Introduction
Dans ce chapitre, nous arrivons à un point important de l’histoire d’Israël : la triste division du royaume en deux. Cette division a deux origines. La première est le péché de Salomon, comme le rapporte le chapitre précédent. La seconde est la folie de son fils, Roboam, ce que nous lisons dans ce chapitre.
L’histoire des deux royaumes issus de la séparation se divise globalement en trois périodes :
1. Au cours de la première période, qui va, pour Israël, de Jéroboam à Omri et, pour Juda, de Roboam à Asa (1 Rois 12-16), les deux royaumes sont hostiles l’un envers l’autre.
2. Cette inimitié cesse pendant la deuxième période, pour Israël sous Achab et ses fils Achazia et Joram, et pour Juda sous Josaphat, Joram et Achazia. Durant cette période, les deux maisons royales sont unies par un mariage et s’allient dans un combat commun contre des ennemis étrangers. Cette union prend fin lorsque Jéhu tue simultanément les deux rois, Joram d’Israël et Achazia de Juda (1 Rois 17:1 à 2 Rois 10:27).
3. Ce temps d’union est suivi d’une troisième période, qui commence pour Israël avec Jéhu et pour Juda avec Joas, au cours de laquelle il y a de nouveau aliénation et conflit entre les deux royaumes, jusqu’à ce que finalement le royaume d’Israël soit déporté par les Assyriens.
Après la division, le royaume du nord continue à être appelé « Israël ». L’histoire de ce royaume, celui des dix tribus, est une image de l’histoire de la chrétienté, ou du royaume des cieux. Nous voyons dans cette histoire l du peuple de Dieu à l’époque du Nouveau Testament, du point de vue de la responsabilité de l’homme.
L’histoire d’Israël montre ce qu’il est advenu de ce royaume, tout comme nous savons ce qu’il adviendra de la chrétienté. Nous trouvons l’histoire de la chrétienté en Apocalypse 2-3. Il existe un parallèle évident entre cette histoire et celle des dix tribus d’Israël (voir l’explication de 1 Rois 11:1-8).
Les grandes masses, tant des dix tribus que de la chrétienté, s’éloignent de plus en plus de Dieu. En revanche, pour Israël, il y a Juda, les deux tribus, où les rois règnent à partir de la lignée de David. Face à la multitude apostate de la chrétienté, il existe un reste qui demeure fidèle au Seigneur. Juda et le reste fidèle dans la chrétienté sont tous deux faibles, mais Dieu s’unit à eux. Au milieu d’eux, Il fait habiter son nom.
1 Roboam va à Sichem
1 Roboam alla à Sichem, car tout Israël était venu à Sichem pour le faire roi.
Salomon, l’homme le plus sage de la terre, est mort. Il laisse toutes ses richesses à un fils insensé. Roboam est un homme sans conviction. Il se laisse influencer par les autres, ce qui est évident dès le début. Roboam se rend à Sichem pour y être proclamé roi. Sichem est un lieu de compromis, situé en Éphraïm, mais aussi à la frontière des royaumes. C’est là que se réunissait autrefois l’assemblée du peuple (Jos 24:1), et c’est là qu’Abimélec, fils de Gédéon, s’est proclamé roi à l’époque des juges (Jug 9:1).
Roboam s’y rend parce que le peuple s’y est rendu. Il se laisse guider par la volonté du peuple plutôt que par celle de Dieu, qui a désigné Jérusalem comme lieu de son trône. En y allant, il cherche à préserver l’unité du peuple.
2 - 5 La demande d’allègement du joug dur
2 Quand Jéroboam, fils de Nebath, l’apprit (il était encore en Égypte, où il s’était enfui de devant le roi Salomon – Jéroboam habitait l’Égypte – 3 on le fit appeler), Jéroboam et toute l’assemblée d’Israël vinrent et parlèrent ainsi à Roboam : 4 Ton père a rendu notre joug dur ; et toi, maintenant, allège le dur service de ton père et son joug pesant qu’il a mis sur nous, et nous te servirons. 5 Allez-vous-en pour trois jours, leur dit-il, et revenez vers moi. Le peuple s’en alla.
Le peuple, dirigé par Jéroboam, n’agit pas bien non plus. À l’époque où ils voulaient un roi, Dieu les avait déjà avertis de ce que leur roi leur ferait (1Sam 8:11-18). Maintenant, ils veulent se débarrasser de ce joug. Jéroboam est appelé. Sous sa direction, le peuple se rend à Sichem, et Roboam propose d’alléger le dur joug que Salomon leur a imposé.
Nous voyons déjà ici que le peuple murmure. Ils posent leurs conditions : si Roboam fait ce qu’ils demandent, ils le serviront. Une telle attitude n’est pas convenable pour le peuple. Salomon a sans doute beaucoup exigé du peuple pour sa cour et ses nombreuses constructions. Cependant, il a aussi apporté au peuple la bénédiction de la paix tout au long de son règne et l’a rendu prospère. Ils mangeaient, buvaient, étaient joyeux et tous vivaient en sécurité (1Roi 4:20 ; 1Roi 5:5). Ils n’ont aucune raison de se plaindre.
Lorsqu’un homme oublie les bienfaits et les bénédictions que Dieu lui accorde et ne pense qu’à ses devoirs, il devient mécontent. Il a alors l’impression qu’un fardeau pesant lui est imposé. Il en est de même dans notre relation avec le Seigneur Jésus. Celui qui Lui pose des conditions, parce qu’il Le trouve trop dur, ne Le connaît pas et n’a aucune considération pour les nombreuses bénédictions qu’Il accorde.
6 - 7 Le conseil des anciens
6 Le roi Roboam tint conseil avec les vieillards qui s’étaient tenus devant Salomon, son père, pendant sa vie ; il leur dit : Comment conseillez-vous de répondre à ce peuple ? 7 Ils lui parlèrent ainsi : Si aujourd’hui tu deviens serviteur de ce peuple, et que tu les serves, et que tu leur répondes par de bonnes paroles, ils seront toujours tes serviteurs.
Plus clairement encore qu’au verset 1, il apparaît que Roboam n’a pas d’opinion propre et consulte les autres lorsque le peuple vient lui présenter une demande. Cette demande consiste à alléger le dur service que Salomon a imposé au peuple. Pour savoir comment y répondre, il demande un temps de réflexion. Il souhaite d’abord demander conseil. Demander conseil en soi n’est pas mauvais, mais il s’avère plus tard qu’il écoute les conseils de ses pairs. Ce sont ceux avec qui il a grandi ; après tout, c’est aussi avec eux qu’il devra passer son temps. Ces anciens ne seront bientôt plus là.
Les anciens donnent un bon conseil. L’attitude qu’ils recommandent à Roboam est la meilleure. Ils lui disent que le peuple le servira s’il veut être le serviteur du peuple. Un maître qui veut être un serviteur est un bon maître. C’est ce que nous voyons avec le Seigneur Jésus. Il servait les siens en tant que Seigneur et Maître (Jn 13: 14-15). C’est ainsi qu’Il était au milieu d’eux. Ce faisant, Il a laissé un exemple. Comme Il l’a fait, les siens doivent aussi se comporter envers les autres (Lc 22: 26-27).
8 - 11 Le conseil des jeunes gens
8 Mais il laissa [de côté] le conseil que les vieillards lui avaient donné, et tint conseil avec les jeunes gens qui avaient grandi avec lui et qui se tenaient devant lui ; 9 il leur dit : Que conseillez-vous que nous répondions à ce peuple, qui m’a parlé de cette façon : Allège le joug que ton père a mis sur nous ? 10 Les jeunes gens qui avaient grandi avec lui, lui parlèrent en ces termes : Tu répondras ainsi à ce peuple qui t’a parlé de cette façon : Ton père a rendu pesant notre joug ; toi, allège-le pour nous – tu leur répondras ainsi : Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père ; 11 et maintenant, mon père vous a chargé d’un joug pesant, moi j’ajouterai à votre joug ; mon père vous a corrigés avec des fouets, moi je vous corrigerai avec des scorpions.
Roboam ne se sent pas enclin à suivre le conseil des anciens ni à agir comme un serviteur. Il rejette leur conseil. Au lieu de consulter l’Éternel, il se tourne vers ses pairs et les interroge. Ces jeunes gens sont à son service. Comme lui, ils ne cherchent pas le bien-être du peuple. Ils ne pensent qu’à leur propre position, tout en sachant que Roboam aussi ne cherche que son propre intérêt. Les jeunes gens lui conseillent d’être dur. Il doit affirmer son autorité pour que tout le monde sache qui commande.
Ils lui recommandent d’alourdir le joug que Salomon a imposé au peuple et dont il se plaint. En disant « mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père », les jeunes gens veulent que Roboam fasse comprendre au peuple que son pouvoir est bien supérieur à celui de son père.
Leur conseil est celui de la jeunesse. Ils lui suggèrent d’agir encore plus durement que Salomon. Cela fait partie de l’attitude des jeunes : ils veulent faire leurs preuves. Cela ne correspond pas à l’attitude chrétienne ; il faut apprendre à s’effacer et à fuir les convoitises de la jeunesse (2Tim 2:22).
12 - 14 La dure réponse
12 Jéroboam et tout le peuple vinrent vers Roboam le troisième jour, conformément à la parole du roi : Revenez vers moi le troisième jour. 13 Le roi répondit au peuple avec dureté et laissa [de côté] le conseil que les vieillards lui avaient donné ; 14 il leur parla selon le conseil des jeunes gens : Mon père a rendu pesant votre joug, moi j’ajouterai à votre joug ; mon père vous a corrigés avec des fouets, moi je vous corrigerai avec des scorpions.
Roboam écoute le conseil des jeunes gens et le communique au peuple. Il donne raison au peuple dans son affirmation infondée selon laquelle son père leur avait imposé un joug pesant. Ce faisant, il n’honore pas son père. Il ne tient pas compte non plus de ce que son père, dans sa sagesse, a dit et agit comme un insensé (Pro 15:1 ; 16:18). Salomon a évoqué la possibilité de devoir laisser le fruit de tout son labeur à un fils insensé (Ecc 2:18-19). C’est ce qui se produit ici.
Roboam ne montre aucun respect envers son père. Ce que son père a accompli, il le présente comme insignifiant. Il met en avant sa propre grandeur. Toute son attitude révèle aussi à quel point il méprise le peuple.
15 Cela est dirigé par l’Éternel
15 Ainsi, le roi n’écouta pas le peuple, car cela était dirigé par l’Éternel, afin d’accomplir sa parole, celle que l’Éternel avait dite par Akhija, le Silonite, à Jéroboam, fils de Nebath.
Qu’il donne la réponse ferme : « cela était dirigé par l’Éternel ». Roboam n’aurait-il donc pas pu agir autrement ? Il l’aurait pu. C’est l’énigme que l’on retrouve si souvent dans l’Écriture. Regarde le Pharaon, par exemple, ou Judas, ou encore Israël. Regarde Israël. Ce peuple était-il obligé de livrer le Seigneur Jésus ? Non ! Pourtant, il l’a fait, parce qu’il ne voulait pas de Lui. Pourtant, il est aussi dit que le peuple L’a livré « selon le dessein arrêté et la préconnaissance de Dieu » (Act 2:23).
Dieu incite-t-il donc au péché ? Non, Il ne le fait jamais ; Il n’est jamais l’instigateur du péché. Qu’en est-il alors ? Il sait parfaitement qui est l’homme. Il sait comment intégrer les actions de l’homme, dont il est pleinement responsable, dans ses plans. Ainsi, l’homme, par ses actions volontaires, devient un collaborateur dans l’exécution des plans de Dieu. Nous voyons ici l’entrelacement du dessein de Dieu et de la responsabilité de l’homme, un entrelacement que nous ne pouvons pas comprendre. Nous le voyons aussi dans la conversion de l’homme et l’élection de Dieu.
Ici, par exemple, Roboam se rend coupable d’une réaction insensée, entraînant la rébellion du peuple. En revanche, cela se produit parce que cela est dirigé par l’Éternel, parce qu’Il l’a dit en réponse au comportement de Salomon.
16 - 20 La division est un fait
16 Lorsque tout Israël vit que le roi ne les avait pas écoutés, le peuple répondit au roi : Quelle part avons-nous en David ? Nous n’avons pas d’héritage dans le fils d’Isaï. À tes tentes, Israël ! Maintenant, David, regarde à ta maison ! Et Israël s’en alla à ses tentes. 17 Mais quant aux fils d’Israël qui habitaient dans les villes de Juda, Roboam régna sur eux. 18 Le roi Roboam envoya Adoram, qui était préposé aux corvées ; tout Israël le lapida avec des pierres, et il mourut. Alors le roi Roboam se hâta de monter sur un char pour s’enfuir à Jérusalem. 19 Israël se rebella contre la maison de David, [ce qui dure] jusqu’à ce jour. 20 Quand tout Israël apprit que Jéroboam était de retour, ils l’envoyèrent appeler à l’assemblée et l’établirent roi sur tout Israël. Il n’y eut que la tribu de Juda seule qui suive la maison de David.
Le langage ferme de Roboam a un effet dévastateur. Sa réponse dure donne aux mécontents l’excuse qu’ils cherchaient pour se soustraire à l’autorité de Roboam. Au verset 16, la division du royaume en deux parties est proclamée à haute voix et exécutée. Tout Israël se tourne contre la maison de David, à laquelle personne ne reste fidèle, à l’exception de la tribu de Juda (verset 20).
La mention du nom de « David » montre que la haine est plus profonde que celle envers le règne de Salomon. Elle expresse une jalousie profonde de la tribu d’Éphraïm envers Juda, la tribu de David. Éphraïm s’est toujours considérée comme la plus importante, mais n’a pas reçu cette place de la part de Dieu. Ainsi, la tribu refuse de se soumettre et saisit maintenant l’occasion de devenir la plus importante. Jéroboam devient roi sur tout Israël, à l’exception de la petite partie appartenant à la tribu de Juda. Pourtant, Jéroboam exerce aussi sa royauté là, car il est également roi sur les Israélites vivant en Juda.
Roboam semble aveugle à la situation. Comme si de rien n’était, il envoie le collecteur d’impôts Adoram en Israël pour collecter de l’argent pour lui. Cet Adoram rappelle mieux que quiconque le dur joug de Salomon, dont ils viennent de se débarrasser avec vigueur. Adoram est lapidé par tout Israël. S’enfuyant à la hâte, Roboam échappe de peu à la mort.
21 - 24 L’Éternel confirme la division
21 Roboam s’en alla à Jérusalem. Et il assembla toute la maison de Juda, avec la tribu de Benjamin, 180 000 hommes d’élite aptes à la guerre, pour faire la guerre à la maison d’Israël, afin de ramener le royaume à Roboam, fils de Salomon. 22 Alors la parole de Dieu vint à Shemahia, homme de Dieu, disant : 23 Dis à Roboam, fils de Salomon, roi de Juda, et à toute la maison de Juda et de Benjamin, et au reste du peuple : 24 Ainsi dit l’Éternel : Ne montez pas et ne faites pas la guerre à vos frères, les fils d’Israël ; retournez chacun à sa maison, car c’est par moi que ceci a eu lieu. Ils écoutèrent la parole de l’Éternel et, partant de là, s’en retournèrent selon la parole de l’Éternel.
Roboam ne se résigne pas à la situation. Conscient de son erreur, il veut réparer les dégâts. Il cherche à mater la rébellion et lève une armée puissante. Avec elle, il veut partir en guerre contre ses frères pour les soumettre. Il veut être, et sera, leur roi. Un plan terrible.
Mais il y a un témoin fidèle : Shemahia. Il est appelé avec insistance « homme de Dieu ». Dieu peut venir à lui avec sa Parole et l’utiliser pour faire connaître ses pensées dans une situation de confusion due à la volonté propre. Roboam est amené à se tourner vers Dieu.
Le message de Dieu, transmis par Shemahia, est le suivant : « C’est par moi que ceci a eu lieu. » La division du royaume n’est pas un événement survenu en dehors du gouvernement de Dieu. Elle n’a pas échappé à son contrôle. Pour Roboam, cette parole est une raison d’abandonner son intention. Les conséquences des péchés ne peuvent pas toujours être annulées. Il est sage de se résigner à la situation qui s’est présentée. On ne sait pas si la parole de l’homme de Dieu l’a conduit à une véritable repentance.
Il est aussi important de noter que lorsque la royauté décline, le service des prophètes passe au premier plan. Nous avons déjà rencontré Akhija, porteur d’un message pour Jéroboam à l’époque de la grande infidélité de Salomon (1Roi 11:29). À cette époque, nous entendons aussi parler des prophètes Nathan et Jehdo (2Chr 9:29). Maintenant, nous entendons parler de Shemahia. Par l’intermédiaire des prophètes, Dieu, dans sa grâce, continue de parler à son peuple pendant les périodes de déclin. Ils forment en quelque sorte le lien entre Lui et son peuple, un lien d’abord établi par les sacrificateurs. Pour nous, surtout dans les périodes de déclin, la parole de Dieu reste le lien entre le cœur et Dieu. À travers elle, Il nous communique ses pensées sur la voie à suivre au milieu du déclin.
C’est un grand encouragement de savoir, à propos de chaque situation, que le Seigneur dit : « C’est par moi que ceci a eu lieu. » Cela signifie que rien dans notre vie n’échappe à son contrôle. Toutes nos paroles, nos actions et nos délibérations, Il les connaît. Rien ne Lui est caché (Psa 139:1-6). Il connaît aussi les conséquences de tout ce que nous faisons. Il sait comment tout intégrer dans son plan pour notre vie, sans pour autant diminuer notre propre responsabilité. Les événements de notre vie dont nous nous souvenons avec honte (cf. Rom 6:21), Il sait encore les utiliser dans son but. Ce sera pour notre bien si nous nous soumettons à ses plans pour notre vie et si nous ajustons notre conduite en conséquence.
25 - 33 Une religion imaginée par lui-même
25 Jéroboam bâtit Sichem dans la montagne d’Éphraïm, et y habita ; il en sortit, et bâtit Penuel. 26 Jéroboam dit en son cœur : Maintenant le royaume retournera à la maison de David. 27 Si ce peuple monte pour offrir des sacrifices dans la maison de l’Éternel à Jérusalem, le cœur de ce peuple retournera à son seigneur, à Roboam, roi de Juda ; ils me tueront, et ils retourneront à Roboam, roi de Juda. 28 Le roi prit conseil, fit deux veaux d’or, et dit au peuple : C’est trop pour vous de monter à Jérusalem ; voici tes dieux, Israël ! qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. 29 Il en mit un à Béthel, et l’autre il le plaça à Dan. 30 Cela devint un péché : le peuple alla [marchant] devant l’un [des veaux] jusqu’à Dan. 31 Il fit une maison de hauts lieux et établit des sacrificateurs d’entre toutes les classes du peuple, lesquels n’étaient pas des fils de Lévi. 32 Jéroboam établit aussi une fête au huitième mois, le quinzième jour du mois, comme la fête qui [avait lieu] en Juda ; et il offrit [des sacrifices] sur l’autel. Il fit ainsi à Béthel, sacrifiant aux veaux qu’il avait faits, et il plaça à Béthel les sacrificateurs qu’il avait établis pour les hauts lieux. 33 Il offrit [des sacrifices] sur l’autel qu’il avait fait à Béthel, le quinzième jour du huitième mois, le mois qu’il avait imaginé dans son propre cœur ; et il fit une fête pour les fils d’Israël, et offrit sur l’autel, faisant fumer l’encens.
Jéroboam a aussi sa part de responsabilité. Dieu lui a indiqué comment obtenir sa bénédiction (1Roi 11:38). Cependant, il ne prête pas attention à Dieu. Il s’installe à Sichem, là où Roboam a été fait roi, et cela lui semble également une bonne résidence. Pour se protéger des ennemis venus du nord-est et de l’est, il fortifie Sichem et Penuel.
Il veut aussi assurer son pouvoir. Pour cela, il consulte « dans son cœur » et ne consulte pas Dieu. Il juge tout selon sa propre intelligence. Il ne pense pas à Lui pour demander ce qu’il doit faire. Il semble connaître le pouvoir de la religion. Le lien le plus fort qui unit les gens est la religion. Nous en avons un exemple clair dans Daniel 3 (Dan 3:1-7). Peu importe au diable de quelle religion il s’agit, tant qu’il ne s’agit pas du véritable culte rendu à Dieu.
Jéroboam sait que sa royauté prendra bientôt fin s’il n’agit pas rapidement dans ce domaine. C’est pourquoi, pour protéger son royaume d’un affaiblissement intérieur et même de la perte de son autorité, il décide d’introduire une nouvelle forme de religion. Il raisonne ainsi : si Jérusalem reste le centre religieux du royaume dont il est devenu roi, le peuple retournera « à son seigneur, à Roboam, roi de Juda », et il sera tué.
Dans ses délibérations, Jéroboam en vient à désigner pour les dix tribus certains lieux particuliers où elles pourront servir Dieu. Il en choisit un au sud de son royaume, Béthel, et un au nord, Dan. Béthel signifie ‘maison de Dieu’. Ce nom lui a été donné par Jacob après que l’Éternel lui est apparu à cet endroit (Gen 35:7). L’Éternel, a pu penser Jéroboam et l’expliquer à d’autres, ne pourrait-Il pas se révéler aux descendants de Jacob dans ce lieu saint autant qu’Il l’a fait à leur ancêtre à l’époque ?
Le lieu est aussi habilement choisi. Il y a déjà un culte d’images à cet endroit. Ainsi, les peuples vivant à proximité n’auront plus besoin de faire ce long voyage jusqu’à Jérusalem. Après tout, il est possible de servir Dieu beaucoup plus près de chez soi. C’est un plan soigneusement élaboré pour éviter que le peuple ne migre vers Jérusalem lors des fêtes annuelles, au risque de s’y attarder.
Pour rendre le tout encore plus attrayant, tout en allant ainsi à l’encontre de ce que Dieu a dit (Exo 20:4), il fait deux veaux d’or selon le modèle égyptien, un pour chaque lieu. Après tout, il est beaucoup plus facile de servir un dieu que l’on peut voir. De ces dieux, il dit qu’ils sont ceux qui ont fait sortir Israël l’Égypte (cf. Exo 32:4). Ceux-ci deviennent les nouveaux objets de culte (cf. Osé 8:5-6 ; 13:2). De plus, il construit de nouveaux temples et établit de nouveaux sacrificateurs, qui ne sont pas issus des Lévites. Pour compléter la religion qu’il a lui-même inventée, il introduit aussi une nouvelle fête, à un moment et dans un lieu différents de ceux prescrits par Dieu (verset 32 ; Lév 23:34,39,41 ; Deu 12:5).
Tout ce qu’il fait est une imitation de ce que Dieu a prescrit pour son peuple, de la manière dont Il veut être servi. Jéroboam imite tout, en faisant croire qu’il a l’approbation de Dieu. Cependant, c’est pernicieux, car il s’agit d’une religion voulue par lui-même. Toute substitution de ce que Dieu a dit par une interprétation humaine est une insulte à Dieu. L’homme pense savoir mieux que Lui. Le fait que le peuple accepte cette religion de substitution sans poser de questions prouve à quel point leur cœur est lui aussi éloigné de Dieu.
C’est ainsi que les choses se sont passées dans la chrétienté et qu’elles se passent encore. Avec des raisonnements toujours nouveaux, de plus en plus de choses se sont introduites dans la chrétienté ou ont défié Dieu. Nous le voyons surtout dans le catholicisme romain. Il y a fait une religion facile et tangible. Pour cela, les idoles païennes ont été recouvertes d’une apparence chrétienne. L’introduction de rituels de l’Ancien Testament, en prétendant qu’ils ont été institués par Dieu lui-même, est encore plus perverse.
La religion doit être facile et agréable à pratiquer. Il n’est pas nécessaire de consulter la parole de Dieu pour cela. En ce qui concerne le service sacerdotal, il ne devrait pas y avoir trop de difficultés non plus. Quiconque le veut sincèrement peut être sacrificateur et offrir des sacrifices. Il n’est certainement pas nécessaire que ce soit dans le lieu que Dieu a choisi. Tu peux le faire là où tu te sens à l’aise. La manière dont tu offres ensuite ces sacrifices n’est pas non plus si importante. Laisse-toi guider par tes sentiments ; après tout, Dieu t’a aussi donné ce sentiment. Enfin, tu n’as pas non plus à te soucier du moment où tu le fais. Les fêtes chrétiennes inventées sont l’occasion idéale d’exprimer tes sentiments religieux et de les flatter.
Dès que nous quittons le service du vrai Dieu, nous tombons dans l’idolâtrie, quelle qu’en soit la forme. Dieu indique clairement comment et où Il veut être servi. Tout écart par rapport à cela, même pour rendre ce service plus agréable, provient du royaume des ténèbres et constitue de l’idolâtrie. Un tel service éloigne de Dieu. Cela peut s’appliquer aujourd’hui aux systèmes ecclésiastiques dans lesquels le service de Dieu se fait d’une manière que l’on croit juste. Ces systèmes culmineront finalement dans l’église catholique romaine, qui sera une demeure de démons à la fin des temps (Apo 18:2).
Nous pouvons également appliquer cela aux églises où les influences charismatiques et l’expérience mystique se sont installées, tout en se présentant parfois comme des églises orthodoxes. Les formes modernes de pratique religieuse comprennent, par exemple, la prière de Jésus et la prière contemplative. Il s’agit de techniques directement issues des religions païennes, qui s’apparentent à la méditation, dans le but de rencontrer Dieu.
Quand le peuple adore un veau d’or peu après l’exode d’Égypte, le jugement de Dieu survient. Lorsque Jéroboam présente deux veaux d’or au peuple de Dieu, aucun jugement n’intervient immédiatement, mais Dieu permet au mal de se développer pleinement afin d’exécuter le jugement sur lui à la fin. Il en a été de même avec l’église. Au début, le mal est puni par la mort (Act 5:3-10), mais maintenant Dieu permet aux nombreuses formes de mal introduites dans l’église d’arriver à leur plein développement, afin d’exécuter le jugement sur elles à la fin.
Dans son audace, Jéroboam offre des sacrifices sur l’autel. Il le fait à l’occasion de l’imitation de la fête des tabernacles, au jour qu’il a lui-même imaginé dans son propre cœur. Il précède son peuple dans l’idolâtrie et veut en même temps lui montrer comment il faut faire. Après ses temples de contrefaçon, ses sacrificateurs de contrefaçon et sa fête de contrefaçon, il offre, en tant que sacrificateur-roi de contrefaçon, sur l’autel, qui est aussi un autel de contrefaçon. D’autres autels ont été ajoutés au fil du temps (Osé 8:11). C’est une religion entièrement humaine, conçue dans le cœur et l’esprit de Jéroboam. Cependant, c’est une religion qui n’est pas montée au cœur de Dieu (Jér 7:31 ; 19:5 ; 32:35) et qui Lui est tout à fait répréhensible.