ; 21 puis il fit approcher la tribu de Benjamin selon ses familles, et la famille de Matri fut prise ; enfin Saül, fils de Kis, fut pris. On le chercha, mais on ne le trouva pas. 22 Alors ils interrogèrent encore l’Éternel : L’homme viendra-t-il encore ici ? L’Éternel dit : Voici, il s’est caché parmi les bagages. 23 Ils coururent le prendre de là, et il se tint au milieu du peuple ; il dépassait tout le peuple d’une tête. 24 Samuel dit à tout le peuple : Voyez-vous celui que l’Éternel a choisi ? Il n’y en a pas comme lui dans tout le peuple. Tout le peuple poussa des cris et dit : Vive le roi !
Après les relations privées de Dieu avec Saül, celui-ci est maintenant présenté au peuple. À cette fin, Samuel appelle le peuple à se rendre auprès de l’Éternel à Mitspa. Le peuple est placé en présence de Dieu. Samuel agit comme représentant de l’Éternel. Il rappelle au peuple qui est Dieu et ce qu’Il a fait pour lui. Il leur signale ensuite qu’ils sont en train de rejeter leur Dieu, qui a été si bon pour eux, et qu’ils choisissent un homme pour être leur chef à sa place.
Saül est désigné par le sort. Ainsi, tout soupçon d’un plan préétabli par Samuel, ou l’idée d’un arrangement secret entre Samuel et Saül, est écarté. Il est clair pour tous que c’est l’Éternel qui désigne Saül. « On jette le sort dans le pan du vêtement, mais toute décision vient de l’Éternel » (Pro 16:33). « Le sort fait cesser les querelles » (Pro 18:18a).
Lorsque le peuple cherche Saül, il est introuvable. Cela peut-il freiner l’enthousiasme du peuple ? Cela les inciterait-il à revenir sur leur décision ? Il semble que ce soit une dernière tentative de l’Éternel pour amener son peuple à la repentance.
Saül étant introuvable, on interroge l’Éternel pour savoir si l’homme est venu. Cela s’est sans doute fait par le souverain sacrificateur au moyen de l’urim et du tummim (Exo 28:30 ; Nom 27:21 ; cf. Jug 20:27-28). Lors d’une assemblée aussi importante du peuple où un roi est choisi, le souverain sacrificateur aura certainement été présent, même si ce n’est pas mentionné. Le protagoniste n’est pas le sacrificateur, mais Samuel qui, en tant que prophète de l’Éternel, est chargé de cette réunion.
L’Éternel répond et dit que Saül s’est caché parmi les bagages. Saül semble être devenu un bagage traîné par les autres, même s’il peut être utile. Cette cachette est-elle un signe de modestie ou de peur ? Est-il à la hauteur des responsabilités de la royauté ?
Il sait d’avance qu’il sera désigné par le sort. Pourtant, il s’enfuit. Devant Dieu, on ne peut pas s’enfuir. La fuite n’est pas bonne et ne contribue pas au bien du peuple de Dieu. Elle vient du fait que l’on pense à soi et non aux intérêts de Dieu et de son peuple. La conséquence ultime est que c’est l’homme qui est élevé et non Dieu.
Le Seigneur Jésus s’est aussi retiré de la foule lorsqu’elle a voulu Le faire roi (Jn 6:15). Avec Lui, c’est sa perfection qui se manifeste. Il ne veut pas être le roi selon les désirs charnels des gens. À ce moment-là, ce n’est pas le temps pour le Père de se manifester en tant que roi. Il devait d’abord parfaitement glorifier son Père sur la terre.
Quand Saül arrive au milieu du peuple, Samuel ne le présente pas comme le choix du peuple, mais comme le choix de l’Éternel. Ce n’est pas pour rendre le peuple irresponsable, mais personne ne sait mieux que l’Éternel quel est le bon choix pour son peuple. C’est pourquoi Il a choisi un homme avec lequel personne ne peut rivaliser. Saül répond parfaitement au goût du peuple.
Par conséquent, quand le peuple le voit, tous sont profondément impressionnés par ce grand homme et l’applaudissent. Saül est un homme qui dépasse tout le peuple d’une tête. Mais ce dont il dépasse le peuple sera coupé à sa mort (1Sam 31:8-9). Le Saul du Nouveau Testament dépasse lui aussi ses pairs (Gal 1:14 ; Php 3:4b-6). Cependant, il devient petit lors d’une rencontre avec le Seigneur glorifié. Saul, l’homme qui occupait un poste élevé dans la hiérarchie religieuse, « tomba à terre » (Act 9:4).
Les Israélites comparent leur roi à eux-mêmes et non à l’Éternel. Cela revient à nous comparer à nous-mêmes (cf. 2Cor 10:12b). C’est d’ailleurs ce que nous faisons en nous comparant à d’autres personnes. Les autres sont tous des êtres humains comme nous.
25 - 27 Les réactions suite à la désignation de Saül
25 Samuel dit au peuple le droit du royaume, il l’écrivit dans un livre qu’il posa devant l’Éternel. Puis Samuel renvoya tout le peuple, chacun à sa maison. 26 Saül aussi s’en alla à sa maison, à Guibha ; et la troupe de ceux dont Dieu avait touché le cœur alla avec lui. 27 Cependant des fils de Bélial dirent : Comment celui-ci nous sauverait-il ? Ils le méprisèrent et ne lui apportèrent aucun présent ; mais il fit le sourd.
Samuel consigne dans un livre ce qui est important en réponse au choix du peuple. Auparavant, il avait annoncé ce que le roi ferait (1Sam 8:11) ; maintenant, il présente au peuple la loi de la royauté, les lois et les statuts. Il est possible que Samuel se soit contenté de transcrire la loi du roi à cette occasion (Deu 17:14-20). Ce qu’il écrit, il le dépose « devant l’Éternel », c’est-à-dire près de l’arche (Deu 31:26). Après ces événements, Samuel laisse partir tout le peuple, chacun dans sa demeure habituelle.
Saül se rend lui aussi à sa maison, mais il n’est pas encore sur le trône. Les acclamations cessent. Le peuple a le roi qu’il a choisi, mais l’attachement à lui ne semble pas très fort. Seuls ceux dont le cœur a été touché par l’intervention de Dieu l’accompagnent. Ils reconnaissent que Saül a été choisi par Dieu pour les gouverner. David aussi reconnaîtra plus tard Saül, comme l’a fait Samuel.
Il y a aussi ceux qui n’ont aucun espoir en Saül. Ce n’est pas parce qu’ils attendent davantage de l’Éternel que de cet homme. Ils n’acceptent tout simplement pas le choix de Dieu, peut-être par jalousie, parce que c’est lui et non eux qui a été choisi comme chef. Tout choix de Dieu manifeste les pensées des cœurs. Ils auraient dû poser leur question (verset 27) lorsqu’il s’agissait de Dieu. Maintenant, c’est une mauvaise question. À ces propos, Saül répond correctement. Nous pouvons nous inspirer de cet exemple lorsque de méchants propos sont tenus à notre sujet.