Introduction
Les chapitres précédents traitent des personnes saintes, des vêtements saints, des choses saintes et des lieux saints. Ce chapitre aborde sept temps saints ou jours solennels, c’est-à-dire des moments fixés pour s’approcher de Dieu. Les fêtes présentées dans ce chapitre sont liées entre elles et portent une signification prophétique. Trois fêtes sont appelées une seule fête : la fête des pains sans levain, la fête des semaines et la fête des tabernacles (Deu 16:16 ; cf. Exo 23:14-16).
Les sept fêtes – sept étant le chiffre de la perfection ou d’une période complète – indiquent le chemin par lequel Dieu conduira son peuple depuis la croix jusqu’au repos du grand sabbat qui s’élèvera pour la création : le royaume millénaire de paix. C’est le moment où tout ce que Dieu a accompli pour la terre est achevé. Il est significatif que le chapitre commence et se termine par le sabbat (versets 3,39).
Si nous voulons étudier la prophétie dans l’Écriture, nous trouvons plusieurs indices, notamment dans ce que l’on appelle les ‘trois grands sept’ : les sept fêtes ici, les sept paraboles sur le royaume des cieux en Matthieu 13 et les sept lettres aux sept églises en Apocalypse 2-3.
Aperçu des fêtes et de leur signification prophétique :
1. La Pâque (verset 5) : la mort du Seigneur Jésus.
2. La fête des pains sans levain (versets 6-8) : la vie sanctifiée des rachetés.
3. La fête de la gerbe des prémices (versets 9-14) : la résurrection du Seigneur Jésus.
4. La fête des semaines ou Pentecôte (versets 15-21) : la venue du Saint Esprit sur la terre, qui a permis la formation de l’église.
Le temps intermédiaire (verset 22) : le temps où l’église est sur la terre ; cette période correspond à celle où Israël a été dispersé parmi les nations. Lorsque le temps de l’église sur la terre sera terminé, un reste d’Israël sera sauvé, formant le nouvel Israël (Rom 11:25-26). Ils recevront la bénédiction promise, à laquelle les nations participeront aussi par leur intermédiaire.
5. La fête des trompettes (versets 23-25) : un réveil spirituel se produit dans un reste d’Israël. Les Israélites dispersés retournent dans leur pays.
6. Le jour des propitiations (versets 26-32) : repentance, conversion et acceptation du reste par l’Éternel.
7. La fête des tabernacles (versets 33-43) : le reste, c’est-à-dire l’ensemble du nouvel Israël de Dieu, jouit de la bénédiction promise du royaume millénaire.
1 - 2 Les jours solennels de l’Éternel
1 Et l’Éternel parla à Moïse, disant : 2 Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Les jours solennels de l’Éternel, que vous publierez, seront de saintes convocations. Ce sont ici mes jours solennels :
L’expression « les jours solennels » signifie ‘temps fixés’ pour s’approcher de Dieu. Il est donc préférable de parler de « temps de fête ». Dieu a fixé ces temps, Il les a désignés pour Lui-même. Dieu les a établis ainsi et dans cet ordre parce que c’est dans ces fêtes qu’Il révèle ses voies à son peuple.
Nombres 28-29 parle aussi de ces fêtes, mais là, l’accent est davantage mis sur les sacrifices à offrir à ce moment-là. Ici, l’accent est mis sur les « saintes convocations » qui doivent avoir lieu ces jours-là. Cela indique que ces fêtes ne sont pas célébrées individuellement, mais en tant que peuple. L’application pour nous ne réside pas dans le maintien de fêtes dites chrétiennes, mais dans la seule assemblée que connaît l’église : « le rassemblement de nous-mêmes » (Héb 10:25), le rassemblement de l’église, que nous n’abandonnons pas. Dans l’église rassemblée, nous retrouvons les aspects de toutes les fêtes avec leur signification spirituelle.
Les fêtes appartiennent à l’Éternel. Il les appelle ici « mes jours solennels » car ces jours sont établis par Lui et destinés à Lui. Ces jours-là, le peuple doit se rassembler dans le seul but de rendre à l’Éternel ce qui Lui est dû. Pour cette raison, les Israélites doivent « publier » ces temps de fête, et ces jours-là, le peuple de Dieu est ‘convoqué’. Cela vient de l’Éternel, qui en est le centre. À l’inverse, ce que fait Jéroboam, en organisant une fête pour Israël « le quinzième jour du huitième mois, le mois qu’il avait imaginé dans son propre cœur » (1Roi 12:33), est une rébellion contre Dieu.
3 Le commandement du sabbat
3 Six jours on travaillera ; et le septième jour est un sabbat de repos, une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre : c’est un sabbat [consacré] à l’Éternel dans toutes vos habitations.
Le sabbat est distinct des jours de fête (versets 37-38). Le chapitre commence et se termine par le sabbat. L’histoire du monde débute et s’achève également avec le sabbat : à la création, Dieu se repose le septième jour ; ce monde conclut son histoire avec le sabbat du royaume millénaire, un repos sabbatique pour le peuple de Dieu (Héb 4:9). À cause du péché, le repos initial a rapidement été troublé. C’est de cette situation que parle le Seigneur Jésus lorsqu’Il dit : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi, je travaille » (Jn 5:17), ce qui s’applique encore aujourd’hui. Les sept fêtes indiquent le chemin que Dieu suit pour parvenir au repos final.
Au sens spirituel, la vie du croyant commence par le repos. Ce n’est qu’après avoir trouvé le repos dans l’œuvre du Seigneur Jésus qu’il a la paix pour sa conscience. Alors, avec ce repos dans son cœur, il peut l et travailler pour le Seigneur Jésus dans un monde où ce repos n’existe pas. Il peut attendre le repos à venir du royaume de paix. Quand le croyant meurt, il entre dans le repos de Dieu au ciel et se repose de toutes ses œuvres de foi accomplies sur la terre (Héb 4:10).
Le sabbat est le jour où Dieu s’est reposé. C’est le repos de Dieu. Il veut que son peuple partage ce repos. Le peuple doit garder ce jour, comme le prévoit la loi : « Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier » (Exo 20:8). Le sabbat est aussi un jour de souvenir pour le peuple délivré du pouvoir d’Égypte (Deu 5:14-15), qui est une image du monde et du péché.
Le royaume de paix présente ces deux aspects : Dieu se repose, la malédiction est ôtée et le péché maîtrisé. Une autre signification du sabbat est celle d’une alliance entre Dieu et son peuple (Ézé 20:12 ; Exo 31:12-17). C’est une particularité qui distingue le Juif du Gentil.
Le repos du sabbat, qui sera bientôt sur la terre, est déjà une réalité pour le croyant. Les croyants peuvent jouir ensemble de ce repos lorsqu’ils se rassemblent pour « une sainte convocation ». C’est le repos de la conscience grâce à l’œuvre accomplie du Seigneur Jésus (Mt 11:28). Si Dieu veut se réunir avec son peuple, c’est avant tout parce qu’Il apprécie le repos que le Seigneur Jésus a apporté. Dieu se repose en Lui et dans son œuvre. C’est un sabbat pour toutes nos habitations, pas seulement pendant les rassemblements. Ce repos peut caractériser toute notre vie.
4 Commandement de publier les saintes convocations
4 Ce sont ici les jours solennels de l’Éternel, de saintes convocations, que vous publierez en leurs temps assignés.
Viennent maintenant les fêtes qui conduiront au repos du royaume de paix. Elles ont déjà été mentionnées dans l’introduction, en lien avec leur signification prophétique. Il s’agit maintenant de « leurs temps assignés » :
1. La Pâque doit être célébrée le quatorzième jour du premier mois (verset 5).
2. La fête des pains sans levain, qui suit immédiatement la Pâque, doit avoir lieu du quinzième au vingt-deuxième jour du premier mois (versets 6-8).
3. La gerbe des prémices est offerte lors d’un sabbat après le début de la moisson (versets 9-14).
4. La fête des semaines (ou de la Pentecôte), la fête intermédiaire, au troisième mois, a lieu cinquante jours après l’offrande de la gerbe des prémices ; elle est appelée fête des semaines parce qu’elle a lieu sept semaines après la précédente (versets 15-22).
La cinquième fête marque le début du deuxième groupe de trois fêtes, qui ont lieu exactement six mois plus tard :
5. La fête des trompettes (ou fête de la nouvelle lune) a lieu le premier jour du septième mois (versets 23-25).
6. Le jour des propitiations a lieu le dixième jour du septième mois (versets 26-32).
7. La fête des tabernacles a lieu du quinzième au vingt-deuxième jour du septième mois (versets 33-43).
Il existe un lien entre le premier groupe de fêtes et le deuxième groupe :
1. Le 10-1, l’agneau pour la Pâque doit être pris dans la maison ; le 10-7, c’est le jour des propitiations.
2. Le 15-1 commence la fête des pains sans levain ; le 15-7 commence la fête des tabernacles.
Une autre classification des fêtes peut être faite selon les mots «l’Éternel parla à Moïse » aux versets 1,9,23,26,33.
Les fêtes de la moisson ne peuvent être célébrées que dans le pays. Il y a trois fêtes de la moisson :
1. La fête de la gerbe des prémices est célébrée lorsque le premier grain est moissonné ; c’est la moisson de l’orge.
2. Puis, cinquante jours plus tard, c’est la moisson du blé (Exo 9:31-32 ; Rut 1:22 ; 2:23) et l’on apporte les deux pains en offrande tournoyée.
3. Au septième mois, la dernière fête de la moisson, la fête des tabernacles, a lieu à l’occasion de la moisson du raisin et des olives.
5 La Pâque
5 Le premier mois, le quatorzième [jour] du mois, entre les deux soirs, est la Pâque à l’Éternel.
Les fêtes commencent par la Pâque. Le salut sur la terre, représenté dans le sabbat comme image du royaume de paix, commence par ce que la Pâque symbolise : Christ et son œuvre à la croix (1Cor 5:7b). De même, le repos dont le pécheur a besoin pour sa conscience se trouve en Christ et dans son œuvre à la croix. En Exode 12, Dieu déclare que la Pâque marque un nouveau commencement, « le commencement des mois [...] le premier des mois de l’année » (Exo 12:2). Ainsi, le septième mois de l’année devient le premier mois de l’année. Un pécheur qui se repent reçoit et commence une nouvelle vie.
La première célébration, en Égypte, vise la rédemption d’Égypte. Le sang les libère du jugement de Dieu. Il s’agit d’une célébration unique, qui représente la conversion d’un pécheur. Chaque célébration ultérieure est un souvenir de cet événement (Nom 9:1-5). Nous voyons cela dans la célébration de la cène, que nous célébrons chaque premier jour de la semaine. Ici, en Lévitique, la Pâque est une fête en l’honneur de l’Éternel. Il est important d’apprendre ce que la véritable Pâque, Christ, signifie pour Dieu en tant que fondement sur lequel Il établira un nouveau ciel et une nouvelle terre, où l’on ne pensera plus au péché.
6 - 8 La fête des pains sans levain
6 Et le quinzième jour de ce mois, est la fête des pains sans levain à l’Éternel : sept jours, vous mangerez des pains sans levain. 7 Le premier jour, vous aurez une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service ; 8 et vous présenterez à l’Éternel, pendant sept jours, un sacrifice par feu : au septième jour [il y aura] une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service.
La Pâque est immédiatement suivie de la fête des pains sans levain. Ces deux fêtes forment un tout. En Luc 22, elles sont identifiées : « Or la fête des Pains sans levain, qui est appelée la Pâque » (Lc 22:1). La fête des pains sans levain se caractérise par l’absence de levain. L’absence totale de levain, image du péché, a caractérisé la marche et la nature de Christ sur la terre et s’accomplit aussi en nous dans la mesure où nous manifestons Christ dans notre vie.
Dans les images de l’Écriture, le levain représente toujours le péché, manifesté sous différentes formes :
1. Le « levain des pharisiens et des sadducéens » (Mt 16:5-12), c’est-à-dire la doctrine des pharisiens, le légalisme ou l’ajout à la parole de Dieu, et la doctrine des sadducéens, le rationalisme ou l’ôter quelque chose à la parole de Dieu.
2. Le « levain d’Hérode » (Mc 8:15), c’est-à-dire les plaisirs charnels.
3. Le « vieux levain » et le « levain de mal et de méchanceté » (1Cor 5:8), c’est-à-dire la vie dans le péché.
4. « Un peu de levain » (Gal 5:9), qui représente la fausse doctrine concernant l’œuvre du Seigneur Jésus.
5. Le « levain qu’une femme prit et qu’elle cacha dans trois mesures de farine » (Mt 13:33). Cela ne fait pas exception : le levain représente toujours le péché. Il symbolise l’introduction de principes idolâtres dans le royaume des cieux (Za 5:5-11).
Manger du pain sans levain signifie se nourrir avec le Seigneur Jésus, en qui il n’y a rien de péché. Cela s’applique à sa vie sur la terre, à son existence antérieure et à sa vie actuelle dans le ciel. Il a été la véritable offrande de gâteau sur la terre, dans laquelle il ne devait pas non plus y avoir de levain (Lév 2:11).
Nous ne pouvons ‘manger’ de Lui que si nous connaissons la signification de la Pâque. Nous devons d’abord nous nourrir de sa mort, puis nous pourrons nous nourrir de sa vie. Sans repentance ni régénération, nous ne pouvons pas nous nourrir de sa vie.
La fête est célébrée pendant sept jours. Sept est le chiffre de la perfection et représente ici toute notre vie. Il doit y avoir une sainte convocation le premier jour et le septième jour. Il ne doit y avoir aucun effort ni contrainte humaine pour y participer. Chaque jour, un sacrifice par le feu doit être présenté. Tout l’honneur revient à l’Éternel, qui est loué. C’est ainsi que nous pouvons vivre notre manière de nous rassembler et que notre quotidien, en dehors des rassemblements, se déroule comme une louange à l’Éternel.
9 - 14 La fête de la gerbe des prémices
9 Et l’Éternel parla à Moïse, disant : 10 Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne et que vous en aurez fait la moisson, vous apporterez au sacrificateur une gerbe des prémices de votre moisson ; 11 et il tournoiera la gerbe devant l’Éternel, pour que vous soyez agréés ; le sacrificateur la tournoiera le lendemain du sabbat. 12 Et le jour où vous ferez tournoyer la gerbe, vous offrirez un agneau sans défaut, âgé d’un an, en holocauste à l’Éternel ; 13 et pour son offrande de gâteau, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile, un sacrifice par feu à l’Éternel, une odeur agréable ; et sa libation sera du vin, le quart d’un hin. 14 Et vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni grain en épi, jusqu’à ce même jour, jusqu’à ce que vous ayez apporté l’offrande de votre Dieu. [C’est] un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations.
Une nouvelle fête commence ici. La gerbe des prémices – littéralement : la gerbe du commencement – doit être apportée « le lendemain du sabbat », c’est-à-dire le premier jour de la nouvelle semaine. Le Seigneur Jésus a célébré la Pâque le vendredi et Il est mort le vendredi. Le lendemain, jour du sabbat, marque le début de la fête des pains sans levain, puis Il est dans le tombeau. Le premier jour de la semaine, Il est ressuscité, et c’est le jour où la gerbe des prémices est apportée au sacrificateur. La gerbe des prémices symbolise la résurrection du Seigneur Jésus d’entre les morts. Il est « Christ [...] ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis » (1Cor 15:20,23), le commencement d’une nouvelle moisson pour Dieu.
Sur le plan spirituel, le lien avec la fête précédente est significatif. Par sa résurrection, le Seigneur Jésus, ayant par sa mort parfaitement glorifié Dieu sur le terrain du péché, a laissé derrière Lui tout ce qui domine ce terrain. La mort, le péché, le pouvoir de Satan, le jugement, n’ont plus aucun rapport avec Lui. Réaliser que je suis lié à une telle personne, ressuscitée d’entre les morts, me donne la force de vivre une vie « sans levain ».
En Jean 19, il est dit : « Car ce sabbat-là était un grand jour » (Jn 19:31). Ce sabbat est un grand jour pour trois raisons :
1. Il a toujours été le jour le plus important de la semaine.
2. C’est le premier jour des pains sans levain, la fête qui suit immédiatement la Pâque.
3. C’est le sabbat qui précède la fête de la gerbe des prémices.
Dieu a voulu que le Seigneur Jésus meure le jour où l’on célèbre la Pâque et qu’Il ressuscite le jour où l’on apporte la gerbe des prémices au sacrificateur. Ainsi, les trois premières fêtes, et la fête des semaines, qui est la Pentecôte, 50 jours plus tard, s’accomplissent exactement l’année de la mort du Seigneur Jésus.
La fête de la gerbe des prémices ne peut avoir lieu que dans le pays. La gerbe doit être apportée au sacrificateur. Il la tournoie devant l’Éternel, et cela rend agréable celui qui apporte la gerbe. Grâce à la résurrection du Seigneur Jésus, nous sommes rendus agréables à Dieu. En tant que sacrificateurs, nous pouvons parler au Père du Seigneur ressuscité.
Il ne peut manquer de présenter aussi un holocauste et une offrande de gâteau. La résurrection du Seigneur Jésus ne peut être dissociée de sa vie parfaite et de sa mort dans laquelle Il a glorifié Dieu. Il n’est pas possible de penser à Lui sans penser à la croix. La libation de vin ne manque pas. Elle représente la joie que ce sacrifice procure à Dieu.
L’interdiction « vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni grain en épi, jusqu’à ce même jour » (verset 14) est l’interdiction de manger quoi que ce soit de la nouvelle moisson avant qu’une partie n’ait été apportée à « votre Dieu ». Nous pouvons en tirer la leçon que nous devons toujours commencer par Dieu, chaque jour, chaque repas, chaque intention, chaque travail (cf. Mt 6:33). Il est important de Lui rendre hommage « des prémices de tout ton revenu » (Pro 3:9).
En ce qui concerne la consommation de la nourriture du pays dans un sens spirituel, ce précepte nous indique qu’elle ne doit être consommée que lorsque nous la relions à la résurrection du Seigneur Jésus. Cela nous permet de jouir de toutes les bénédictions que le pays, les lieux célestes, a pour nous.
15 - 21 Les deux pains, en offrande tournoyée
15 – Et vous compterez depuis le lendemain du sabbat, depuis le jour où vous aurez apporté la gerbe de l’offrande tournoyée, sept semaines ; elles seront complètes : 16 vous compterez 50 jours jusqu’au lendemain du septième sabbat, et vous présenterez à l’Éternel une offrande de gâteau nouvelle ; 17 vous apporterez de vos habitations deux pains, en offrande tournoyée ; ils seront de deux dixièmes de fleur de farine ; vous les cuirez avec du levain : ce sont les premiers fruits à l’Éternel. 18 Et vous présenterez avec le pain sept agneaux sans défaut, âgés d’un an, et un jeune taureau, et deux béliers : ils seront un holocauste à l’Éternel, avec leur offrande de gâteau et leurs libations, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel. 19 Et vous offrirez un bouc en sacrifice pour le péché, et deux agneaux âgés d’un an en sacrifice de prospérités ; 20 et le sacrificateur les tournoiera avec le pain des premiers fruits, en offrande tournoyée devant l’Éternel, avec les deux agneaux : ils seront saints, [consacrés] à l’Éternel pour le sacrificateur. 21 Et vous publierez [une convocation] en ce même jour ; ce sera pour vous une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service : [c’est] un statut perpétuel, dans toutes vos habitations, en vos générations.
La fête de la gerbe des prémices concerne les « habitations » (verset 14). Elle montre que nous sommes engagés avec le Seigneur ressuscité, à la maison. Cette préoccupation constitue une préparation, un exercice spirituel, pour la fête suivante, qui a lieu cinquante jours plus tard. Cette fête est également accompagnée d’une autre sainte convocation.
Cinquante jours après la gerbe des prémices, on apporte d’autres prémices ou « premiers fruits » (verset 17). La gerbe des prémices est l’orge. Les premiers fruits de la fête des semaines sont du blé. Elle est aussi appelée « une offrande de gâteau nouvelle » (verset 16). La gerbe des prémices provient directement de la terre et est offerte directement à l’Éternel. Les premiers fruits de la fête des semaines sont broyés et cuits pour fabriquer deux pains, en offrande tournoyée. Cette offrande de gâteau nouvelle contient du levain. Elle est présentée à l’Éternel mais ne vient pas sur l’autel (Lév 2:12).
Cela fait référence à la venue du Saint Esprit, 50 jours après la résurrection du Seigneur, à la Pentecôte, un premier jour de la semaine (Act 2:1-4). C’est la naissance de l’église. La gerbe des prémices représente le Seigneur Jésus. Les deux pains, en offrande tournoyée, ne représentent pas le Seigneur Jésus, mais l’église. L’église est composée de personnes pécheresses par nature, mais chez qui le levain (le péché) a perdu son effet et a été arrêté par le jugement porté par le Seigneur Jésus. Nous le voyons dans l’image du pain cuit au feu, qui enlève toute efficacité au levain.
Le pain doit être préparé à la maison pendant la période qui sépare la gerbe des prémices de la fête des semaines. C’est un temps de préparation. Il est amené des habitations. Le début des Actes nous donne quelques détails sur les 50 jours entre la résurrection du Seigneur Jésus et la fête de la Pentecôte (Act 1:1-5). Pendant ces jours, le Seigneur a parlé à ses disciples « de ce qui concerne le royaume de Dieu » (Act 1:3), c’est-à-dire du témoignage de Dieu sur la terre pendant son absence.
Le nombre « deux » dans les « deux pains » indique que l’église est composée de croyants issus de deux groupes de personnes : Juifs et Gentils (Éph 2:14-16). Le nombre « deux » indique aussi un témoignage concluant (2Cor 13:1). Les deux pains symbolisent le témoignage de Dieu rendu sur la terre, à la suite de l’œuvre du Seigneur Jésus, unique fondement de l’église.
Les pains sont des pains de blé. L’église a la même vie que le Seigneur Jésus. Il est le grain de blé tombé en terre, mort et qui a porté beaucoup de fruit (Jn 12:24). L’église témoigne de ce que le Seigneur Jésus a été sur la terre. Les membres de l’église la nouvelle nature, c’est-à-dire la nature de Celui qui est maintenant dans le ciel.
L’église est ici représentée par les prémices. C’est ainsi que le Nouveau Testament parle des croyants en tant que prémices (Jac 1:18 ; Rom 8:23 ; Héb 12:23).
Avec les pains, en offrande tournoyée, de nombreux sacrifices sont offerts. Cela correspond à la richesse des fruits de l’œuvre du Seigneur Jésus. Nous trouvons cette richesse de fruits dans l’église. Parmi les sacrifices, il y a aussi un sacrifice pour le péché (verset 19). Cette offrande est nécessaire pour couvrir l’échec de notre témoignage devant Dieu sur la terre. Ce sacrifice pour le péché est absent de la gerbe des prémices, qui est une image du Seigneur Jésus. Il y a aussi une offrande de prospérités, le sacrifice qui symbolise la communion entre Dieu et son peuple et entre les membres du peuple eux-mêmes.
Le sacrificateur tournoie les pains devant l’Éternel. Le sacrificateur peut aussi en manger. En tant que sacrificateurs, nous pouvons faire tournoyer devant Dieu la vérité de l’église, témoignage de Dieu sur la terre, « la colonne et le soutien de la vérité » (1Tim 3:15). Nous pouvons Lui dire à quel point cela est grand pour Lui et pour nous. C’est aussi notre nourriture. Elle donne la force de mettre cette vérité en pratique. Nous devons nous rappeler qu’il s’agit de Celui qui est la vérité et qui est présenté dans le verset suivant comme le mystère de la piété : « Incontestablement, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans le monde, a été élevé dans la gloire » (1Tim 3:16).
Tournoyer les pains est à nouveau associé à une sainte convocation. Le Seigneur ne veut pas que nos rassemblements soient vécus comme une simple œuvre de service. Il veut que nos rassemblements soient des fêtes pour Lui. Sinon, les fêtes de l’Éternel dégénèrent en fêtes des Juifs (Jn 6:4 ; 5:1 ; 7:2) ou en fêtes de frères et sœurs, ce qui signifie une grande dégradation de ces fêtes.
22 Le pauvre et l’étranger
22 – Et quand vous ferez la moisson de votre terre, tu n’achèveras pas de moissonner les coins de ton champ, et tu ne glaneras pas les épis qui restent après ta moisson ; tu les laisseras pour le pauvre et pour l’étranger. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu.
Ce verset est important en raison de la signification prophétique de tout le chapitre. Lorsque la moisson des prémices a eu lieu, la moisson entière n’est pas achevée. Lorsque l’église a été enlevée de la terre, il demeure un témoignage pour Dieu sur la terre. Ce qui reste de la moisson est destiné aux pauvres et aux étrangers. Le pauvre est un membre du peuple de Dieu. Les pauvres représentent le reste fidèle qui sera à Jérusalem à la fin des temps, et qui sera misérable et pauvre. Les étrangers représentent les nations auxquelles l’évangile du royaume parviendra et qui l’accepteront.
23 - 25 La fête des trompettes
23 Et l’Éternel parla à Moïse, disant : 24 Parle aux fils d’Israël, en disant : Au septième mois, le premier [jour] du mois, il y aura un repos pour vous, un mémorial de jubilation, une sainte convocation ; 25 vous ne ferez aucune œuvre de service, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu.
Ici commence une nouvelle parole de l’Éternel, une nouvelle section. Les fêtes décrites ici ont lieu au septième mois, qui était autrefois le premier mois. C’est un nouveau commencement qui annonce la fin – en Exode 23, nous lisons à propos de « la fête de la récolte, à la fin de l’année » (Exo 23:16). Les trois dernières fêtes se succèdent de près. Elles sont célébrées le premier jour, le dixième jour, puis du quinzième au vingt-deuxième jour.
En Israël, le mois commence toujours avec la nouvelle lune. On doit alors sonner de la trompette : « Sonnez de la trompette à la nouvelle lune » (Psa 81:4). La lune reçoit sa lumière du soleil et la reflète. Le témoignage d’Israël est assombri, mais il viendra un temps où il recommencera à briller. C’est à ce moment-là que l’église est enlevée. Dieu délivrera d’abord son peuple de la détresse que lui infligent ses ennemis. Ensuite, le peuple recommencera à transmettre la lumière qui vient de Dieu.
La journée commence par le repos. C’est toujours le début d’un nouveau commencement. Le signal de départ est donné par la trompette (Nom 10:3,10 ; Ésa 27:13). La trompette est une image de la parole de Dieu. Lorsque la parole de Dieu s’enracine dans le cœur et la conscience, elle produit d’abord l’humilité, la cessation de ses propres efforts, puis le repos. Les premiers signes du rétablissement d’Israël seront l’humilité devant l’Éternel (Zac 12:10-14). C’est ce que nous voyons dans la fête suivante.
26 - 32 Le jour des propitiations
26 Et l’Éternel parla à Moïse, disant : 27 De même, le dixième [jour] de ce septième mois, c’est le jour des propitiations : ce sera pour vous une sainte convocation, et vous affligerez vos âmes, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu. 28 Et ce même jour vous ne ferez aucune œuvre, car c’est un jour de propitiation, pour faire propitiation pour vous, devant l’Éternel, votre Dieu. 29 Car toute âme qui ne s’affligera pas en ce même jour, sera retranchée de ses peuples. 30 Et toute âme qui fera une œuvre quelconque en ce même jour, cette âme, je la ferai périr du milieu de son peuple. 31 Vous ne ferez aucune œuvre : [c’est] un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations. 32 C’est un sabbat de repos pour vous, et vous affligerez vos âmes. Le neuvième [jour] du mois, au soir, d’un soir à l’autre soir, vous célébrerez votre sabbat.
Le jour des propitiations est détaillé dans Lévitique 16. Ici, il s’agit de l’aspect prophétique en lien avec les autres fêtes. Par exemple, les sacrifices pour Aaron et sa maison ne sont pas mentionnés ici. Il est seulement question d’un sacrifice fait par feu. Ici, l’accent est mis sur le fait de s’affliger, de s’humilier et de renoncer à toute œuvre.
La pensée de la propitiation doit produire en nous un sentiment d’humiliation pour notre âme. La propitiation est nécessaire à cause de nos péchés. Nous n’avons pas été capables, par nous-mêmes, de réaliser cette propitiation. Pour nous réconcilier avec Dieu, le Seigneur Jésus a été fait péché pour nous par Dieu et a versé son sang, c’est-à-dire qu’Il a dû entrer dans la mort, car le salaire du péché, c’est la mort. C’est seulement par son sang qu’Il a accompli la propitiation. Il n’y a pas d’autre moyen.
La joie de la fête des tabernacles – la fête finale – doit nécessairement être précédée d’une humiliation ou d’une affliction de l’âme. Ce n’est qu’après la confession, que le peuple pourra, dans les termes d’Ésaïe 53 (Ésa 53:1-12), faire de ce moment une fête. Le jour des propitiations, le souverain sacrificateur sortira du lieu saint. Ils regarderont vers Celui qu’ils ont percé, et Il leur pardonnera.
33 - 36 La fête des tabernacles
33 Et l’Éternel parla à Moïse, disant : 34 Parle aux fils d’Israël, en disant : Le quinzième jour de ce septième mois, la fête des tabernacles [se célébrera] à l’Éternel pendant sept jours. 35 Le premier jour il y aura une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service. 36 Pendant sept jours vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu ; le huitième jour, vous aurez une sainte convocation, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu : c’est une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune œuvre de service.
La moisson du vin et des olives est l’occasion de la fête des tabernacles. Le vin est une image de la joie (Psa 104:15a), l’huile est une image du Saint Esprit (1Jn 2:20,27). Les deux sont liés au royaume de la paix. Le Saint Esprit donnera de la joie à tous ceux qui vivent dans le royaume de paix. C’est le but des voies de Dieu pour la terre en général et pour Israël en particulier.
Les sacrifices offerts lors de cette fête sont décrits en détail dans Nombres 29. Israël comprendra à l’avenir que la bénédiction du royaume de paix repose uniquement sur l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix.
Un huitième jour est rattaché à la fête des tabernacles (verset 36). Cela fait référence à l’éternité. En Jean 7, le Seigneur Jésus parle du Saint Esprit en ce huitième jour (Jn 7:37-39). Il dit que le Saint Esprit viendra quand Il sera glorifié dans le ciel. Cela s’est produit le jour de la Pentecôte. À partir de là, l’église a été créée. L’église n’est pas une prophétie. La prophétie concerne toujours la terre, et l’église n’appartient pas à la terre mais au ciel, pour l’éternité.
37 - 38 Les sacrifices pour les fêtes
37 Ce sont là les jours solennels de l’Éternel, que vous publierez, de saintes convocations, afin de présenter des sacrifices faits par feu à l’Éternel, des holocaustes, et des offrandes de gâteau, des sacrifices, et des libations, chaque jour ce qui est établi pour ce jour, 38 outre les sabbats de l’Éternel, et outre vos dons, et outre tous vos vœux, et outre toutes vos offrandes volontaires que vous donnerez à l’Éternel.
Avant de poursuivre la description de la fête des tabernacles, voici un rappel des principaux éléments des fêtes en guise de résumé :
1. Les fêtes doivent être publiées comme « saintes convocations ». Le peuple doit se rassembler pour s’approcher de Dieu et être en communion avec Lui.
2. Cette communion s’exprime particulièrement par l’offrande de sacrifices.
3. Les sacrificateurs et l’ensemble du peuple se voient rappeler que tous les autres sacrifices seront également offerts, ce qui est indiqué par le mot « outre ».
39 - 44 La suite de la fête des tabernacles
39 Mais le quinzième jour du septième mois, quand vous aurez recueilli le rapport de la terre, vous célébrerez la fête de l’Éternel pendant sept jours : le premier jour il y aura repos, et le huitième jour il y aura repos. 40 Et le premier jour vous prendrez du fruit de beaux arbres, des branches de palmiers, et des rameaux d’arbres touffus et de saules de rivière ; et vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu, pendant sept jours. 41 Et vous célébrerez la fête comme fête à l’Éternel, pendant sept jours chaque année ; [c’est] un statut perpétuel, en vos générations : vous la célébrerez le septième mois. 42 Vous habiterez sept jours dans des tabernacles ; tous les autochtones en Israël habiteront dans des tabernacles, 43 afin que vos générations sachent que j’ai fait habiter les fils d’Israël dans des tabernacles, lorsque je les fis sortir du pays d’Égypte. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. 44 Et Moïse dit aux fils d’Israël les jours solennels de l’Éternel.
L’Éternel continue de décrire la fête des tabernacles. Toute la récolte de la terre a été recueillie. En conséquence, tout le peuple célèbre devant l’Éternel une fête de reconnaissance envers Lui. Lorsque nous considérons toutes les bénédictions dont Dieu nous a comblés, notre cœur ne peut que déborder de joie et de reconnaissance.
La fête commence par un repos sabbatique – ce qui ne signifie pas que le premier jour de la fête tombe nécessairement un sabbat – et elle se termine également par lui. Cette fête représente le temps appelé « l’administration de la plénitude des temps » (Éph 1:10a). C’est l’époque où s’accomplira le dessein de Dieu de « tout réunir en un dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre, en lui » (Éph 1:10b). Christ régnera alors sur la création, en tant que vrai Adam, avec son église en tant qu’épouse.
Avec les différents fruits et les branches de divers arbres, des cabanes ou tabernacles doivent être construites. Tout cela symbolise le fait d’être dans les bénédictions du pays promis. Nous pouvons appliquer les fruits des beaux arbres aux jouissances de la langue et de l’œil. Tout ce que nous goûtons et voyons est une bénédiction pour nos sens. Les branches de palmiers sont un symbole de victoire et de rafraîchissement (Jn 12:13 ; Apo 7:9 ; Exo 15:27). Le vert persistant des rameaux d’arbres touffus symbolise la jeunesse durable, tandis que les rameaux des saules du ruisseau montrent que le deuil est remplacé par une joyeuse allégresse.
La fête des tabernacles est un grand chant de louange en reconnaissance des grandes œuvres de Dieu. Il a tout accompli pour son peuple afin de l’amener à la bénédiction qu’Il avait promise. Il l’a fait sortir de l’esclavage d’Égypte et, par ses voies, l’a finalement amené au repos éternel. De même qu’Il a autrefois délivré son peuple du pouvoir de l’ennemi et l’a fait entrer dans le pays promis, de même, dans un avenir proche, Il sauvera son peuple de la détresse et le fera entrer dans la bénédiction promise. Ils ont renoncé à la bénédiction du pays à cause de leur infidélité. Cela n’arrivera plus à l’avenir. Il mettra ses lois dans leur cœur et son peuple Le servira. Il est digne de louanges éternelles, qu’Il recevra bientôt de la part de son peuple.
La joie qui sera bientôt la part d’Israël et de la création est déjà le privilège des croyants chaque jour (Jn 15:11 ; 16:24 ; 17:13 ; 1Jn 1:4). Ils peuvent jouir de cette joie parce qu’ils possèdent la nouvelle vie, la vie de Dieu, la vie éternelle. Ils jouiront bientôt parfaitement de cette vie éternelle, quand le Seigneur Jésus viendra enlever son église à Lui.