1 Sion sera élevée
1 Et il arrivera, à la fin des jours, que la montagne de la maison de l’Éternel sera établie sur le sommet des montagnes, et sera élevée au-dessus des collines ; et les peuples y afflueront ;
De l’humiliation la plus profonde, décrite dans le dernier verset du chapitre précédent (Mic 3:12), Sion sera élevée à la plus haute gloire dans l’avenir. La dernière parole de Dieu n’est pas le jugement. En fait, la gloire ne peut venir qu’après le jugement du péché. C’est là la merveille de la croix. Chaque bénédiction est fondée sur l’œuvre de Christ sur la croix, aussi la bénédiction future d’Israël.
Il est frappant de constater que les trois premiers versets (versets 1-3) sont presque identiques à certains versets du début d’Ésaïe 2 (Ésa 2:2-4). Il est inutile de discuter pour savoir lequel des deux a copié l’autre. Tous deux ont écrit sous l’inspiration du Saint Esprit. Et Il a jugé bon qu’ils incluent tous deux dans leur prophétie la même scène avec les mêmes mots.
L’expression « à la fin des jours » est souvent utilisée par les prophètes (Jér 49:39 ; Dan 2:28 ; 10:14 ; Osé 3:5). Ils font ainsi référence au moment où le Messie prendra le pouvoir sur Israël (restauré) et sur le monde. Alors, le temps de la bénédiction pour Israël commencera. Les peuples partageront aussi cette bénédiction en venant au centre de cette bénédiction, la maison de l’Éternel à Jérusalem. À l’heure actuelle, les messagers du Seigneur se rendent auprès des peuples, mais alors, les peuples viendront de partout à Sion.
La montagne de la maison de l’Éternel est la montagne du Temple, la montagne de Morija. Si nous regardons cette montagne aujourd’hui, elle n’est pas littéralement « le sommet des montagnes ». D’un point de vue spirituel, cette montagne sera la plus haute à l’avenir. Ce qui fait de cette montagne la plus haute ou la plus appréciée, c’est le temple qui s’y trouve. Il n’est pas exclu qu’à l’avenir, la montagne du Temple soit aussi littéralement la plus haute montagne. Dieu peut accomplir cela. Au temps de la grande tribulation, d’énormes catastrophes naturelles se produiront (Apo 16:18). Il est possible que cela entraîne de grands changements dans les paysages et que, par exemple, la montagne du Temple s’élève au-dessus des collines.
Il y a aussi une signification spirituelle pour l’église aujourd’hui. L’église est maintenant la maison de Dieu (1Tim 3:15). Dieu a établi l’église sur la terre pour qu’elle soit la colonne et le soutien de la vérité, afin de garder et de défendre la vérité. Lorsque les croyants servent fidèlement le Seigneur Jésus en obéissant à sa Parole, ils répondent au dessein de Dieu pour l’église. Leur vie est alors, sur le plan moral, bien supérieure à celle des personnes qui ne tiennent pas compte de Dieu. Il peut en résulter que les incrédules soient attirés et apprennent à connaître ce Dieu.
2 La loi sortira de Sion
2 et beaucoup de nations iront, et diront : “Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers.” Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem, la parole de l’Éternel.
Comme la maison du Dieu de Jacob est établi sur le sommet des montagnes, beaucoup de nations y iront. Elles viendront alors de Washington, Bruxelles, Moscou et toutes les autres villes où se décide actuellement la politique mondiale, pour apprendre du « Dieu de Jacob ». Au lieu de se rassembler pour combattre Jérusalem (verset 11), elles viendront parce qu’elles veulent apprendre de Dieu comment Il veut qu’elles marchent (cf. Zac 8:20-23).
L’instruction se trouve dans « ses voies », les voies de l’Éternel, la manière dont Il agit. En les étudiant, ils apprendront comment ils doivent eux-mêmes marcher. Ces voies sont celles que Dieu a empruntées et emprunte encore dans sa relation avec les hommes, et sur lesquelles Il les conduit. Avec l’incitation « venez », ils s’encourageront mutuellement à suivre cette instruction.
Les paroles « car de Sion », etc. sont à nouveau les paroles du prophète et non celles du peuple. Ils indiquent la raison pour laquelle les nations montrent tant de zèle pour se rendre à la montagne de l’Éternel. Sion est la source de la loi, la constitution du royaume. C’est là que les nations puisent l’instruction pour marcher dans les voies de Dieu. Avec la connaissance de la loi qu’elles y ont acquise et acceptée, elles retournent dans leur patrie. Là, elles transmettent l’instruction de la loi qu’elles ont reçu, afin que leur peuple marche en conformité avec celle-ci.
L’ordre est important : d’abord l’instruction, puis la pratique. Ce n’est qu’après avoir appris de l’Éternel que nous pouvons marcher dans ses voies. Le chrétien qui vit en paix avec Dieu aura dans son cœur le même désir que les nations auront bientôt. Pour lui, il n’y a pas de contradiction entre la pratique et l’enseignement de l’Écriture. Il n’y aura pas de mépris pour l’étude de l’Écriture, comme si cela se résumait uniquement à un christianisme pratique. Comment peut-il y avoir de la pratique si nous n’avons pas appris ce que nous devons mettre en pratique ?
3 Plus de guerre
3 Et il jugera au milieu de beaucoup de peuples, et prononcera le droit à de fortes nations jusqu’au loin ; et de leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes : une nation ne lèvera pas l’épée contre une [autre] nation, et on n’apprendra plus la guerre.
Venir au Seigneur Jésus, le Messie, pour recevoir son enseignement, ne reste pas sans résultat. Lorsque les différends entre les hommes sont résolus, c’est le fruit de l’écoute de la loi et des paroles de l’Éternel.
Aujourd’hui, les nations s’élèvent encore contre Israël, mais alors le Messie, le Seigneur Jésus, régnera Lui-même. Il sera Roi et Docteur, mais aussi Juge dans tous les différends entre les nations jusqu’aux bouts de la terre. À cette époque, il ne sera plus nécessaire de recourir aux armes, car l’Éternel régnera dans la paix. Toutes les armes conçues pour détruire seront transformées en outils qui favoriseront le bien-être général. C’est l’inverse de la situation où le peuple se rassemble contre Israël pour la dernière grande bataille (Jl 3:9-10a), afin d’être vaincu par Christ.
Les académies militaires seront fermées, elles auront fait leur temps. Cette période de paix n’est pas le résultat des efforts d’organisations humaines telles que les Nations Unies ou les alliances. Celles-ci ne sont pratiquement jamais d’accord entre elles, car elles poursuivent toujours leurs propres intérêts. Comment pourraient-elles alors créer une situation de paix générale ? Jamais un homme ou une alliance, aussi bien intentionnés soient-ils, n’atteindront ce résultat. La quête sot d’un monde sans guerre revient à essayer de recueillir de l’eau dans une passoire. Seul le Seigneur Jésus pourra abolir la guerre et instaurer une paix durable.
Si la paix n’est pas encore présente sur toute la terre, elle se trouve cependant dans le cœur et la vie des croyants (Rom 14:17). Les personnes qui se haïssaient auparavant deviennent, par leur conversion à Dieu et leur foi en le Seigneur Jésus, des personnes qui s’aiment les unes les autres (Tit 3:2-3). Les personnes colériques et impulsives, qui sont violentes et brutales dans leur nature pécheresse, deviennent douces et humbles. Ceux qui, avant leur conversion, offensaient tout le monde et ne supportaient personne, peuvent après leur conversion supporter toutes les offenses et ne font de mal à personne.
4 Le royaume de paix est arrivé
4 Et ils s’assiéront chacun sous sa vigne et sous son figuier, et il n’y aura personne qui les effraie : car la bouche de l’Éternel des armées a parlé.
Ce verset, qui ne figure pas en Ésaïe 2, est une continuation de la description du royaume de paix. Après l’instauration de la paix, nous voyons ici la jouissance de la paix. « S’asseoir » évoque une attitude de repos. Cette scène rayonne de la certitude d’une sécurité totale, d’une paix imperturbable et d’une joie permanente.
Nous connaissons cette scène du règne de Salomon (1Roi 5:5). Salomon est un magnifique exemple du Seigneur Jésus en tant que Prince de paix. Le nom Salomon signifie ‘paix’. L’Éternel dit de lui à David : « Voici, un fils te naîtra ; lui, sera un homme de paix ; et je lui donnerai du repos de tous ses ennemis tout autour ; car son nom sera Salomon. Et en ses jours je donnerai paix et tranquillité à Israël » (1Chr 22:9).
La vigne est le symbole de la joie et le figuier celui de la justice. Il y a de la joie, mais d’une manière qui correspond à la justice de Dieu. La joie suit l’exercice des jugements justes de Dieu. En conséquence, les Israélites jouissent de toutes ces bénédictions, qu’ils partageront également entre eux, ce qui ne fera qu’accroître leur joie (Zac 3:10).
Ce que nous voyons ici, c’est une image de paix en dehors des lieux de résidence habituels. Aussi en plein champ, il y a sécurité et plaisir. Il n’y a pas de pauvreté, personne ne tendra la main vers les biens d’autrui, il n’y a pas de crainte de la guerre et de la perte des biens, pas de crainte que la vie harmonieuse soit perturbée (Lév 26:6). Ce n’est pas une utopie, mais cela deviendra réalité. Dieu l’a dit, et c’est pourquoi cela arrivera.
5 Marcher au nom de l’Éternel
5 Car tous les peuples marcheront, chacun au nom de son dieu ; et nous, nous marcherons au nom de l’Éternel, notre Dieu, à toujours et à perpétuité.
La première partie du verset ne fait pas référence à l’avenir, mais à la situation actuelle. En effet, dans le royaume de paix, personne ne marche au nom de son propre dieu. Michée déclare que les peuples marchent actuellement chacun au nom de son propre dieu. Mais Israël, dans le temps de bénédiction et de paix qui vient d’être décrit, marchera dans la puissance et la force de son Dieu et l’adorera.
C’est uniquement par son nom que la paix vient et demeure (Zac 10:12), tandis que tous les noms des dieux des peuples ne peuvent rien accomplir, et encore moins maintenir. D’innombrables peuples marchent au nom du pape, ou de Bouddha, ou de Mahomet. Ils n’ont apporté aucune solution aux problèmes mondiaux, et certainement pas en ce qui concerne la question du péché. Tous leurs efforts n’ont fait qu’accroître l’apostasie de Dieu.
Marcher au nom de l’Éternel signifie plus que simplement respecter les exigences religieuses liées à Dieu. Cela signifie vivre en s’appuyant sur la puissance de Dieu, à travers laquelle se révèle qui Il est. Marcher au nom d’une idole est limité. Marcher en s’appuyant sur l’Éternel, notre Dieu, est « à toujours et à perpétuité », c’est-à-dire sans fin. Son peuple et tous ceux qui sont en relation avec Lui expérimenteront éternellement sa puissance.
6 Rassemblé et recueilli
6 En ce jour-là, dit l’Éternel, je rassemblerai celle qui boitait, et je recueillerai celle qui était chassée et celle sur laquelle j’avais fait venir du mal.
Avant qu’Israël puisse jouir des gloires et des bénédictions sous le règne du Messie, il doit d’abord être rassemblé à partir de sa dispersion mondiale et ramené dans son propre pays. C’est l’Éternel aussi qui le fera, dit Michée.
« Ce jour-là » désigne la même période que « la fin des jours » au verset 1. « Recueillera celle qui était chassée » est la même image qu’en Michée 2 (Mic 2:12-13). Il s’agit là de « Jacob, [...] tout entier », les deux royaumes, en route vers le repos. Il s’agit ici de ceux qui ont été chassés et qui sont maintenant présentés comme ayant atteint le repos. Dans les deux cas – « celle qui boitent » et « celle qui était chassée » – il s’agit d’un reste.
7 Un reste devient , une nation forte
7 Et je ferai de celle qui boitait, un reste, et de celle qui avait été repoussée au loin, une nation forte ; et l’Éternel régnera sur eux, en la montagne de Sion, dès lors et à toujours.
Les brebis sont en mauvais état. Elles reconnaîtront que cela est la conséquence de leurs péchés et que l’Éternel a dû les punir pour cela. Grâce à cette reconnaissance, Il ne les détruira pas davantage, mais en fera un reste. Ensuite, Il les multipliera et les rendra forts (Ésa 60:22). Il régnera sur eux « en la montagne de Sion », la montagne qui symbolise la grâce de Dieu (Héb 12:22). Son règne bienveillant sera sans fin (Dan 2:44).
8 La domination première rétablie
8 Et toi, tour du troupeau, colline élevée de la fille de Sion, à toi arrivera et viendra la domination première, – le royaume, à la fille de Jérusalem.
Migdal-Éder – traduit ici par « tour du troupeau » – se trouve entre Bethléhem et Hébron (Gen 35:21). C’est là que Ruben a commis le grave péché d’avoir eu des relations sexuelles avec Bilha, la concubine de son père. Il a ainsi perdu son droit d’aînesse (Gen 49:4 ; 1Chr 5:1).
« La domination première » renvoie à l’époque où David et Salomon régnaient sur Israël. Leur règne est une image du règne du vrai David. Quand Christ régnera en tant que Fils de David, « la fille de Jérusalem », c’est-à-dire les habitants de Jérusalem, régnera avec Lui. La domination des nations sur Jérusalem aura alors définitivement pris fin.
9 Pousser des cris
9 Maintenant, pourquoi pousses-tu des cris ? N’y a-t-il pas de roi au milieu de toi ? Ton conseiller a-t-il péri ? car l’angoisse t’a saisie, comme une femme qui enfante.
Après la vision merveilleuse d’un avenir lointain dans les versets précédents, nous sommes soudainement ramenés à la crise actuelle. Le prophète revient à la période sombre du futur proche qui est sur le point de s’abattre sur le peuple. Bien qu’il faille encore attendre un siècle, Michée parle en termes émouvants du siège du roi de Babylone et de son invasion de Juda. La captivité à Babylone est imminente. Cela causera une grande douleur. La douleur qu’ils ressentiront à cause de la perte de leur souveraineté nationale est comparée à celle d’une femme en travail (Jér 6:24).
Le prophète leur demande pourquoi ils ne vont pas voir leur roi et leur conseiller. Ce sont des questions ironiques, posées à un peuple qui ne prend pas la menace au sérieux. Leur roi, en qui ils ont confiance, ne sera pas là en ces temps difficiles. Leur conseiller, qui leur a si souvent donné de précieux conseils, sera introuvable.
10 D’abord à Babylone, puis sauvé
10 Sois dans l’angoisse et gémis, fille de Sion, comme une femme qui enfante ; car maintenant tu sortiras de la ville, et tu habiteras aux champs, et tu viendras jusqu’à Babylone ; là, tu seras délivrée ; là, l’Éternel te rachètera de la main de tes ennemis.
Dans ce seul verset, Michée parle d’abord de la chute de Jérusalem et de la déportation à Babylone, puis, sans reprendre son souffle, de la délivrance. Cette façon de s’exprimer ne vise en aucun cas à diminuer la responsabilité d’Israël. Le peuple ira en captivité à cause de ses péchés. Mais il en sera tout aussi certainement délivré grâce aux promesses que Dieu a faites dans sa miséricorde, sans aucune obligation de la part du peuple.
Une première réalisation de cette promesse a eu lieu sous Cyrus (Esd 1:1 ; Ésa 43:14 ; 44:28 ; 45:1-4 ; 48:20). Babylone a été le fléau dans la main de Dieu pour châtier son peuple, mais Babylone elle-même sera jugée par Cyrus.
Le message de ce verset est le suivant : vous devrez souffrir, mais cette souffrance se terminera par la joie. Les douleurs de l’enfantement sont terribles, mais la joie vient après la naissance (Jn 16:21).
11 De nombreux nations marchent contre Sion
11 Et maintenant sont rassemblées contre toi beaucoup de nations qui disent : “Qu’elle soit profanée, que notre œil se repaisse de Sion !”
Entre le verset 10 et le verset 11, il y a une longue période que Michée ne mentionne pas. Du siège imminent par Nebucadnetsar, le prophète passe au siège dans les derniers jours. C’est alors que les nations rassemblées lanceront leur dernière grande attaque contre Jérusalem. Nous en lisons en Joël 4 et Zacharie 12 et 14.
Au verset 2, nous avons aussi vu les nations se rassembler, mais là, avec le désir d’être enseignées. Avant d’en arriver là, les nations viennent avec l’intention de détruire définitivement la ville et le peuple de Dieu. Elles veulent profaner la ville en détruisant tous les lieux saints, et en particulier le temple. Elles sont dérangées par sa sainteté, elles ne supportent pas que cette ville soit consacrée à Dieu.
Les ennemis se réjouissent de la souffrance qu’ils infligeront aux habitants de Jérusalem. La raison profonde de leur attaque est leur haine contre le Roi de Dieu. C’est contre Lui qu’ils s’opposent. Tout comme ils L’ont rejeté lorsqu’Il était sur la terre, ils voudront le faire à nouveau. Ils ne Le supportent pas parce qu’Il contrecarre leurs plans.
12 L’Éternel amasse les nations pour les juger
12 Mais elles ne connaissent pas les pensées de l’Éternel et ne comprennent pas son dessein ; car il les a amassées comme les gerbes sur l’aire.
Mais les nations ne connaissent pas l’amour, la sagesse et la miséricorde de Dieu envers son peuple. Elles ne réalisent pas non plus que tous leurs plans les mèneront exactement là où Dieu veut qu’elles aillent. Lorsque les ennemis se rassemblent devant Sion pour en finir avec elle, l’Éternel décide d’en finir avec ces ennemis. Il les amasse comme les gerbes sur l’aire pour les écraser complètement (Jér 51:33).
Le roi d’Assyrie est un instrument entre les mains de Dieu pour châtier son peuple. Dieu veut le conduire à la repentance par ce châtiment. Mais ce n’est pas ce que pense le roi d’Assyrie quand il monte contre le peuple de Dieu (Ésa 10:7). Dieu utilise les pensées arbitraires des hommes et des nations pour accomplir ses propres plans. Il en est aussi de même ici. Les nations se sont rassemblées contre Sion comme des guerriers sur le champ, mais Dieu les amasse comme les gerbes sur l’aire (cf. Apo 16:14,16) pour les écraser.
Elles n’auraient pas pu être détruites aussi facilement et aussi complètement s’elles n’avaient pas été amassées contre Sion. De la même manière, les plans des ennemis contre l’église s’avèrent être le moyen de leur propre destruction. Ils provoquent leur propre chute lorsque leurs pieds sont pris dans le filet qu’ils ont caché pour les autres.
13 Sion écrase les peuples
13 Lève-toi et foule, fille de Sion, car je ferai ta corne de fer, et je ferai tes sabots de bronze, et tu broieras beaucoup de peuples ; et je consacrerai leur butin à l’Éternel, et leurs biens au Seigneur de toute la terre.
Il laissera le jugement des peuples méchants aux habitants opprimés de Jérusalem. Il les rendra forts à cette fin. Ce jugement n’est pas une expression vindicative d’offense, mais il sera rendu à la gloire de Dieu. Le butin de guerre sera consacré ou voué à l’Éternel (Lév 27:28). Cela peut se faire, par exemple, en décorant le temple avec. Dans tous les cas, cela servira à la plus grande gloire de son royaume.
« L’Éternel », Yahvé, le Dieu de l’alliance avec son peuple, sera connu en ce jour-là comme « le Seigneur », Adonai, le Dominateur, « de toute la terre ». Tout Lui appartient. Il reprend tout ce que les nations se sont approprié injustement et avec quoi elles se sont rebellées contre Lui.
Sion aura l’honneur de triompher des nations, lorsqu’elles seront rassemblé comme des gerbes sur l’aire. Au lieu de les craindre et de les fuir, elle agira avec force contre ses ennemis. La peur régnera alors parmi ses ennemis et ceux-ci tenteront de fuir.
Face à ses ennemis, l’Éternel rendra leur corne – la corne est une image de puissance – en fer. Elle les repoussera avec la corne. Il lui donne aussi des sabots de bronze pour les piétiner. De cette manière, elle écrasera les nombreux peuples qui l’ont piétinée pendant si longtemps.
Quand le temps de Dieu sera venu, la fille de Babylone sera transformée en aire (Jér 51:33). Et le petit ver Jacob sera le battage, avec lequel Dieu battra et broiera les montagnes et traitera les collines comme de la balle (Ésa 41:14-15). La situation sera alors inversée, car auparavant, Jacob était l’aire et Babylone le battage (Ésa 21:10).
Lorsque Dieu promet la victoire à son peuple, Il l’arme aussi de force et de compétence. La fille de Sion doit en faire usage. Elle n’a pas de force en elle-même. Mais elle doit aussi se lever. C’est à elle qu’il incombe de battre le grain. L’honneur de la victoire revient à Dieu. Sion apportera le blé battu comme offrande de gâteau sur l’autel de Dieu. Le butin, obtenu grâce à la victoire de Sion, sera apporté dans le sanctuaire et consacré à Dieu (cf. Nom 31:28 ; Jos 6:17).
Sur tout ce que nous possédons, il doit être écrit « Sainteté à l’Éternel » (Zac 14:20-21). Des bénédictions extraordinaires appellent une gratitude extraordinaire. Dieu nous a permis d’obtenir réellement tout ce que nous possédons. C’est pourquoi Il doit être glorifié avec tout ce qui est devenu notre part.
14 Le juge d’Israël frappé sur la joue
14 Maintenant, attroupe-toi, fille de troupes ; il a mis le siège contre nous ; ils frappent le juge d’Israël avec une baguette sur la joue.
Plusieurs explications ont été données pour ce verset. Cela signifie que sa signification n’est pas évidente. Il semble que ce verset comporte trois parties, chacune ayant son propre sujet. Il existe un lien évident entre les parties ou les sujets.
La première ligne est un appel de l’Éternel à l’Assyrie, la « fille de troupe ». L’Assyrie est appelée à se regrouper et à se mettre en ordre de bataille pour marcher contre Jérusalem (cf. Jl 2:9-12a ; Psa 83:1-9).
Dans la deuxième ligne, nous entendons ce que dit le reste fidèle. Ils voient les armées arriver. Ils reconnaissent qu’elles sont envoyées par l’Éternel comme le jugement inévitable de l’idolâtrie de la masse incrédule des Juifs. Par le mot « nous », Michée s’identifie à la partie de la population qui est fidèle à l’Éternel. Il prend place en esprit avec eux dans la ville assiégée.
Dans les troisième et quatrième lignes, le prophète donne la cause du jugement, la réponse à la question du pourquoi de ce siège. La traduction correcte de cette partie est : « Ils ont frappé le juge d’Israël avec une baguette sur la joue. » Il s’agit ici du rejet du Seigneur Jésus, car Il est « le juge d’Israël ». Il est appelé ainsi parce qu’Il détient le pouvoir judiciaire, alors qu’Il a été traité et condamné de manière si injuste. ‘Frapper sur la joue signifie traiter avec mépris (cf. 1Roi 22:24 ; Job 16:10).
Toute la détresse et la tribulation qui frapperont Jérusalem à l’avenir sont le résultat de leur rejet du Messie, le Roi oint de Dieu. Ils L’ont humilié et maltraité. C’est pourquoi la colère de Dieu s’abat sur eux, une colère qu’Il exerce en envoyant contre eux des peuples hostiles.
Michée 5