Néhémie

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Néhémie 2

La reconstruction

1 Néhémie engagé dans son service 2 La question du roi 3 La réponse de Néhémie 4 Une question et une prière 5 Néhémie fait connaître son désir 6 Néhémie obtient la permission d’aller 7 - 9 Ce que Néhémie demande en plus 10 Les opposants à l’œuvre de Dieu 11 L’arrivée à Jérusalem 12 Néhémie sort de nuit 13 - 15 L’inspection de la muraille et des portes 16 - 18 Néhémie raconte ses recherches 19 Les ennemis se font entendre 20 La réponse de Néhémie aux moqueries

1 Néhémie engagé dans son service

1 Et il arriva au mois de Nisan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, que je pris le vin et le donnai au roi ; et je n’avais pas été triste en sa présence.

Au mois de Kislev, le troisième mois de l’année civile, Néhémie a entendu les nouvelles concernant Jérusalem (Néh 1:1). Nous voici au mois de Nisan. C’est le septième mois de l’année civile, chez nous mars/avril. Quatre mois se sont écoulés depuis sa prière et il n’a toujours pas reçu de réponse.

Il ne sait pas à l’avance combien de temps il doit attendre la réponse. Pourtant, il continue d’attendre patiemment. Il laisse le temps à Dieu. Cela lui suffit de laisser Dieu déterminer le bon moment. Il ne se précipite pas pour accomplir la tâche. En attendant, il continue d’accomplir fidèlement son travail là où l’Éternel l’a placé.

Il peut arriver que l’on entende parler d’un besoin. Submergés par la compassion, certains se mettent directement au travail sans attendre que Dieu parle et envoie. Ce n’est pas ainsi que Dieu réalise son œuvre. Voir un besoin n’est pas un appel. Il faut d’abord qu’un besoin ait pénétré profondément dans le cœur. Ensuite, nous prenons conscience que ce n’est pas nous, mais seulement Dieu qui peut répondre à ce besoin. Le besoin doit d’abord devenir un fardeau si lourd que la seule issue que nous voyons est le Seigneur Jésus, qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mt 11:28). Ce verset est certainement significatif pour l’évangile, mais il est aussi d’une grande importance pour ceux qui veulent être serviteurs.

Néhémie a peut-être prié pour que Dieu enlève le fardeau de son cœur. Il a peut-être prié pour que Dieu rende ce fardeau encore plus lourd, de sorte qu’il ne lui reste plus qu’à agir. Il en est peut-être de même pour nous lorsqu’on nous parle d’un besoin. La détresse est restée sur son cœur. Nous pouvons imaginer qu’il s’est demandé s’il devait parler au roi de sa détresse et, le cas échéant, à quel moment il devait le faire.

Il aura eu l’esprit en paix à la pensée que Dieu pouvait aussi lui faire trouver faveur auprès du roi par un miracle s’Il l’appelait à œuvrer à Jérusalem. Dieu incline les cœurs des rois comme des ruisseaux d’eau (Pro 21:1). Nous aurons de plus en plus ces pensées de foi lorsque nous constaterons que le Seigneur veut nous utiliser pour une œuvre particulière.

Néhémie n’a jamais été triste en présence du roi. Cela indique qu’il l’est maintenant et aussi que cela est visible. Montrer sa tristesse n’est pas convenable en présence de puissants dominateurs qui se considèrent comme des dispensateurs de bénédiction. Ces personnes ne veulent que des visages heureux dans leur entourage immédiat. En tant que personne en captivité, Néhémie aura toujours eu de la tristesse dans son cœur (Pro 14:13), mais aura toujours su la garder cachée. On ne peut cependant pas cacher les traces que laissent le jeûne et la prière.

Pourtant, Néhémie aura aussi pris plaisir à faire son travail. Dieu l’a amené là et lui a donné l’ordre de faire ce travail. C’est ainsi qu’il l’aura perçu. Il est important que nous puissions en dire autant de notre travail. Nous pouvons aussi avoir plaisir à faire notre travail quotidien tout en rendant grâces à Dieu le Père par le Seigneur Jésus (Col 3:17).

Cela dit, nous devons en même temps réaliser que la terre n’est pas notre destination finale. Notre place n’est pas ici ; le ciel est notre maison. Comme l’a dit un jour un cordonnier en sifflant pendant son travail : ‘Je vais au ciel et en chemin je répare des chaussures.’ Le Seigneur Jésus était connu sous le nom de « charpentier » (Mc 6:3). Avant de commencer ses voyages en Israël, Il a travaillé comme charpentier. Soyons assurés qu’Il aimait son travail et qu’Il le faisait bien.

Jusqu’au moment où le Seigneur nous appelle à faire une œuvre pour Lui, nous devons rester fidèlement engagés dans notre profession et y trouver notre pleine satisfaction. L’insatisfaction à l’égard de notre poste de travail ou de son salaire, ou encore une relation difficile avec nos collègues de travail, ne doivent pas être une raison pour quitter ce travail et se mettre ensuite au service de ce qu’on appelle les ‘choses plus élevées’. C’est une grave illusion qui se terminera certainement par un grand déshonneur pour le Seigneur Jésus.

Quelques leçons

1. Lorsque nous avons placé dans la prière une question devant le Seigneur, nous devons apprendre à attendre patiemment qu’Il nous donne d’autres instructions. Cela ne veut pas dire que nous restons assis et que nous attendons les bras croisés. Chacun de nous doit demeurer « dans la condition [littéralement : vocation] où [il se trouvait] quand il a été appelé » (1Cor 7:20) et faire ce qui correspond à cette vocation. Pendant que nous sommes ainsi occupés, puissions-nous attendre avec confiance sa réponse à notre prière (Hab 2:1).

2. Ce temps d’attente est un temps d’exercice intérieur au cours duquel de nombreuses questions se poseront à nous. Il est bon de se soumettre à de tels exercices, qui impliquent souvent des luttes. S’il s’agit vraiment d’exercices de foi, ils nous feront nous rejeter sur le Seigneur. Nous serons purifiés par eux.

2 La question du roi

2 Et le roi me dit : Pourquoi as-tu mauvais visage, et pourtant tu n’es pas malade ? Cela n’est rien que de la tristesse de cœur. Alors j’eus extrêmement peur.

Il n’échappe pas au roi que son échanson n’a pas l’air aussi heureux que d’habitude. Il remarque que « cela n’est rien que de la tristesse de cœur ». Il interroge Néhémie à ce sujet. La question que pose le roi est le point de départ du changement radical de vie que Néhémie souhaite si ardemment. Le roi a dû souvent demander quelque chose ou dire quelque chose à Néhémie. Mais pas une seule fois cela n’a fait battre son cœur plus vite, car il s’agissait de questions ou de commentaires généraux qui ne touchaient pas son cœur. Ce que le roi demande maintenant fait battre son cœur plus vite.

La raison de la question et de la remarque du roi est ce qu’il voit sur le visage de Néhémie. Il y voit les effets de la prière et du jeûne. L’état de son cœur se lit sur son visage (cf. Gen 31:2). Le roi le remarque. Il est attentif à son employé.

Sommes-nous aussi attentifs à ce qui préoccupe les gens autour de nous ? Nous demandons facilement : ‘Comment ça va ?’ Nous répondons tout aussi facilement : ‘Bien’. Il s’agit plus d’un acte de politesse que l’expression d’un véritable intérêt ou de permettre aux autres de partager ce qui nous préoccupe. Il est important de ‘lire les visages’. Les yeux peuvent en dire long. L’œil est le miroir de l’âme. L’attention sincère que l’on porte aux gens fait que l’on regarde plus loin que la surface.

La remarque du roi est synonyme de grand danger pour Néhémie. Comme mentionné, les rois ne tolèrent pas les visages tristes en leur présence. Cela pourrait lui coûter son travail et même sa vie. D’où sa peur extrême. Est-ce le moment que Dieu lui donne pour révéler ce qui le préoccupe depuis quatre mois ?

Néhémie n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour répondre. D’ailleurs, il n’a pas non plus le temps de le faire. Il ne peut pas se retirer un instant pour réfléchir. Il comprend immédiatement que la question du roi est en lien avec ses prières. D’une part, il est pris au dépourvu par la question ; d’autre part, il voit que Dieu est peut-être sur le point d’ouvrir une porte. Lorsque Dieu voit que nous sommes prêts à nous engager dans un service pour Lui, Il ouvre des portes.

Quelques leçons

1. Pouvons-nous ‘lire’ sur les visages ? Regardons-nous plus profondément que la surface ? Entendons-nous entre les lignes ce que quelqu’un veut vraiment dire ? Derrière l’histoire de quelqu’un, écoutons-nous ses vrais besoins ?

2. Si, comme Néhémie, nos pensées sont occupées jour et nuit par une œuvre particulière, nous remarquerons immédiatement lorsque le Seigneur se mettra à répondre à notre prière.

3 La réponse de Néhémie

3 Et je dis au roi : Que le roi vive à toujours ! Pourquoi mon visage ne serait-il pas triste, quand la ville, le lieu des tombeaux de mes pères, est dévastée, et que ses portes sont consumées par le feu ?

Avec des paroles indiquant qu’il connaît sa place et montrant du respect pour la position du roi, Néhémie s’adresse à lui. En termes presque passionnés, il partage avec le roi ce qui occupe tant son cœur et ce qui se lit sur son visage. De la plénitude de son cœur, il parle de la ville vers laquelle le cœur de chaque Israélite est attiré.

C’est comme si Néhémie pouvait enfin éventer un secret qu’il porte en lui depuis si longtemps. Ses sentiments pour ‘la ville’, au lieu de s’affaiblir, n’ont fait que se renforcer. Son amour pour ‘la ville’ ne dépend pas de la renommée et de la richesse qu’elle possédait autrefois, des grands rois qui y ont régné, du passé impressionnant de la ville. Son amour concerne la ville elle-même parce que c’est la ville de Dieu, parce qu’il connaît son avenir et y croit.

C’est pourquoi il parle de la ville comme du « lieu des tombeaux de mes pères ». Ses pieux ancêtres voulaient tous être enterrés dans le pays de la promesse parce qu’ils croyaient en la résurrection. Ils croyaient – et Néhémie aussi – que Dieu accomplirait toutes ses promesses. Ils sont tous morts dans la foi qu’Il le ferait (Héb 11:13).

La situation actuelle dans laquelle se trouve la ville préoccupe Néhémie parce qu’il croit en son avenir. Il voit devant lui le plan de Dieu pour cette ville. Il voit aussi à quel point le contraste est saisissant entre l’avenir glorieux et la situation actuelle. Son souhait est de s'efforcer de mieux concilier le présent et l'avenir.

Si nous voulons faire une œuvre pour le Seigneur, cela n’est possible que si nous avons une vision de l’avenir. Il s’agit de voir l’église telle qu’elle sera irréprochable devant Dieu dans le futur. La différence avec la situation actuelle d’infidélité, de tiédeur et de mondanité de l’église sur la terre nous affectera alors. Un désir s’éveillera en nous d’être utilisés par Dieu pour que les croyants lui soient à nouveau consacrés.

Une leçon

Envisager l’avenir de l’église place la condition actuelle de l’église sous son vrai jour. Le Seigneur Jésus s’est livré pour l’église afin de la sanctifier et de la purifier. Il veut la présenter « à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable » (Éph 5:25-27). Son amour pour l’église doit nous remplir pour que nous puissions être utilisés.

4 Une question et une prière

4 Et le roi me dit : Que demandes-tu ? Et je priai le Dieu des cieux ;

Après le témoignage émouvant de l’amour de Néhémie pour Jérusalem, le roi pose une autre question. Il ne s’enquiert pas davantage des circonstances, mais pose la question qui, pour Néhémie, est la réponse de Dieu à ses prières. Le roi aura remarqué dans la réponse de Néhémie un profond désir de faire quelque chose pour Jérusalem. Dieu contrôle son cœur et met la question dans sa bouche. De cette manière, Néhémie reçoit pour ainsi dire la réponse à sa prière sur un plateau d’argent.

Cette réponse lui est donnée au cours des circonstances quotidienne de sa vie. La même chose nous arrive souvent, par exemple lorsque le Seigneur nous permet de rencontrer certaines personnes. Parfois aussi, Il nous fait entendre certaines remarques qui ne nous sont même pas adressées personnellement, mais par elles, nous entendons Dieu nous parler.

Depuis des mois, Néhémie porte sur son cœur le fardeau de ce qu’il a entendu de la part de son frère. Il sait qu’il ne peut y aller que si le roi le permet, et ce ne sera que si le Seigneur le veut. La réponse à sa prière arrive d’une manière et à un moment où il s’y attend le moins. Il peut en être de même pour nous.

Bien que Néhémie sache ce qu’il veut, il ne répond pas immédiatement à la question du roi. Néhémie s’adresse d’abord à Dieu, et ensuite seulement au roi. Dieu est ici, comme dans le livre d’Esdras, « le Dieu des cieux ». À cause de l’infidélité du peuple, Il n’habite plus sur la terre, dans le temple.

Quelques leçons

1. Un témoignage sincère et rempli d’émotion de ce qui est en nous pour le Seigneur Jésus et son église n’est jamais sans conséquence. Il ouvre des portes, apporte des changements dans les circonstances et dans le cœur des gens. C’est aussi le cas de Jean le baptiseur qui, lorsqu’il voit le Seigneur Jésus, dit avec ferveur : « Voilà l’Agneau de Dieu ! » (Jn 1:36). En conséquence, deux de ses disciples le quittent et suivent le Seigneur Jésus (Jn 1:37).

2. Il est toujours nécessaire, même si la porte continue de s’ouvrir, de rester dépendant du Seigneur et de Lui demander ce que nous devons faire ou dire ensuite.

5 Néhémie fait connaître son désir

5 et je dis au roi : Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur est agréable devant toi, qu’il m’envoie en Juda, à la ville des tombeaux de mes pères, et je la bâtirai.

Confiant, mais avec la révérence qui s’impose, il s’adresse au roi. Ce qu’il dit montre qu’il reconnaît la position du roi et la sienne. Il fait appel à la bienveillance du roi. Sans son autorisation bienveillante, il peut oublier son souhait. Que Dieu semble ouvrir la porte ne rend pas Néhémie trop confiant. Il reste le serviteur dépendant du roi.

Pourtant, il a aussi l’audace de faire remarquer au roi son comportement de serviteur. Il demande en termes clairs au roi s’il est satisfait de lui. Il peut le faire car, en tant qu’homme dévoué, il a toujours servi son seigneur à son entière satisfaction. Sans arrogance, Néhémie fait remarquer au roi que cela peut être une raison d’accéder à sa demande.

Néhémie ne cache pas son objectif. Il décrit les ruines. Mais il n’est pas quelqu’un qui proclame à grands cris que tout est mauvais, tout en n’étant pas disposé à se retrousser les manches. Non, il dresse un véritable tableau de la situation, et il est aussi déterminé à dépenser toute son énergie pour la ville en ruines, quel qu’en soit le prix. Il veut rebâtir la ville, qu’il associe encore une fois aux « tombeaux de mes pères ». Son cœur est rempli de ce désir.

Quelques leçons

1. Lorsque des personnes qui sont au-dessus de nous nous invitent à faire une demande, nous pouvons répondre avec audace. Nous pouvons y voir le travail de Dieu dans leur cœur.

2. Nous n’avons pas besoin d’édulcorer les choses.

3. Nous n’avons pas besoin de nous dépeindre plus mauvais que nous ne le sommes, quand nous pouvons mettre en avant la qualité de notre travail en toute sincérité. Celui qui a toujours été honnête dans son travail peut le dire ouvertement quand la situation l’exige (cf. 1Sam 12:3-4).

6 Néhémie obtient la permission d’aller

6 Alors le roi me dit, et aussi la reine assise à son côté : Combien de temps durera ton voyage, et quand reviendras-tu ? Et il plut au roi de m’envoyer, et je lui fixai un temps.

Dieu utilise aussi les circonstances extérieures pour réaliser ses plans. La remarque que la femme du roi est assise à côté de lui semble être l’une de ces circonstances. Les hommes entre eux peuvent être durs et insensibles. On observe souvent que ces mêmes hommes se comportent de manière beaucoup plus courtoise en présence de leur femme. En ce qui concerne Artaxerxès, il semble que la présence de sa femme l’ait rendu plus doux et donc encore plus enclin à accéder à la requête de Néhémie.

L’influence des femmes sur les décisions prises par les personnalités dirigeantes peut être pour le meilleur ou pour le pire. Nous voyons une influence pour le bien dans le cas d’Esther (Est 7:1-10). Une influence pour le pire se voit dans le cas d’Hérodias (Mt 14:1-12). Nous voyons dans le cas de la femme de Pilate une situation où quelqu’un veut utiliser son influence pour le bien, mais où le mari n’écoute pas, (Mt 27:19).

Quelle influence notre femme a-t-elle sur nous ? Il peut être utile de réfléchir à la façon dont nous nous comportons en présence de notre femme et à la façon dont nous nous comportons lorsqu’elle n’est pas là. Si, lors d’un honnête examen de soi, nous devions remarquer une différence, confessons-le à notre femme et au Seigneur et changeons cela.

Les questions du roi font comprendre à Néhémie que Dieu ouvre davantage la porte. Ses questions portent sur la durée du voyage et sur la date de son retour, c’est-à-dire sur la durée prévue de son absence. L’absence de Néhémie est bien sûr d’une grande importance pour le roi, car il faut un autre échanson pendant cette période.

Le temps fixé par Néhémie est de douze ans (cf. verset 1 ; Néh 13:6). Le bâtiment de la muraille est achevé en 52 jours (Néh 6:15), mais avec beaucoup d’aide. Néhémie a-t-il supposé qu’il ne devait pas compter sur beaucoup d’aide pour ce travail ? Dieu le lui a mis à cœur, mais qu’en est-il de ceux qui se trouvent dans le pays ? Sont-ils aussi pleins de zèle que lui ? Il ne le sait pas.

Nous aussi, nous ne devons pas laisser la dépendance à l’égard des autres entrer en ligne de compte dans nos calculs. Dieu peut donner des aides, mais Il n’est pas obligé de le faire.

Quelques leçons

1. L’influence d’une femme sur les décisions de son mari est grande. Le mari doit être ouvert à cela aussi. Il doit cependant juger si cette influence a un bon ou un mauvais effet.

2. Dans un service que le Seigneur place devant, nous ne devons dépendre que de Lui et non des autres. Il appelle des individus, et non pas des groupes, même s’Il peut former un groupe de ces individus.

7 - 9 Ce que Néhémie demande en plus

7 Et je dis au roi : Si le roi le trouve bon, qu’il me donne des lettres pour les gouverneurs de l’autre côté du fleuve, pour qu’ils me fassent passer jusqu’à ce que j’arrive en Juda, 8 et une lettre pour Asaph, gardien de la forêt du roi, afin qu’il me donne du bois pour faire la charpente des portes du château fort attenant à la maison, et pour la muraille de la ville, et pour la maison dans laquelle je dois entrer. Et le roi me les donna, selon que la bonne main de mon Dieu était sur moi. 9 Et je vins auprès des gouverneurs de l’autre côté du fleuve, et je leur donnai les lettres du roi ; or le roi avait envoyé avec moi des chefs de l’armée et des cavaliers.

Néhémie a la permission d’aller. Cette permission ne le rend pas trop sûr de lui, mais plutôt courageux. Toutes ses pensées sont tournées vers l’œuvre qui l’attend à Jérusalem. Le fait qu’il puisse aller ne le pousse pas à chercher à partir le plus tôt possible. Il reste réaliste. Il ne pense pas seulement à Jérusalem, il pense aussi au voyage qui l’y conduira et aux problèmes qu’il pourra rencontrer en chemin. Il demande les choses dont il aura besoin, tant pour le voyage que pour son séjour en Juda. Il obtient ce qu’il demande et même plus que cela.

Il pense aussi qu’en franchissant les frontières, les gens lui demanderont ce qu’il compte faire. Des lettres du roi lui garantiront un libre passage (verset 7). Il demande aussi un passeport valide. De plus, il demande une autre lettre qui lui assurera les matériaux nécessaires à la reconstruction (verset 8). Il pense aussi à son propre hébergement. Après tout, il arrive dans un pays où il ne possède absolument rien. Néhémie demande avec une grande hardiesse tout ce dont il pense avoir besoin. Il demande par la foi. Il ne demande pas trop. Il connaît les possibilités du roi. C’est ainsi que nous pouvons demander à Dieu de pourvoir aux problèmes pratiques.

Il est bon de réaliser que Néhémie ne sait pas comment le roi va répondre à ses demandes. Pour nous, il n’y a plus de suspense car nous connaissons l’issue. Mais pour tirer des leçons du comportement de Néhémie, nous devrons nous rendre compte à quel point cela a dû être passionnant pour lui de demander tout cela.

Néhémie obtient tout ce qu’il a demandé. Il y voit « la bonne main de son Dieu ». Il n’oublie pas que Dieu travaille dans les coulisses. Il connaît Dieu comme son Dieu personnel. Ce lien personnel avec Dieu est nécessaire pour remarquer son intervention. Après les exercices profonds de l’âme et une porte ouverte, il discerne le chemin que Dieu veut qu’il prenne. Dieu se sert du roi pour fournir à Néhémie ce dont il a besoin pour son voyage. Lorsque nous dépendons du Seigneur, nous voyons ce dont nous avons besoin et nous pouvons compter sur Lui pour nous le fournir.

Néhémie se met en route, se dirigeant tout droit vers son but. Les lettres fonctionnent bien. En plus de tout ce que Néhémie a demandé, il reçoit aussi quelque chose qu’il n’a pas demandé. Il n’a pas demandé d’escorte, mais si le roi veut en envoyer une avec lui, il l’accepte (verset 9). Il est possible que les chefs de l’armée et les cavaliers servent davantage à rassurer le roi sur le fait que Néhémie reviendra sain et sauf, qu’à Néhémie personnellement et à la tâche qu’il doit accomplir. Dieu peut tout utiliser pour réaliser ses plans, y compris les motifs potentiellement égoïstes d’un roi, et ainsi protéger son serviteur.

Quelques leçons

1. Ce n’est pas seulement le but qui est important, mais aussi le chemin qui mène à ce but. Tout ce dont nous avons besoin sur ce chemin, nous pouvons le demander hardiment au Seigneur. Il a tout ce qu’il faut et est prêt à le donner en réponse à notre prière. Lorsqu’Il le donne, c’est une autre preuve de ‘sa bonne main’ sur nous.

2. Afin d’accomplir l’œuvre que nous voulons faire, le Seigneur veut aussi nous donner ce dont nous avons besoin. Lorsque nous pensons à cette œuvre, nous voyons ce qui nous manque. Le Seigneur veut y pourvoir.

10 Les opposants à l’œuvre de Dieu

10 Et quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, l’apprirent, ils furent très mécontents de ce qu’un homme soit venu pour chercher le bien des fils d’Israël.

Entre les préparatifs du voyage et l’arrivée à Jérusalem, nous entendons parler de personnes qui ne sont pas particulièrement heureuses de l’action de Néhémie. Sanballat est le principal opposant politique de Néhémie. L’ajout « le Horonite » indique qu’il est originaire de Horonaïm, une ville de Moab (Jér 48:34). À sa suite, on rencontre Tobija, originaire d’Ammon. Le lieu d’origine de ces deux adversaires se trouve dans l’obscurité d’une caverne. Leur origine est aussi obscure que la caverne. Ils sont engendrés par un Lot ivre à ses deux filles dégénérées. Celles, dans leurs esprits dépravés, avaient conçu ce terrible plan pour obtenir une descendance (Gen 19:30-38).

Néhémie a fait les premiers pas dans l’œuvre que Dieu lui a mis à cœur. Nous pouvons être sûrs que partout où quelqu’un entreprend d’accomplir l’œuvre de Dieu, l’ennemi s’active aussi. L’opposition dans l’œuvre pour le Seigneur est souvent la preuve que nous travaillons effectivement pour le Seigneur. Sinon, le diable ne se donnerait pas tant de mal pour contrecarrer cette œuvre et tenter de l’empêcher.

L’ennemi sait exactement ce que Néhémie est en train de faire. Néhémie ne cherche pas son propre intérêt, mais le bien des fils d’Israël. Ce faisant, il attire sur lui le grand mécontentement de l’ennemi. Les ennemis veulent maintenir Jérusalem dans la misère. Les habitants de Jérusalem ne sont pas harcelés par l’ennemi. Ils ne représentent aucune menace pour l’ennemi. Ils se sont contentés de la situation telle qu’elle est depuis tout le temps qu’ils y vivent, insensibles à l’opprobre qui est ainsi fait à l’Éternel. C’est ce qui plaît à l’ennemi. Mais lorsque Néhémie arrive, une déclaration de guerre active contre les conditions qui prévalent apparaît en lui, dans son attitude et son intention.

À propos de l’église en général, Satan n’est pas inquiet. Mais s’il y a des personnes qui veulent se consacrer entièrement à Christ et commencer à faire son travail pour le bénéfice de l’église, alors il entre en action. De même, suivre le Seigneur Jésus suscite de l’opposition (Mt 8:19-27).

L’opposition de l’ennemi est là avant même que Néhémie n’ait annoncé le moindre de ses projets et alors qu’aucune réaction n’est encore perceptible de la part du peuple. L’ennemi est plus sensible à l’œuvre de Dieu que le peuple de Dieu. Est-ce que le diable doit aussi faire des heures supplémentaires à cause de nos efforts ? Si nos objectifs sont les mêmes que ceux de Dieu, son opposition sera perceptible. S’ils sont différents de ceux de Dieu, l’adversaire nous laissera tranquilles.

Quelques leçons

1. Si nous voulons faire une œuvre pour le Seigneur, l’opposition peut être l’une des preuves que nous sommes vraiment engagés dans Son œuvre.

2. Une porte ouverte et des adversaires vont de pair (1Cor 16:9).

3. Parfois, les incrédules saisissent mieux l’importance de l’œuvre de Dieu que les croyants et sont plus actifs pour la perturber que les croyants pour la promouvoir.

11 L’arrivée à Jérusalem

11 Et j’arrivai à Jérusalem, et je fus là trois jours.

Lorsque les quelques 600 000 Israélites et leurs familles sont sortis d’Égypte (Exo 12:37) pour traverser le désert jusqu’en Canaan, Dieu les a accompagnés par des signes visibles. Il en est tout autrement à l’époque de Zorobabel, d’Esdras et de Néhémie. Eux aussi sortent du pays de la captivité pour se rendre dans le pays promis. Mais aucun signe extérieur ne les accompagne pour témoigner de la présence de Dieu. Ils doivent se contenter des moyens de transport habituels à cette époque et dans ces circonstances.

Il n’y a pas que les éléments d’accompagnement qui sont moins saisissants. Les nombres s’amenuisent aussi. Zorobabel revient avec un peu plus de 42 000 hommes ; avec Esdras, ce sont environ 1800 hommes qui montent ; Néhémie est seul. Au fur et à mesure que l’histoire de l’église se poursuit, les manifestations originales de la présence de Dieu sont de moins en moins présentes. Mais aujourd’hui aussi, Dieu veut toujours être avec la personne qui veut travailler pour Lui.

Néhémie avait vu Jérusalem de loin avec des sentiments mitigés. Il y voit la ville de Dieu à laquelle son cœur a tant aspiré. Plus il s’en approche, plus les battements de son cœur s’accélèrent. En même temps, il est conscient que cette ville ne correspond pas aux pensées de Dieu à son sujet. C’est précisément pour cela qu’il s’y rend, le cœur plein du désir de consacrer à nouveau la ville à Dieu.

Lorsque Néhémie arrive à Jérusalem, il ne se met pas immédiatement au travail. Il attend trois jours. Il est bon de se détendre d’abord après le voyage, qui a été une entreprise en soi. Il est important d’avoir l’esprit tranquille avant de commencer la tâche proprement dite.

Néhémie est un dirigeant né, mais il a une nature pondérée, qui n’agit pas dans la précipitation. Il veut calculer correctement les coûts. S’il se met au travail, il n’y aura pas de retour en arrière possible. Il ne retirera pas sa main tant que le travail ne sera pas terminé.

12 Néhémie sort de nuit

12 Et je me levai de nuit, moi et le peu d’hommes qui étaient avec moi, – et je n’avais informé personne de ce que mon Dieu m’avait mis au cœur de faire pour Jérusalem – et je n’avais pas de bête avec moi, sinon la bête que je montais.

Pour ne pas provoquer de remous, il sort de nuit pour inspecter les lieux. Il ne fait pas de son inspection un coup de publicité. Il n’emmène avec lui que peu d’hommes, sans leur dire pourquoi il fait ce voyage nocturne. Il ne veut pas se laisser influencer par toutes sortes d’opinions. La mission du Seigneur est personnelle et il ne permet à personne d’interférer. C’est une mission mise sur son cœur par « Son » Dieu.

D’ailleurs, qui devrait-il emmener avec lui ? Tous ceux qui vivent à Jérusalem peuvent apparemment dormir tranquillement. Pour aller en exploration, ils n’ont pas besoin de l’accompagner. Ils ont déjà vu les ruines tant de fois. Au lieu que cela les pousse, comme Néhémie, à prier et à jeûner, ils se sont réconciliés avec la situation.

Lors de cette tournée d’inspection, il ne peut utiliser quoi que ce soit de l’escorte et des ressources du roi. Il a à sa disposition sa propre bête. .C’est tout ce dont il a besoin. Il ne veut pas faire impression sur les autres. Il n’a pas l’habitude d’agir de manière publique. Discrètement, sans se faire remarquer, sans action ostentatoire, Néhémie sort pour faire le point. C’est une affaire entre son propre cœur et Dieu. Parce que Dieu la lui a mise à cœur, il sera aussi capable de réaliser cette œuvre.

Il est bon d’avoir des amis spirituels, mais il est dangereux de tout leur dire immédiatement. Parfois, il est bon de d’abord demander conseil, mais si quelque chose vient clairement du Seigneur, en discuter avec quelqu’un ne fera que rendre le travail du Seigneur plus difficile. Des conseils bien intentionnés seront donnés, mais des objections seront aussi soulevées : Est-ce le bon moment, est-ce la bonne méthode, avons-nous les bonnes ressources, quelles sont les chances de réussite ? Ces considérations aboutissent au doute, qui se traduit à son tour par l’annulation de l’œuvre que Dieu a confiée.

Quelques leçons

1. Une personne chargée par le Seigneur d’accomplir une œuvre n’a pas besoin d’en faire la publicité. À plusieurs reprises, le Seigneur Jésus se dérobe à la foule qui veut Le suivre à cause d’un miracle (Mc 1:38,44 ; Jn 6:15,26). Le Seigneur n’a pas cherché le soutien ou l’admiration de la foule ; un ouvrier pour le Seigneur ne devrait pas non plus le faire.

2. Avant de commencer l’œuvre proprement dit, il est bon de prendre ‘trois jours’ de repos. Ces ‘trois jours’ rappellent la mort et la résurrection du Seigneur Jésus. Ce n’est que dans cette perspective, où toute confiance en nos propres capacités disparaît et où tout dépend de Lui, que nous réussirons dans notre tâche.

3. Si la foi personnelle est exigée, il faut agir en conséquence. Les autres n’ont pas cette foi et ne feront que dresser des obstacles lorsqu’on leur demandera de coopérer. Lorsque le moment sera venu de travailler, on pourra demander de l’aide. En attendant, la foi gardera son secret entre elle et Dieu.

13 - 15 L’inspection de la muraille et des portes

13 Et je sortis de nuit, par la porte de la vallée, en face de la source du chacal, vers la porte du fumier ; et je considérai les murailles de Jérusalem qui étaient en ruine, et ses portes consumées par le feu. 14 Et je passai à la porte de la fontaine, et à l’étang du roi, et il n’y avait pas de place où puisse passer la bête qui était sous moi. 15 Et je montai de nuit par le torrent, et je considérai la muraille ; et je m’en revins, et entrai par la porte de la vallée, et je m’en retournai.

Néhémie veut se familiariser avec le degré de destruction des murailles et s’en imprégner. Le cœur naturel perdrait courage à la vue de tant de ruines. Pour Néhémie, cela ne fait que rendre plus claire la nécessité de rebâtir, tout en sachant aussi que seul Dieu peut lui permettre de le faire. Il sort pendant la nuit. Alors que les autres dorment, il est bien éveillé. Il ne va pas rêver devant les ruines. En pleine conscience de ce qu’il voit, il longe les murailles. Au fur et à mesure qu’il avance, l’ampleur de l’ouvrage lui apparaît de plus en plus fortement. Tout cela lui a certainement paru encore plus lugubre dans la nuit.

Chaque fois qu’il y a une œuvre à faire pour Dieu – un travail consistant et non superficiel – le serviteur, comme Néhémie, doit entreprendre au préalable un tel voyage d’inspection. Il doit passer la nuit à pleurer parmi les ruines. Il est insensé de nier les ruines et de ne pas voir à quel point la situation est désespérée. Toute l’ampleur de la tâche doit nous apparaître. Avons-nous déjà sacrifié une heure de sommeil pour l’état spirituel de l’église ou de notre entourage ? Sommes-nous déjà restés consciemment éveillés alors que d’autres dormaient profondément et paisiblement ? Nous est-il arrivé d’être troublés parce que d’innombrables personnes sont perdues à jamais ?

Avant d’accorder un réveil, Dieu veut briser nos cœurs. C’est ce qui se passe sur le chemin que Néhémie emprunte. « La porte de la vallée » parle de bassesse, d’humiliation. C’est là que commence l’inspection : en s’humiliant sous « la puissante main de Dieu » (1Pie 5:6). « La source du chacal » rappelle Satan. Il est l’instigateur, la source de toutes les misères du peuple de Dieu. « La porte du fumier » rappelle ce qui n’a aucune valeur. Par cette porte, tous les objets inutiles et sales sont ôtés de la ville. Nous aussi, nous devons ôter de notre vie ce qui n’a aucune valeur et ce qui la souille. Ce sont les premières étapes que nous devons traverser sur le chemin de l’inspection des murailles et des portes.

Lorsque toutes les choses inutiles et nuisibles ont été ôtées de notre vie, nous pouvons passer à « la porte de la fontaine ». Ici, nous pouvons penser à la force du Saint Esprit. Il est la source d’eau vive que reçoit celui qui croit au Seigneur Jésus (Jn 4:14 ; 7:38-39). Grâce au Saint Esprit, la parole de Dieu devient un « étang du roi », l’étape suivante.

Par l’action du Saint Esprit, nous découvrirons dans la parole de Dieu, dont l’eau de l’étang est une image (Éph 5:26), la gloire du roi de Dieu, le Seigneur Jésus. Lorsqu’Il attire notre attention, tout ce sur quoi nous nous appuyons encore un peu disparaît. Il n’y a plus de place pour quoi que ce soit d’autre. Nous sommes alors prêts à accorder toute notre attention à la tâche que le Seigneur a placé dans notre cœur.

Après ce voyage d’inspection, Néhémie retourne à « la porte de la vallée ». L’humilité se trouve au début et à la fin de son inspection. Pour que Dieu puisse nous utiliser, il est nécessaire que l’humilité nous caractérise constamment. Cela ne veut pas dire que, parfois, une action énergique n’est pas nécessaire. C’est ce que nous verrons chez Néhémie.

Quelques leçons

1. Avant de pouvoir commencer une œuvre spéciale pour le Seigneur, nous devons avoir prouvé que nous n’aimons pas notre bien-être. Sommes-nous toujours ouverts aux personnes qui sont vraiment dans le besoin ? Sommes-nous prêts à sacrifier une nuit de repos ou un repas pour cela ?

2. Suivre le Seigneur Jésus commence par le renoncement à soi-même (Mt 16:24). C’est alors que nous pouvons nous humilier.

3. Nous devons ôter de notre vie ce qui entrave l’œuvre pour le Seigneur. Cela comprend les péchés, mais aussi les choses qui ne sont pas des péchés, mais qui nous occupent au point de constituer une entrave (Héb 12:1).

4. Il est nécessaire de nous humilier, de voir le pouvoir de l’ennemi et d’ôter de notre vie tout ce qui n’est pas bon. Cependant, nous ne devons pas nous arrêter là. Nous serions alors uniquement concentrés sur nous-mêmes et sur l’ennemi. Il faut alors laisser la place au Saint Esprit pour qu’Il nous présente la gloire du Seigneur Jésus.

5. Plus Il devient grand, plus tout ce qui pourrait encore nous apporter un quelconque soutien charnel disparait.

6. L’humilité, nous pouvons l’apprendre du Seigneur Jésus, qui dit : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11:29). Il l’est toujours.

16 - 18 Néhémie raconte ses recherches

16 Or les chefs ne savaient pas où j’étais allé, ni ce que je faisais ; et jusque-là je n’avais rien communiqué aux Juifs, ni aux sacrificateurs, ni aux nobles, ni aux chefs, ni aux autres qui s’occupaient de l’œuvre. 17 Et je leur dis : Vous voyez la misère dans laquelle nous sommes, que Jérusalem est dévastée et que ses portes sont brûlées par le feu. Venez et bâtissons la muraille de Jérusalem, afin que nous ne soyons plus dans l’opprobre. 18 Et je leur racontai comment la main de mon Dieu avait été bonne sur moi, et aussi les paroles du roi qu’il m’avait dites. Et ils dirent : Levons-nous et bâtissons. Et ils fortifièrent leurs mains pour bien faire.

Néhémie a déjà dit qu’il n’avait informé aucun homme de ses intentions (verset 12). Il n’a cherché aucun soutien auprès du peuple ou de ses chefs, quel que soit leur rang ou leur fonction (cf. Gal 1:16b-17a ; 2:6). Il ne souhaite pas lier leur influence à l’œuvre qu’il veut accomplir. Il reste donc libre, sans s’engager envers eux de quelque manière que ce soit.

Cependant, dès qu’il juge le moment venu de les informer, il sollicite leur collaboration. Il n’est pas borné au point de penser qu’il n’a pas besoin d’eux. Sa demande de collaboration est la preuve qu’il reconnaît ses frères dans leur position et qu’il les apprécie dans les capacités qui sont les leurs. La vocation personnelle est le point de départ, mais elle ne doit jamais dégénérer en individualisme. Dieu veut utiliser chacun en collaboration avec les autres. Nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu (1Cor 3:8-9a).

Néhémie a trois raisons d’insister pour obtenir leur collaboration. Tout d’abord, il souligne l’état de la ville et de ses murailles. Ils en sont conscients, mais n’ont jusqu’à présent rien fait pour y remédier. Il ne dit pas cela en se mettant au-dessus d’eux. Sa voix ne contient aucun reproche. À deux reprises, il se sert du mot « nous ». Il s’identifie à eux. La misère de Jérusalem est la misère de ceux qui l’aiment. Deuxièmement, il peut témoigner de la bonne main de Dieu sur lui-même. Troisièmement, il fait référence au soutien du roi.

Son discours touche une corde sensible. Le peuple est convaincu. Ils déclarent qu’ils vont se préparer à rebâtir et joignent le geste à la parole : « Et ils fortifièrent leurs mains pour bien faire. » Les pensées pieuses et la compréhension ne suffisent pas. Ils doivent se mettre au travail. Il en est de même pour nous. L’encouragement de personnes fidèles qui portent un fardeau de Dieu sur leur cœur est une grande stimulation pour les autres à se mettre au travail.

Néhémie les a encouragés (cf. Héb 12:12-13). Sa conviction a eu un effet positif sur eux. Ils ont entendu un homme qui croit en sa mission. Cette mission n’est rien de moins que de bâtir une muraille autour de Jérusalem. La passion et l’engagement de Néhémie sont contagieux pour ses auditeurs. Ils sont gagnés à l’œuvre de l’Éternel par l’action de Dieu dans leur cœur suite au discours de Néhémie et deviennent ainsi des collaborateurs de cette œuvre. Si nous sommes engagés dans une œuvre pour le Seigneur, Il nous donnera aussi les aides nécessaires.

Le temple, la maison de Dieu, a déjà été rebâti, mais il se trouve dans une ville en ruine, dont la plupart des murailles ont été démolies et les portes brûlées. Le jour mentionné en Zacharie 2 n’est pas encore arrivé (Zac 2:5). C’est pourquoi une muraille est nécessaire. Lorsqu’elle sera rebâtie, la ville pourra à nouveau être considérée comme un lieu où Dieu a établi son nom. Grâce à la muraille, sa maison, en type, sera séparée des impuretés du monde environnant (Ézé 42:20).

Quelques leçons

1. Une vocation est personnelle. Un travail se fait à plusieurs. Chacun y a sa part , pour laquelle il est responsable.

2. Quelqu’un qui est convaincu de sa tâche et qui veut s’y consacrer pleinement est capable de plaider chaleureusement en faveur de la nécessité de sa tâche. Cela attire les autres. Ils sont motivés pour coopérer.

19 Les ennemis se font entendre

19 Et quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, et Guéshem, l’Arabe, l’apprirent, ils se moquèrent de nous et nous méprisèrent, et ils dirent : Qu’est-ce que vous faites là ? Voulez-vous vous révolter contre le roi ?

Parmi les opposants mentionnés ici, nous avons déjà rencontré Sanballat et Tobija (verset 10). Guéshem, l’Arabe s’est joint à eux. Parmi les ennemis, en plus des représentants de Moab et d’Ammon, nous trouvons maintenant un représentant d’Édom. Ces trois peuples, qui sont tous des peuples frères d’Israël, sont les peuples les plus hostiles envers Israël (Dan 11:41 ; Ésa 11:14).

Ils sont profondément mécontents de la venue de Néhémie (verset 10), mais ils ne se sont jusqu’à présent pas fait entendre et n’ont rien entrepris. Cela ne signifie pas que leur inimitié et leur opposition se sont atténuées. Leur mécontentement n’est pas passager. Maintenant que Néhémie commence à bâtir, ils se font entendre.

Leur opposition initiale consiste en des remarques moqueuses. Autant Néhémie encourage le peuple par son discours, autant le langage moqueur des ennemis est destiné à lui ôter toute force. Il faut beaucoup de foi pour continuer une œuvre pour le Seigneur sous les moqueries constantes.

Une leçon

En entreprenant une activité pour le Seigneur, nous devrons tenir compte de la « contradiction de la part des pécheurs » (Héb 12:3).

20 La réponse de Néhémie aux moqueries

20 Et je leur répondis et je leur dis : Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer, et nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons ; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem.

Le premier affrontement entre Néhémie et ses ennemis donne le ton à tous les affrontements ultérieurs. Néhémie ne fait pas appel à la permission du roi face à ses ennemis. Il la cherche plus haut ; il implique « le Dieu des cieux » dans son travail. La moquerie n’a de l’effet que lorsque nous nous voyons en relation avec les moqueurs. Elle n’a aucun effet lorsque nous nous voyons en relation avec Dieu. Néhémie se voit lui-même et ceux qui l’aident en relation avec Dieu (Rom 8:31).

Néhémie agit très fermement et ne laisse aucune place au compromis. Il parle avec autorité. Il place les moqueurs en dehors de l’œuvre de Dieu et trace une ligne de démarcation nette entre lui et ses opposants. Il déclare franchement où se situent les opposants : ils n’ont « ni part, ni droit, ni mémoire à Jérusalem ».

1. Ils n’ont aucune part à Jérusalem parce que la part des ennemis est dans cette vie (Psa 17:14a) et non dans les choses de Dieu.

2. Ils n’ont aussi aucun droit sur Jérusalem ni un mot à dire sur ce qui doit se passer – leurs opinions et leurs pensées ne valent rien.

3. Enfin, il n’y a aussi aucun souvenir d’eux dans la ville de Dieu. Ils n’ont rien apporté qui ait une signification durable et dont Dieu se souvienne. Ils seront dehors pour toujours.

Quelques leçons

1. Il est important dès le début de la résistance de ne pas y céder. La force de résister réside dans la conviction d’être appelé par Dieu.

2. Mesure la force des adversaires à la force de Dieu et non à ta propre force.

3. Considère les adversaires dans leur relation avec Dieu. Ils n’ont pas de relation avec Dieu et donc pas d’intérêt ou de part dans l’œuvre de Dieu. S’ils ne se repentent pas, ils seront éternellement sans Dieu.

Lis la suite dans Néhémie 3

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© 2023 Licence: CC BY-ND. Texte de la Bible: Traduction révisée. Traduction légèrement moins littérale que la version J.N. Darby, dans la langue française actuelle. Bibles et Publications Chrétiennes, Valence https://editeurbpc.com/bible/traduction-revisee.

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