1 - 6 La guérison d’une main paralysée
1 Il entra encore dans la synagogue ; et il s’y trouvait un homme qui avait la main paralysée. 2 Ils observaient Jésus [pour voir] s’il le guérirait le jour du sabbat, afin de l’accuser. 3 Il dit alors à l’homme qui avait la main paralysée : Lève-toi là devant tous. 4 Puis il leur dit : Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal ? de sauver la vie ou de tuer ? Mais ils gardaient le silence. 5 Après les avoir regardés à la ronde avec colère, étant attristé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme : Étends ta main. Il l’étendit, et sa main fut rétablie. 6 Alors les pharisiens, sortant aussitôt avec les hérodiens, tinrent conseil contre lui pour le faire périr.
Le Seigneur entre à nouveau dans la synagogue (Mc 1:21). La synagogue est le lieu où le peuple de Dieu se rassemble et où l’on étudie la loi. Il y entre pour chercher une personne ayant besoin de Lui et qu’Il veut rendre capable de jouir des bénédictions. C’est le sabbat, l’occasion d’annoncer la Parole dans la synagogue. Parmi les personnes présentes, il y a quelqu’un qui a la main paralysée. Il ne peut pas cueillir les épis, ni les écraser, ni les manger (cf. Mc 2:23), il ne peut donc pas profiter des bénédictions de Dieu. Mais maintenant, le bon don vient à lui en la personne de Christ.
Les adversaires du Seigneur sont également présents. Ils observent à la fois sa bonté et l’homme qui en a besoin. Dans leur esprit, ils les associent. Ils supposent qu’en ce jour de sabbat, Il ne se laissera pas empêcher de guérir l’homme. Dans leur cœur, cependant, il y a de la haine envers sa bonté, il de l’indifférence envers les besoins de l’homme. Tout ce qui leur importe, c’est de respecter leurs préceptes.
Il est frappant de constater que Satan pressent instinctivement ce que le Seigneur va faire. De même, le monde sait ce qu’un enfant de Dieu fera ou devrait faire. Par exemple, le monde est surpris lorsqu’il trouve un chrétien dans un environnement où il n’a pas sa place.
Le Seigneur accepte le défi tacite et place l’homme devant tous, afin que tous soient témoins de cet acte de miséricorde. Il donne de la publicité à la guérison de façon très ouverte, montrant à tous ce qu’est la miséricorde. Il invite en quelque sorte tout le monde à y participer. L’homme aussi doit faire quelque chose Il doit prendre la place que le Seigneur lui assigne, devant tous. Il devient ainsi pour tous la preuve visible de la grâce que Christ lui accordera.
Avant de guérir, le Seigneur veut faire appel à la conscience de ses adversaires en leur posant une question sur l’objectif du sabbat. Comme il doit être mauvais, un système qui nécessite de se demander s’il est permis de faire du bien ! Sa question est de savoir si un acte de miséricorde accompli le jour du sabbat devient une violation de la loi parce qu’il est accompli le jour-là. Il est venu pour faire du bien. Il y a un besoin ici. C’est pourquoi Il fait du bien. Au contraire, ce serait un péché de ne pas le faire (Jac 4:17). Son acte de bonté signifie pour l’homme qu’il pourra vivre. La loi tue, mais le Seigneur est venu pour donner la vie.
Ses ennemis ne répondent pas à sa question. Ils savent quelle est la bonne réponse, mais ne veulent pas la donner. Ils Le détestent, Lui et sa bonté, parce qu’Il ne s’oppose pas aux lois qu’ils ont eux-mêmes établies.
Nous voyons clairement comment l’ancien système, fondé sur ce que l’homme doit être pour Dieu, est remplacé par ce que Dieu est pour l’homme. L’ancien système a été établi par Dieu, mais il a été modifié par l’homme en un système de haine contre la pleine révélation de Dieu en Christ. Christ n’est pas là pour soutenir les pharisiens dans leurs pensées concernant la loi, mais pour prouver sa propre grâce. Les lois de Dieu n’ont jamais eu pour but de bloquer sa bonté.
À leur silence, le Seigneur répond par un regard perçant avec lequel Il regarde dans les yeux tous ses opposants autour de Lui. [L’expression que le Seigneur a regardé les personnes « à la ronde » se retrouve cinq fois dans cet Évangile (Mc 3:5,34 ; 5:32 ; 10:23 ; 11:11). L’expression revient une sixième fois, mais concerne alors les disciples (Mc 9:8)]. Son regard est un regard de colère. En même temps, il y a de la tristesse dans son cœur. Il est en colère à cause de leur péché de manque de miséricorde, pour lequel ils recevront un jour sa pleine colère. Il est attristé parce qu’Il voit l’endurcissement de leur cœur, qu’ils ne veulent pas se repentir. Dieu déteste le péché et aime le pécheur. Ces deux sentiments sont simultanément présents chez Lui de manière parfaite.
Alors qu’Il regarde ses adversaires de cette manière, Il adresse ses paroles de guérison à l’homme. L’homme doit à nouveau faire quelque chose lui-même Il doit étendre sa main. Il le fait et sa main est rétablie. L’obéissance à ce que Dieu dit entraîne toujours une bénédiction. L’homme aurait pu dire : ‘Je ne peux pas, car ma main est paralysée.’ Mais l’obéissance à ce que dit le Seigneur s’accompagne toujours du pouvoir qu’Il accorde Lui-même pour accomplir ce qu’Il dit.
La réaction des zélateurs de la loi est de délibérer contre Lui pour Le mettre à mort. Comme s’il n’y avait pas de commandement : « Tu ne commettras pas de meurtre » (Exo 20:13) ! C’est du pharisaïsme. Ils passent le jour du sabbat à planifier de faire le mal et de tuer, tandis que Lui fait le bien et préserve une vie. Quel contraste saisissant ! Quelle tristesse pour Lui !
Ils ne voient pas non plus comme un problème le fait de s’associer aux hérodiens impies, ces personnes qui, pour des raisons égoïstes, soutiennent la politique impie d’Hérode. Eux qui, par nature, sont ennemis les uns des autres, se retrouvent ici dans leur haine du Christ. C’est aussi ce que nous retrouvons plus tard avec Pilate et Hérode (Lc 23:12). Cette délibération des pharisiens et des hérodiens est la première délibération contre Christ pour Le faire périr.
7 - 12 Beaucoup sont guéris
7 Jésus se retira avec ses disciples vers la mer ; une grande multitude le suivit de la Galilée, 8 de la Judée, de Jérusalem, de l’Idumée et de l’autre côté du Jourdain. Et ceux des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant appris tout ce qu’il faisait, vinrent vers lui. 9 Il demanda à ses disciples qu’une petite barque soit là à sa disposition, à cause de la foule, afin qu’elle ne le presse pas ; 10 car il en guérit beaucoup, de sorte que tous ceux qui souffraient de quelque mal se jetaient sur lui afin de le toucher. 11 Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se jetaient devant lui et s’écriaient : Tu es le Fils de Dieu. 12 Mais il leur défendait sévèrement de le faire connaître.
L’opposition a pour conséquence le retrait du Seigneur. Cela ne signifie pas que l’opposition arrête le flux de la bénédiction de Dieu, ce qui est impossible. Au contraire, l’opposition offre l’occasion de diriger ce flux dans une autre direction et de l’élargir, afin qu’un plus grand nombre de personnes puissent en bénéficier. La mer représente le vaste champ d’activité du Seigneur. Les gens viennent à Lui de tous côtés, ayant entendu parler de ses actes de bénédiction. Ainsi, la bénédiction de Dieu continue de couler pour la joie éternelle des pauvres et des nécessiteux qui se prosternent devant Christ.
Pour éviter d’être pressé par la foule, Il prend des précautions. Lui, le Dieu tout-puissant, utilise des moyens humains à cette fin. Il aurait pu se frayer un chemin parmi les gens, comme lorsqu’ils voulaient Le précipiter du haut de la montagne (Lc 4:29-30). Ici, cependant, Il n’a pas affaire à des adversaires, mais à des personnes qui ont besoin de Lui.
Le pouvoir du Seigneur de guérir est présent. Quiconque a besoin de lui peut venir à Lui et Le toucher. Il reste toujours accessible à ceux qui ont besoin de Lui. Il guérit non seulement les malades physiques, mais aussi ceux qui sont possédés. Les esprits impurs ne peuvent pas se taire en sa présence. Dans l’homme en qui ils habitent, ils se jettent devant Lui et confessent son nom en criant. ‘Crier’ désigne une reconnaissance forcée, exprimée de manière extatique. Les rachetés ne confessent pas son nom à haute voix, mais volontairement, profondément reconnaissants, avec raison et intelligence spirituelle.
Il s’emploie ainsi à faire du bien aux hommes et les délivre, sans rien rechercher pour Lui-même. Il ne veut pas que les démons confessent ouvertement son nom. Il n’accepte pas le témoignage de l’homme en tant que tel, et encore moins celui des démons. Quelle est la valeur d’une reconnaissance de qui Il est, si cette reconnaissance n’a pas été opérée par l’Esprit de Dieu ?
13 - 19 L’appel des douze
13 Puis il monte sur une montagne et appelle à lui ceux qu’il voulait ; ils vinrent à lui, 14 et il en établit douze pour être avec lui, 15 pour les envoyer prêcher et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons : 16 Simon (il le surnomma Pierre) ; 17 Jacques le [fils] de Zébédée et Jean le frère de Jacques (il les surnomma Boanergès, ce qui signifie : fils de tonnerre) ; 18 André, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques le [fils] d’Alphée, Thaddée, 19 Simon le Cananéen, et Judas Iscariote – celui qui le livra.
Tous les miracles accomplis par le Seigneur Il les fait avec effort. Il donne toujours de Lui-même dans ces miracles. Après une journée ou une période d’activité en faveur des hommes, Il a besoin de prendre du temps pour être avec son Dieu. C’est ce qu’Il fait maintenant, mais en même temps, Il veut impliquer les autres dans ses activités. En véritable serviteur, Il souhaite enseigner aux autres comment devenir serviteurs en suivant son exemple. C’est pourquoi Il monte sur une montagne. Il se sépare des hommes pour aller vers Dieu et, par une élection souveraine, Il appelle ceux qu’Il veut. Et ils viennent.
En montant sur la montagne, Il montre que l’origine de son service vient du ciel et non des hommes. Sur la montagne, Il appelle les disciples à Lui, montrant également que l’origine de leur ministère est le ciel et non les hommes (Act 13:1-4 ; Gal 1:1). De même qu’Il est sorti pour prêcher (Mc 1:38), Il donne le même ordre à ceux qu’Il appelle.
Tout commence par le fait que les douze sont « avec lui ». Prêcher aux autres doit partir de sa présence. C’est Lui qui détermine le moment de l’envoi. Lorsque leur formation sera terminée, les douze seront envoyés. Ayant reçu l’ordre de prêcher, ils reçoivent aussi le pouvoir de chasser les démons. Les miracles ne sont jamais des événements isolés. Ils servent à appuyer la parole annoncée (Héb 2:3-4).
C’est le Seigneur qui les établit. Il a cette autorité parce qu’Il est le Fils de Dieu (Mc 1:1). Il donne aussi un autre nom à Simon, l’appelant Pierre, ce qui souligne sa position d’autorité. Seules les personnes ayant autorité sur les autres ont le pouvoir de donner ou de changer un nom (Gen 1:18 ; Dan 1:7). Lorsqu’Il change un nom, celui-ci a une signification. Pierre signifie ‘une pierre’. Pierre est toujours cité le premier chaque fois que les douze disciples sont mentionnés.
Jacques et Jean reçoivent également un autre nom. Le nom qu’Il leur donne montre qu’Il connaît le caractère de ces hommes. Le nom, « fils de tonnerre », peut faire référence à leur tempérament fougueux, mais il peut aussi signifier qu’ils annonceront la Parole avec une puissance particulière de Dieu. Dieu parle dans le tonnerre pour faire pousser des fruits dans le désert (Job 38:25-27).
Nous ne savons pas grand-chose des autres disciples, à part leur nom. André amène des gens au Seigneur (Jn 1:41-42 ; 6:8-9 ; 12:21-22). Philippe est mis à l’épreuve par le Seigneur (Jn 6:5) et Lui apporte des nouvelles de personnes qui Le cherchent (Jn 12:21-22). Barthélémy est le même que Nathanaël (Jn 1:46). Matthieu, ou Lévi le publicain, est l’auteur de l’Évangile qui porte son nom. Thomas veut mourir avec le Seigneur et a besoin de la preuve qu’Il est ressuscité (Jn 11:16 ; 20:24-29).
Outre Jacques, le frère de Jean (verset 17), il est aussi question d’un autre Jacques, le fils d’Alphée. Il s’agit donc d’un autre que le frère du Seigneur (Gal 1:19) et de Jacques le petit (Mc 15:40). Thaddée est le surnom de Lebbeüs (Mt 10:3) ; il est aussi appelé Judas (Jn 14:22). Simon est appelé « le Cananéen » ou « le Zélote » (Lc 6:15), en référence à ses opinions religieuses et politiques violentes antérieures.
Le dernier mentionné est Judas. Il occupe la dernière place dans chaque énumération des disciples, toujours avec la mention de ce qu’il fera au Seigneur.
20 - 27 Le Seigneur Jésus et Béelzébul
20 Puis ils viennent à la maison ; la foule s’assemble de nouveau, si bien qu’ils ne pouvaient pas même manger leur pain. 21 Apprenant cela, ses proches sortirent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il n’a plus son bon sens. 22 Les scribes qui étaient descendus de Jérusalem dirent : Il a Béelzébul ; et : C’est par le chef des démons qu’il chasse les démons. 23 Les appelant à lui, Jésus leur dit par des paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ? 24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut pas subsister ; 25 si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne pourra pas subsister. 26 Et si Satan s’élève contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas subsister, mais pour lui, c’est la fin. 27 Personne ne peut entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, s’il n’a pas d’abord lié l’homme fort ; alors il pillera sa maison.
Dans ce chapitre, nous rencontrons le Seigneur en divers lieux. Nous Le voyons dans la synagogue (verset 1), au bord de la mer (verset 7) et sur la montagne (verset 13). Il est maintenant de retour à la maison, où, une fois encore, la foule s’assemble (Mc 2:1). Il n’a pas le temps de manger du pain, alors Il laisse passer le repas. Son service L’occupe entièrement. Suis-je moi-même aussi préoccupé par les besoins des autres ? Mes propres besoins quotidiens et matériels ont-ils plus d’importance que les besoins spirituels des autres ?
Sa famille voit comment Il travaille sans relâche et a honte de Lui. Le fait qu’ils « apprennent » signifie qu’ils ont été informés. Ils n’auront donc pas été mis au courant dans le sens d’une admiration pour ce qu’Il fait, car lorsqu’ils en entendent le récit, ils veulent l’amener de force à cesser ses activités. Ils pensent qu’ils ne doivent pas seulement L’avertir, mais aussi L’arrêter et L’emmener, croyant qu’Il n’a plus son bon sens. Pour eux, c’est le nom de leur famille qui est en jeu.
Les membres de sa famille sont ici les premiers à attaquer son service. Ce ne sont pas des ennemis, mais ils n’ont aucune idée de la volonté et de l’œuvre de Dieu. Ils voient tout avec leur raison et pensent que Lui, qui est entièrement dévoué à Dieu, ne sait plus ce qu’Il fait. Le Seigneur ne répond pas à leur action ni à leurs paroles, ce qu’Il fera plus tard (versets 31-35).
Ce manque de compréhension devrait être attendu par tous ceux qui veulent s’engager pleinement dans les choses de Dieu, à la suite du Seigneur Jésus. La famille et les amis ne pourront pas toujours l’apprécier, mais se sentiront parfois condamnés.
Après l’admiration des foules au verset 20 et l’incompréhension de sa famille au verset 21, le Seigneur doit également faire face aux calomnies de ses ennemis au verset 22. Ces ennemis, des scribes, sont descendus de Jérusalem. Cela indique leur départ du lieu de bénédiction, leur déclin et finalement leur chute.
Ils ne peuvent pas nier la puissance avec laquelle Il agit contre Satan dans la miséricorde envers l’homme. Ils reconnaissent qu’Il chasse les démons. Mais s’ils reconnaissaient ce pouvoir comme venant de Dieu, leur poids religieux serait réduit à néant, tout comme leur profession et leurs revenus. Ils préfèrent donc attribuer ce pouvoir à une autre source, celle de Satan.
Ses ennemis ne sont pas juste à côté de Lui lorsqu’ils parlent ainsi de Lui. C’est pourquoi Il les appelle à Lui. Tout comme Il a appelé ses disciples à Lui au verset 13, Il appelle ici ses ennemis à Lui. Il leur parle avec une autorité divine, et ils viennent. Ainsi, lorsqu’Il siégera sur le grand trône blanc (Apo 20:11-12), tous ses ennemis comparaîtront devant Lui sur son ordre.
Avant d’exposer aux scribes le terrible péché qu’ils ont commis, il leur pose d’abord une question logique. Cette question devrait leur faire comprendre la folie de leurs remarques à son sujet. Il n’attend pas leur réponse, mais la donne lui-même. N’importe quel enfant peut comprendre que les divisions à l’intérieur d’un royaume peuvent ruiner ce royaume. Pour que ce soit encore plus clair, Il donne l’exemple d’une maison divisée contre elle-même. Ce qui est vrai pour un royaume l’est aussi pour une maison. Dans les deux cas, la division conduit à la chute.
Ce qui est vrai d’un royaume et d’une maison l’est aussi de Satan. Dans le royaume et la maison de Satan, il n’y a pas de division. Toutes les puissances des ténèbres œuvrent ensemble pour plonger l’homme dans le malheur et détruire ainsi l’œuvre de Dieu. Le Seigneur Jésus fait tout pour la gloire de Dieu et détruit ainsi les œuvres du diable (1Jn 3:8b). Il a passé 40 jours et 40 nuits dans la maison du diable lorsqu’il était dans le désert et l’y a lié (Mc 1:13). À présent, il pille la maison de l’homme fort, en délivrant les hommes de son pouvoir (Mc 5:15). Les scribes attribuent cet acte au diable lui-même, ce qui est absurde. On ne peut pas imaginer de péché plus odieux !
28 - 30 Le blasphème contre l’Esprit Saint
28 En vérité, je vous dis que tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, ainsi que les paroles injurieuses, quelles qu’elles soient, par lesquelles ils blasphèment. 29 Mais quiconque blasphémera contre l’Esprit Saint n’aura jamais de pardon : il est passible du jugement éternel. 30 C’était parce que les scribes disaient : Il a un esprit impur.
Aux « fils des hommes » – et non aux anges – tous les péchés et blasphèmes peuvent être pardonnés, quelle que soit leur nature. Tant qu’il y a repentance des péchés et retour à Dieu. Le sang de Jésus Christ purifie de tout péché (1Jn 1:9). C’est une parole merveilleuse d’encouragement pour quiconque pense que ses péchés sont trop grands ou trop nombreux.
Mais il existe un péché qui n’est pas pardonné : « blasphémer contre l’Esprit Saint ». Ce n’est pas une exception à l’assurance générale précédente. Tout péché et tout blasphème contre le Dieu trinitaire est aussi contre l’Esprit Saint. Ici, il s’agit de « blasphémer contre l’Esprit Saint », accompagné de la déclaration du Seigneur Jésus, le juge, selon laquelle il n’y a pas de pardon pour cela dans l’éternité. Le Seigneur affirme que celui qui en est coupable est coupable d’un péché éternel. Il s’agit donc d’un péché spécifique, et c’est bien le cas.
L’Esprit Saint précise quel est ce péché spécifique : « Parce que les scribes disaient : Il a un esprit impur. » La caractéristique du blasphème contre l’Esprit Saint est d’attribuer les actions du Seigneur Jésus à un esprit impur. Le Seigneur Jésus a toujours tout accompli parfaitement par l’Esprit. Toutes ses œuvres et toutes ses paroles étaient indubitablement celles de Dieu le Saint Esprit. Ceux qui voient cela de leurs propres yeux et attribuent malgré tout ses œuvres au diable le font en toute connaissance de cause, dans le but de Le rendre répréhensible dans son service.
Ce péché ne pouvait être commis que lorsque le Seigneur Jésus était sur la terre. Il est également impossible pour une personne née de nouveau de commettre ce péché. Quiconque craint d’être coupable d’un péché contre le Saint Esprit prouve, par cette crainte, qu’il ne l’a pas commis. Celui qui blasphème contre l’Esprit a la conscience complètement endurcie. Alors que les démons Le reconnaissent comme le Fils de Dieu (Mc 1:24) lorsqu’Il les chasse par le Saint Esprit, ces personnes blasphèment l’œuvre que l’Esprit accomplit par Lui.
31 - 35 La vraie famille du Seigneur
31 Alors viennent ses frères et sa mère qui, se tenant dehors, le firent appeler ; 32 et la foule était assise autour de lui. On lui dit : Voici, ta mère et tes frères, là dehors, te cherchent. 33 Il leur répond : Qui est ma mère, ou [qui sont] mes frères ? 34 Promenant son regard sur ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères ; 35 car quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.
Après le rejet total par les chefs religieux, le Seigneur distingue les liens naturels qu’Il entretient avec Israël d’un reste avec lequel Il se connecte. L’occasion est l’arrivée de ses frères et de sa mère, qui souhaitent qu’Il les rejoigne. Bien que ses frères et sa mère ne soient pas hostiles, ils sont « dehors ». Ils ne sont pas sous sa bénédiction, ni avec Lui dans la maison. Autour de Lui, il y a une autre compagnie.
Alors qu’Il est dans la maison, entouré d’ une foule, sa famille Lui fait savoir qu’elle Le cherche. En raison de leurs liens familiaux, ils pensent pouvoir bénéficier d’une faveur. Il devrait être là d’abord pour eux et faire attendre la foule.
Le Seigneur répond en demandant : « Qui est ma mère, ou qui sont mes frères ? » Par cette question, Il ne rejette pas les liens familiaux naturels. Il les a lui-même institués en tant que Créateur, et malheur à l’homme qui ne les reconnaît pas. Mais les liens familiaux naturels ne doivent pas prendre la place des liens spirituels de la famille de la foi, qui est la famille de Dieu. En même temps, nous devons adopter ce principe avec prudence. Il y a eu des croyants qui négligent leur famille au profit d’activités dites spirituelles. Ce n’est pas ce que le Seigneur veut dire.
Il reconnaît ceux qui écoutent ses paroles comme sa famille. En disant cela, Il les regarde à nouveau tout autour de Lui, comme pour établir un contact personnel avec chacun d’eux. Par cette déclaration, Il montre la séparation entre Lui et le peuple dont Il est issu en tant qu’Homme et pour lequel Il est venu. Il laisse de côté les anciennes relations et en établit de nouvelles. La base de ces nouvelles relations est l’accomplissement de la volonté de Dieu. Il accomplit parfaitement cette volonté. Seuls ceux qui sont attachés à Lui par son œuvre sur la croix font aussi la volonté de Dieu. En se donnant pour eux, Il a fait d’eux ses frères (Jn 20:17 ; Héb 2:11).